Avr 212019
 

De la semaine sainte 2019, nous risquons de ne retenir que l’émotion suscitée par l’incendie historique de notre cathédrale Notre-Dame de Paris « aujourd’hui à genoux » *. Mais n’oublions pas l’essentiel, à savoir ce qui y est célébré : Le mystère pascal, la mort et la résurrection de notre Seigneur Jésus Christ qui fait « toutes choses nouvelles » (Ap 21,5) et la nouvelle naissance de ceux qui auront été baptisés.

Construite par la foi des fidèles, préservée pendant des siècles, notre sublime cathédrale, « véritable dentelle de pierre, de bois et de verre » *, a fait place en quelques heures à un amas informe de pierres brisées, de bois calciné, de verre fondu au milieu cependant d’une structure majestueuse, heureusement préservée, qui lui garde sa splendeur.

« Rebâti mon Eglise » dit Jésus à Saint-François d’Assise qui pensa alors devoir restaurer la chapelle Saint Damien. Notre Archevêque Michel Aupetit a retenu la leçon. Certes, la cathédrale sera reconstruite grâce à l’immense élan de générosité national et international que l’émotion a suscité mais il sait devoir reconstruire l’Eglise, l’Epouse du Christ, aujourd’hui médiatiquement défigurée.

L’Eglise accueille la Parole de Dieu et conçoit ses enfants. Elle les forme par le catéchuménat et les met au monde par le baptême.

Ainsi, en cette fête de Pâques, 11 catéchumènes seront baptisés. Ils vont devenir des néophytes c’est-à-dire, des « nouvelles plantes » appelées à porter les fruits délicieux de la charité.

Ils vont devenir les pierres vivantes de cette cathédrale ancienne et toujours nouvelle qui est l’Eglise, Corps du Christ avec Marie pour mère.

Père Stéphane Biaggi, curé

* Homélie de Monseigneur Michel Aupetit, messe chrismale, le mercredi 17 avril 2019 de Dieu,

Lectures dominicales du 21 Avril

Mar 292019
 

En ce dimanche du Laetare, l’Eglise tressaille de joie (ornement rose) car elle voit poindre à l’horizon, la victoire du Christ sur la mort.
Les trois scrutins sont les temps forts de la préparation ultime des catéchumènes.
L’Eglise scrute les catéchumènes. D’une part, elle les regarde avec attention pour voir ce qu’il y a de faible, de malade, de mauvais pour les guérir et ce qu’il y a de bien, de bon et de saint pour les affermir. D’autre part elle discerne en profondeur les dispositions du cœur pour les libérer de l’emprise du démon. Les scrutins sont donc faits pour purifier le cœur et l’intelligence, fortifier contre les tentations, convertir les intentions, stimuler les volontés afin que les catéchumènes s’attachent plus profondément au Christ et poursuivent leur effort pour aimer Dieu.

Les scrutins associent prières, exorcisme et onction d’huile. Ils manifestent l’action du Sauveur.

L’assemblée prie en silence avec le prêtre qui impose la main puis fait monter une litanie de demandes.

L’exorcisme* ordonne d’une part au démon, de libérer le catéchumène de son emprise : aujourd’hui, « Fais que ces catéchumènes soient libérés de tout erreur qui les enferme et les aveugles. » D’autre part il fait une demande positive : « Donne-leur la grâce de s’enraciner fermement dans la vérité pour devenir fils de lumière et le demeurer. »

L’onction d’huile donne aux catéchumènes la force du Christ. En effet la vie chrétienne est un combat contre le mal auquel il convient de s’exercer en entrant dans la passion du Christ pour victorieusement ressusciter avec Lui.

Saint Jean Chrisostome a une belle image : « Dans les combats olympiques, l’arbitre se tient entre les deux adversaires sans favoriser ni l’un ni l’autre. Il attend l’issue… Mais dans le combat qui nous oppose au diable, le Christ ne se tient pas entre les deux, il est tout entier de nôtre coté. Quand nous combattons, il nous a oint, tandis qu’il a enchainé l’autre pour le paralyser dans ses assauts. » Et le saint prédicateur n’hésite pas à témoigner de ses propres faiblesses : « Moi il m’arrive de trébucher, alors Il me tend la main, me relève de ma chute et me remet sur pied. »

Chers catéchumènes Courage, convertissez-vous, le Christ vous précède dans votre combat et nous sommes à vos côtés !

Père Stéphane Biaggi, curé

* les exorcismes sont des prières « quasi sacramentelle ». Ils sont spécifiques de l’Evangile : L’apaisement de la soif de la Samaritaine éveille l’esprit des catéchumènes au désir du Christ Rédempteur qui est l’eau vive ; la guérison de l’aveugle né met en lumière ce qui s’oppose au salut, la résurrection de Lazare nous montre la résurrection et la vie à laquelle nous sommes appelés. L’exorcisme n’opère pas de soi la rémission des péchés qui est un effet du baptême, mais elle engage le candidat dans la démarche de conversion qu’il ne saurait réaliser par ses seules forces.

