Oct 212011
 

En ce temps d’automne symbolique du déroulement de la vie humaine, à l’approche de la fin de l’année liturgique, nous vivons la magnifique solennité de la Toussaint. Elle ravive le don de l’espérance que Dieu nous a donnée définitivement par la venue du Christ en notre monde, d’être associés pour toujours à sa gloire. Elle est un gage de l’amour agissant du Christ qui transforme le cœur des hommes.

 Née au VII° siècle, cette solennité liturgique, est une grande joie pour chacun et un appel du Seigneur à devenir nous-mêmes saints de la sainteté qui vient de Dieu grâce à l’Esprit Saint reçu au baptême.

 Tous avons en mémoire un certain nombre de saints qui nous sont chers. Nous avons aussi présents à notre cœur ces chrétiens que nous avons pu pour certains rencontrer personnellement comme Mère Teresa de Calcutta ou Jean-Paul II béatifiés récemment.

Ainsi cette réalité des saints qui nous sont  des exemples à imiter et qui intercèdent pour nous sont une preuve de la présence de Dieu dans notre monde ; l’attestation que la violence et le péché du monde sont vaincus par la croix et la résurrection du Christ, que l’amour qui vient de Dieu est plus fort que le péché et la mort. Foule immense dont l’Apocalypse nous dit qu’ils « viennent de la grande épreuve, ils ont lavé leurs vêtements , ils les ont purifiés dans le sang de l’Agneau ». En cette grande fête pensons à tous les chrétiens du monde dont beaucoup sont persécutés pour leur foi, à tous ceux qui souffrent : que la joie de cette fête ravive l’espérance de tous et nous décide chacun à demander la grâce de la sainteté pour le bonheur de ceux que nous rencontrons ! Heureuse et joyeuse fête de Toussaint

Abbé C. Malcor, curé

Lectures de la Toussaint 2011

Oct 212011
 

Lettre aux parents du catéchisme  N° 6
Paris, le 20 octobre 2011

Chers parents,

Bientôt, le 1er novembre, l’Eglise célèbre en une seule fête cette foule immense de tous les saints du Ciel : c’est la fête de tous ceux que Dieu a déjà accueillis dans son Royaume et qui, ayant conformé leur vie à l’Evangile, goûtent désormais auprès de Lui un bonheur sans fin dans la continuelle louange du seul et vrai Dieu trois fois Saint.

L’Eglise nous invite donc à nous réjouir du bonheur de tous les bienheureux dans le Ciel, saints connus ou inconnus, canonisés ou non.

Pour exprimer cette immense joie, la liturgie retrouve les ornements blancs ou dorés. Située vers la fin de l’année liturgique, cette fête nous rappelle le retour prochain du Seigneur et l’instauration de son Royaume glorieux. Cette fête doit susciter en nous une immense espérance et une grande joie, car chacun de nous, par son baptême, en tant qu’enfant de Dieu, est appelé à être saint. Parmi les saints du Ciel, il en est que nous avons connus : joie supplémentaire dans notre prière.

C’est en Orient qu’on a d’abord commencé à célébrer la mémoire de « tous les saints » d’où le nom de « Toussaint ». En Occident, cette fête remonte au VIIème siècle. En 835, le pape Grégoire IV l’a fixée au 1er novembre et étendue à toute la chrétienté.

 Le bonheur du Ciel :

Dans la première lecture de ce jour de fête, une magnifique page de l’Apocalypse (Ap, VII, 4-12) nous donne, dans une vision grandiose de la Jérusalem Céleste, une idée de ce qu’est le Ciel, le Paradis, le bonheur parfait et éternel des élus. : « Je vis une grande multitude que nul ne pouvait compter de toutes nations, tribus, peuples et langues…. »

Nous nous réjouissons pour eux et avec eux. De leur côté, ils prient pour nous obtenir la même grâce. En ce jour, « l’Eglise militante » (nous) est particulièrement unie à « l’Eglise triomphante » (les saints) avant de prier le lendemain pour « l’Eglise souffrante » (les âmes du purgatoire). Ce bonheur du Ciel entrevu dans l’Apocalypse est ce à quoi nous devons aspirer de tout notre cœur….c’est, en réalité, le vrai but de notre vie : contempler Dieu dans la lumière de sa Gloire, L’adorer et chanter Sa louange avec une joie sans cesse renouvelée. C’est aussi Lui rendre grâces, Le remercier, Lui de qui nous avons reçu la vie naturelle et surnaturelle, de qui nous pouvons obtenir le pardon de nos fautes.

