Juil 052020
 

Deux expériences différentes et complémentaires

St Pierre, après la pêche miraculeuse, a suivi Jésus pas à pas. Il a marché sur les eaux, été témoin privilégié de la résurrection de la fille de Jaïre, de la transfiguration où le Christ a manifesté sa divinité et de l’agonie, où Jésus dans son humanité est entré dans la volonté de son Père, avant de le renier et de l’abandonner. Pourtant il est le premier à qui le Christ ressuscité soit apparu avant de le confirmer dans sa primauté et sa mission.

Malgré la faiblesse de « la chair et du sang », il a reçu du Père et non de lui-même la grâce de reconnaitre Jésus comme Messie, Fils du Dieu vivant. Mais ce n’est que progressivement qu’il en saisira toute la réalité. Du Messie triomphal qu’il attend comme le peuple, il doit reconnaître un Messie humble révélant l’amour et la miséricorde infinie du Père vrai Dieu et vrai homme.

Homme sans instruction, il n’en devient pas moins le garant de la foi, « le rocher inébranlable sur lequel repose l’Eglise. Il reçoit les clefs du Royaume des cieux pour ouvrir et fermer à qui lui semblera juste, enfin il pourra lier et délier au sens où il pourra établir ou interdire ce qu’il considère nécessaire pour la vie de l’Eglise qui est, et qui demeure au Christ » (Benoît XVI)

Saül, lui, est à la fois citoyen romain cultivé, travailleur manuel et Juif instruit de la Torah qu’il pratique pensant y trouver le salut et qui défend pour cela avec zèle.

En un instant sur la route de Damas, Jésus se révèle à lui comme Seigneur « en qui habite la plénitude de la divinité », tête de son corps qui est l’Eglise. Immédiatement, saisi gratuitement par l’amour du Christ, il devient l’Apôtre des païens, prêchant l’Evangile qui lui est révélé par la foi en Jésus-Christ et non par les œuvres prescrites par la loi de Moïse » (Rm 3,20).

Sa vie est centrée sur le Christ qui vit en lui et l’anime d’un zèle qui au milieu de bien des épreuves le pousse jusqu’aux limites du monde pour annoncer « un Messie crucifié, scandale pour les juifs » puisque maudit, séparé de Dieu, « folie pour les païens » attachés à leur raison.

St Paul révolutionne l’ordre de la société. Il brise « le mur de la haine » séparant les castes sociales séculaires qui empêche les hommes de retrouver leur unité dans l’Esprit Saint : « Il n’y a plus ni juifs, ni grec, ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme » (Gal 3,28). Tous nous sommes membre du Corps mystique de Jésus Christ. « Poussés par l’Esprit, nous disons Abba, Père » et nous pouvons accueillir le dessein bienveillant de Dieu sur chacun malgré notre faiblesse car la miséricorde Dieu surpasse tout.

Aussi l’Eglise célèbre-t-elle ensemble ces deux géants, ces colonnes de la foi qui ont offert leurs vies à Rome. Marchons à leur suite !

Père Stéphane Biaggi, Curé.

Juin 212020
 

Dans ce témoignage saisissant de Saint-Jean, le disciple bien-aimé, l’Eglise a vu le symbole du Baptême et de l’Eucharistie et dans ces deux sacrements le signe de l’Eglise, nouvelle Ève naissant du côté transpercé du Christ, nouvel Adam

On comprend pourquoi Monseigneur Michel Aupetit dans les circonstances si particulières de la pandémie du coronavirus et du confinement qui s’ensuivit, ait invité les paroisses à célébrer les baptêmes d’adultes et d’adolescents, le jour de la fête du Sacré-Cœur de Jésus pour l’occasion transposée du vendredi au dimanche.

Aujourd’hui, quatre jeunes seront lavés dans les eaux baptismales et fait créatures nouvelles par la grâce de l’Esprit-Saint, confirmés dans leur mission chrétienne. Entrés dans l’Eglise, devenus membres du Corps du Christ, ils seront nourris par l’Eucharistie, le sacrement de l’amour, qui précède leur baptême.

Être baptisé le jour de la fête du Sacré-Cœur de Jésus doit attirer notre attention.

Avant d’être le lieu des sentiments, et de l’affectivité, le cœur biblique est le foyer central c’est-à-dire le point de départ, la source, le lieu de toute décision. Le cœur transpercé de Jésus montre que le cœur humain a été créé pour être le foyer de l’amour, le foyer de la volonté de se donner pour l’autre.

Or, il est devenu le foyer central du refus de Dieu, c’est à dire du péché de l’homme qui se détourne de Dieu pour s’attacher à toutes sortes d’idoles. Il doit donc être purifié.

Pour cela il est appelé à être le foyer central de la conversion. De la même manière que le cœur du Christ qui a été ouvert par la lance donne la vie, le cœur qui s’ouvre à Dieu, reçoit la pureté de l’image et la ressemblance imprimées en lui par le Créateur au commencement.

Dieu veut faire à l’homme la grâce de la conversion pour que son cœur dur, indifférent et froid se laisse saisir par le souffle de l’Esprit-Saint.