Lectures dominicales du 31 Mars

Mar 082019
 

Entrer en carême, c’est d’abord fixer son regard sur le but : le mystère pascal.
A savoir : par amour, le Christ est mort pour nos péchés, Il est ressuscité pour notre vie !
Cette vie nous l’avons reçue à notre Baptême avec l’Esprit Saint. Ainsi, puisque Jésus-Christ, Verbe fait chair, conduit par l’Esprit a remporté au désert la victoire sur le diable, nous tous, membres de son corps, pouvons entrer avec confiance dans le combat spirituel permanent qu’est toute vie chrétienne (Pape François).

Cette année, le carême, mystérieusement nous conduit dans une terre médiatique aride.
Deux peines de prison avec sursis : l’une pour un couple condamné pour accusation calomnieuse de pédophilie à l’égard d’un prêtre déjà totalement innocenté. L’autre, déjà relatée sur les écrans, pour un cardinal dont l’accusation de non dénonciation d’un prêtre pédophile n’a pourtant pas été retenue par le procureur.
Seuls les procès en appel seront habilités à trancher.
Ajoutons dans une communication internationale bien orchestrée, un livre déballant les bassesses de membres du Vatican avec en arrière fond, la thèse de l’omniprésence de l’homosexualité dans l’Eglise et du nécessaire mariage des prêtres. Et encore, une émission de télévision sur les turpitudes du corps clérical et religieux qui laisse sans voix ceux qui l’ont vue.

Pourquoi s’étonner ?
Nous le savons, le péché nous a fait quitter le jardin d’Eden pour le désert.
Nous l’oublions : « L’Eglise est sainte et en même temps devant toujours être purifiée » (LG8) dit le Concile Vatican II (Sancta simul ac semper purificanda). Elle n’a pas peur de faire la vérité dans la charité, car elle sait que sa purification bénéficiera à l’ensemble de l’humanité entière.

Elle profite de l’opportunité du carême pour appeler ses enfants à la conversion.

Jésus ouvre le chemin en dévoilant et en résistant aux trois tentations du diable qui sont une synthèse de tous les péchés : recherche de bien-être et de jouissance, de pouvoir et d’influence, d’utilisation de Dieu à sa propre fin, revenant à nier sa toute puissance, son amour et donc sa divinité. Puisque le diable nous dit vous serez comme des dieux (Genèse 3,5).

L’exemple de Jésus, sa Parole, sa prière sont nos remèdes. S’y ajoutent l’aumône et le jeûne. Ainsi, chaque membre de son corps qui se convertit fait refleurir le désert qui devient le jardin de la résurrection où Marie-Madeleine étreindra Jésus ressuscité (Jean 20).

Bonne route vers Pâques

Père Stéphane Biaggi, curé

Lectures dominicales du 24 Mars

Jan 192019
 

Le mariage, avec ses constantes difficultés, n’a plus le vent en poupe : divorce entre pays européens, entre gouvernants et citoyens, entre époux, femmes seules pour élever leurs enfants, concubinage.

Pourtant c’est au cours d’un mariage apparemment voué à l’échec que Jésus va changer l’eau en vin. Il redonne la joie aux convives, aux serviteurs, au maître de maison, aux époux. Seuls pourtant ses disciples avec Marie sa mère, reconnaissent sa gloire et croient en lui !

Si le pain symbolise la survie élémentaire, si l’eau symbolise les rites qui aspirent vainement à purifier les cœurs du péché, le vin est le symbole de la vie véritable. Pour cela, Il célèbre les fêtes, et bien plus, les événements du salut.

Ainsi à la fin du déluge, quand Dieu renouvelle la création et fait une nouvelle alliance, Noé plante la vigne et s’enivre de son vin, les envoyés de Moïse rapportent une énorme grappe de raisin de terre promise. Une vendange abondante est le signe de la fidélité du peuple élu et à la fin des temps, selon Isaïe, « il y aura un festin de viandes grasses et de vins capiteux ! ». Jésus lui-même reprend les images de la vigne pour parler du Royaume des Cieux.

Aujourd’hui, en proclamant l’Evangile des noces de Cana, l’Eglise veut nous configurer aux disciples. Ces derniers ne doivent leur place qu’au fait que Marie soit invitée et que Jésus qui semble l’être à cause de sa mère, impose leur présence. On serait tenté de les assimiler à des profiteurs alors qu’ils ne sont là que par pure grâce. Ils ne font rien que boire et pourtant seront les seuls à recueillir les fruits du miracle : la foi !

Lorsque le Seigneur instituera l’eucharistie et scellera la nouvelle alliance dans sa mort sur la croix et sa résurrection, ils boiront le vin nouveau, le sang de l’alliance nouvelle et éternelle, pour la rémission des péchés.

A la Pentecôte ils ne seront pas remplis de vin doux dès l’aube comme le penseront certains, mais ils ressentiront un déluge de joie, la douce ivresse de l’Esprit Saint et n’auront de cesse de la transmettre.

Aujourd’hui, à notre tour, nous sommes nourris de l’Eucharistie et remplis de l’Esprit Saint qui nous fait goûter les premiers fruits du royaume des cieux. Sans cesse Marie nous redit : « faites tout ce qu’il vous dira ! ». Nous devenons ainsi, par notre vie humble et donnée, des témoins vivants de la gloire de Dieu. Nous sommes rendus capables de nous engager.

Alors avec l’auteur du Cantique des cantiques annonçons autour de nous : « Mangez, amis, buvez, enivrez-vous, mes biens aimés ! »

Père Stéphane Biaggi, curé

Lectures dominicales du 20 janvier