 Qui sont les saints ?« La face humaine de Dieu » selon l’expression de saint François de Sales.

 Les saints ne sont pas seulement les saints canonisés, ceux qui sont inscrits au calendrier  et ont été choisis pour servir d’exemples à tous….Ce sont aussi les innombrables saints inconnus, cette « immense multitude » de toutes nations, tribus, peuples, langues, époques. C’est cette foule innombrable de ceux qui ont voulu vivre humblement dans la fidélité à Dieu au quotidien, dans les plus petites choses ordinaires de la vie de tous les jours. « Je mettrai tant d’amour dans les petites choses ordinaires qu’elles deviendront extraordinaires. » dit sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, résumant en une phrase sa « petite voie ».

Comme nous aujourd’hui, ils ont tous cheminé et peiné sur cette terre d’exil ; ils ont fait des erreurs, des péchés, ont eu leurs qualités et  défauts mais ils ont lutté pour rester fidèles à Dieu et à la grâce de leur baptême, dans la foi, l’espérance et la charité. Sous un aspect ou sous un autre, ils ont reproduit dans leur vie la sainteté du Christ, ils en sont le témoignage multiforme.

L’Evangile du jour de la fête de la Toussaint, les Béatitudes (Mt 5, 3-11), nous indique par quelle route ils sont parvenus à ce bonheur et comment y  parvenir.

« Que les justes soient comme dans un festin, qu’ils tressaillent de joie en la présence de Dieu » dit le Psaume 67,4.

Nous sommes tous appelés à la sainteté :

 L’appel à la plénitude de la vie chrétienne et à la perfection de la charité s’adresse à tous ceux qui croient au Christ, quels que soient  leur condition et leur état de vie. Le Christ lui-même nous le dit dans l’Evangile : « Soyez parfaits comme votre père céleste est parfait. » (M 5, 48)

Nous sommes tous appelés à la sainteté, c’est-à-dire à l’union intime avec Dieu, qui dépasse notre condition humaine et s’appelle pour cette raison : « Vie sur-naturelle ». Nous sommes appelés à devenir participants de la vie divine par les sacrements. Comme le dit le prêtre à la messe, au moment de l’offertoire : « Puissions-nous être unis à la divinité de Celui qui a pris notre humanité. » C’est très précisément pour cela que Dieu nous a créés : faire de nous ses enfants, frères et sœurs en Jésus Christ, afin de nous faire partager son bonheur pour l’éternité.

 Suivons l’exemple des saints :

 L’Eglise nous invite donc à désirer ce bonheur, à le désirer d’un grand désir…..et à tout faire pour l’obtenir, c’est à dire à en prendre les moyens, en particulier ceux que l’Eglise met à notre disposition (en premier lieu les sacrements). Pour cela les exemples des saints nous sont un  soutien précieux, un encouragement à persévérer dans la bonne voie, à supporter nos peines et nos épreuves comme ils l’ont fait avec l’aide de Dieu et le secours de l’Eglise.

 Avec nos enfants, essayons de concrétiser ce désir du Ciel :

Il ne faut  pas confondre la Toussaint avec le jour des morts le lendemain 2 novembre. Nous risquerions de passer à coté de la joie de cette fête, célébrée aux sons du « Gloria » et des « Alléluia » qui nous font percevoir l’immense gloire de tous ceux qui sont déjà pleinement unis à Dieu pour l’éternité.

Concrètement, pour vivre avec eux cette grande fête, nous pouvons par exemple :

– Inviter les enfants à  rechercher qui est leur saint patron afin de mieux le connaître.

– Faire une petite veillée déguisée en leur demandant de mimer la vie d’un ou plusieurs saints. Les spectateurs, jeunes et moins jeunes, peuvent jouer à deviner le nom du saint qui est mimé.

– Organiser un jeu de piste sur le thème des saints (de la région de nos vacances ou de notre ville).

Vivre pleinement la fête de la Toussaint, ne nous empêchera pas, le lendemain, 2 novembre, de prier à la messe pour tous les morts de nos familles ni d’aller nous recueillir au cimetière sur leurs tombes. C’est un jour d’ardente supplication, pour que Dieu délivre nos défunts du Purgatoire où ils se préparent à entrer dans son Royaume en achevant leur purification. Notre prière pour les âmes du purgatoire est un devoir de charité comme de demander que des messes soient célébrées à leur intention.

Je souhaite à tous de très bonnes vacances  et une joyeuse fête de la Toussaint.

Sybil de Feydeau, coordinatrice du catéchisme