Cette fête est l’occasion de s’approcher du cœur « doux et humble » du Christ pour « apprendre à connaître le sens véritable et unique de notre vie et de notre destin, à comprendre la valeur d’une vie authentiquement chrétienne, à se garder de certaines perversions du cœur et à passer de l’amour filial envers Dieu à l’amour du prochain ». (Redemptor Hominis Jean-Paul II)

Père Stéphane Biaggi, curé

Mai 302020
 

Sur l’injonction du Conseil d’Etat (suite au recours d’associations attachées à la forme extraordinaire, notons-le), le gouvernement vient par décret du vendredi 21 mai, de lever l’interdiction des rassemblements religieux qui portait « une atteinte grave à la liberté de culte » dénoncée également par certains évêques.

Les chrétiens retrouvent leur église. Ils rentrent au Cénacle pour prier comme le fait l’église à la veille de tout événement important, ici la Pentecôte. Dans la chambre haute où Jésus avait institué l’Eucharistie, nous attendons avec les Apôtres réunis avec quelques femmes dont Marie, la Mère de Jésus et ses frères (Ac 1, 12-14) « le don d’une personne divine, l’Esprit Saint » * que Jésus a promis.

Il est indispensable de prier pour recevoir de manière opportune le don qui vient d’en haut. Ceux qui l’accueillent, recevront la force nécessaire pour sortir proclamer l’Évangile à toutes les nations.

Au Cénacle, tous ont un même cœur. Les rivalités des apôtres entre eux sont dépassées que ce soit Jacques et Jean avec Pierre ou Matthieu le collaborateur et Simon le révolutionnaire. De même avec les frères de Jésus qui les accusaient de s’approprier le Maitre. La présence des femmes montre leur implication dans la vie de l’Eglise naissante. La prière à laquelle ils sont assidus, est une prière persévérante, intense, communautaire, mais aussi personnelle, nourrie par la parole de Dieu. La Parole devient vivante et leur permet de discerner la volonté de Dieu comme le montre le choix de Mattias pour remplacer Judas Iscariote le traitre (Ac1, 15-26).

Marie, pleine de grâce est là, discrète. Elle encourage les disciples par son exemple. Par l’Esprit Saint, elle a conçu Jésus le fils de Dieu. Elle aussi recevra une nouvelle plénitude, unissant son parcours de foi, de charité, de parfaite union au Christ au parcours de l’Eglise à partir du moment de la pentecôte**.

Nous prions pour les 5 catéchumènes qui seront baptisés lors de la grande vigile de la Pentecôte présidée par Monseigneur Thibaut Verny samedi 30 mai à 18h.

Les paroissiens de Sainte-Odile participent aussi au Pèlerinage vers Notre de Dame de Chartres*** qui se déroulera en partie sur place à l’église. Le thème « Saints Anges, protégez-nous dans les combats » est bienvenu. Ne sommes-nous pas unis à l’Eglise du ciel ? La Reine des Anges ne désire-t-elle pas nous faire rentrer dans l’intimité de Saint Michel, Saint Gabriel, et Saint Raphaël et de tous les anges qui veillent sur nous ?

Soyons dans la joie et invoquons l’Esprit Saint avec ferveur : Veni Creator Spiritus !

Père Stéphane Biaggi, curé

*Jean-Paul II Catéchèse sur le credo 31 mai 1989 n°5

Mar 072020
 

Après les tentations au désert, nous sommes invités à prendre un nouveau départ à la suite d’Abraham le croyant, en qui, par la Pâque de notre Seigneur Jésus Christ, seront bénies toutes les nations.

Aujourd’hui, avec le coronavirus s’étend le spectre de la mort. Nos sociétés découvrent avec stupeur qu’un micro-organisme peut mettre à mal « l’inéluctable » mondialisation.

Or, n’est-ce pas l’ombre de la mort pesant sur Abraham depuis la mort de son frère Hâran (Gn 11, 27), père de Lot et la stérilité de son couple, qui donna à Dieu l’occasion de mettre l’humanité en marche vers Lui qui est la source de la Vie.

N’est-ce pas l’arrachement d’une terre, d’une parenté et de la maison paternelle qui fut et demeure la source de bienfaits ?

Cette pandémie unifie déjà les chercheurs des nations pour trouver les remèdes nécessaires. Elle est pour nous l’occasion de prendre ce chemin de purification que Jésus nous offre.

Devons-nous avoir peur si « Dieu veille sur ceux qui le craignent » … « qui mettent leur espoir dans son amour, pour les délivrer de la mort, les garder en vie aux jours de famine », ou
« voir d’épidémie » ( Mat 24, 7) ?

L’expérience de la transfiguration nous rassure. Jésus s’approche de Pierre, Jacques et Jean, ces futures colonnes de l’Eglise saisies d’effroi. Il les touche et leur dit : « Relevez-vous et soyez sans crainte ! ».

Ainsi l’Eglise avance sans peur dans ces événements annoncés par le Seigneur et qui rythment la marche du monde vers sa fin. Elle participe au combat de la société, prend les mesures de prévention qui s’imposent, mais il lui revient la tâche fondamentale d’annoncer l’Evangile.

« Prends ta part de souffrances liées à l’annonce de l’Evangile » dit St Paul. Pourquoi ? Parce que « Jésus a détruit la mort, et il a fait resplendir la vie et l’immortalité par l’annonce de l’Evangile » (2 Tim 1, 8b-10).

Nous y sommes invités les samedi 14 et 28 mars de 15h45 à 18h.

Tandis que certains prient devant le Saint Sacrement ou chantent, d’autres par groupes de deux ou trois iront à la rencontre des passants pour annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume et leur témoigner de l’œuvre que Dieu fait dans leur vie.

La bénédiction de toutes les familles de la terre en dépend !

Père Stéphane Biaggi, curé