Jan 022020
 

À Noël, Dieu se Donne Lui-même.

Noël, de « NOIO Hel » est un terme gaulois désignant le « nouveau soleil » qui surgit à l’horizon au solstice d’hiver où la nuit se fait la plus longue.

Au premier temps de l’Eglise, seule la Pâque était fêtée à la vigile puis dimanche après dimanche.

Origène (Père de l’Eglise 185-254) réticent, notait que seuls les païens comme les empereurs, les pharaons où des juifs pécheurs célébraient leur anniversaire de naissance, et que celui d’Hérode avait couté la vie de Jean-Baptiste.

Sans préciser de date, les Evangiles de Matthieu et de Luc, postérieurs à celui de Marc parlent de la Nativité pour affirmer la virginité de Marie et donc la divinité de Jésus.
Au fil des siècles, à une date discutée, on a commencé à fêter le « Dies Natalis », l’anniversaire de Jésus, le Christ, Soleil de justice, Lumière du monde venant dissiper les ténèbres dans lesquelles vit l’humanité déchue.

Nous avons reçu gratuitement, il nous revient de donner gratuitement ! C’est peut-être l’origine des cadeaux. Nous en recevons plusieurs cette année :

1) Nos santons d’abord. Joseph conduit Marie enceinte sur son âne. Leur voyage touche à sa fin. Ils longent un ruisseau auquel s’abreuvent les brebis que nous sommes… Bethléem est en vue, l’étable où ils s’installeront le 24 décembre au matin les attend. Le soir, Jésus Le DON de DIEU véritable, sera déposé dans la mangeoire et offert à notre adoration.

2)UN MERVEILLEUX CONTE DE NOËL, jailli du cœur de Don Carlo Cecchin. Glissé dans la feuille paroissiale, vous pourrez le lire aux enfants devant la crèche, le méditer et le conserver.

3) Un chocolat chaud et brioches … à la fin des messes de 22h et de minuit le 24 décembre, vous seront servis salle Sainte Odile. Venez nombreux !

4) Un apéritif dinatoire le jeudi 26 décembre à la crypte après la messe de 19h( chapelle Notre Dame Sous Terre). Les bonnes choses que vous apporterez, permettront de goûter à la communion fraternelle, don véritable que nous nous faisons les uns et les autres. Il n’y a pas de chrétien qui soit seul.

Enfin, nous donnons le Denier du Culte qui fait vivre la paroisse.

Les Pères Carlo Cecchin, Louis Corpechot, Dieudonné Maniraguha, Denys Thouard et Georges Périé et moi-même vous souhaitent un Joyeux Noël.

Père Stéphane Biaggi, curé

Jan 022020
 

Un conte de Noël ? Oui, à condition de se faire tout petits, de pouvoir s’émerveiller, les yeux écarquillés, comme les enfants qui contemplent la crèche. La naissance du Verbe de Dieu n’est-elle pas un conte merveilleux, et pourtant bien réel, sorti du cœur d’un Père qui veut sauver ses enfants ? Noël, n’est-ce pas le rêve d’un Nouveau-né descendu du Ciel pour nous apporter la paix ? Il descend jusqu’à nous pour nous sauver : cela a un prix ! Il l’a toujours su et voulu. De la crèche, Il nous sourit, dans le creux bien douillet des bras de Marie, la plus douce, la plus aimable et la plus sainte des mamans, qui est aussi la nôtre. Ah, si nous savions combien de larmes nous Lui avons coûtées, oui, même ses vagissements étaient par amour !

Il est là, couché dans une mangeoire, entre l’âne et le bœuf. Marie et Joseph sont à ses côtés. Mais, j’oubliais, il y a là aussi tout un microcosme : des animaux de toutes sortes, du plus grand au plus petit, sortant qui de son trou, qui de sa cachette ! Ils se sont approchés, intrigués, éblouis par une lumière inhabituelle dont irradie l’enfant ; C’est étrange ! C’est bien un bébé, mais il a quelque chose de différent, d’extraordinaire…Et puis il y a ce va-et-vient de bergers et ces bêlements de moutons, de brebis et d’agneaux, impossible de dormir !

– Qu’arrive-t-il ? Qu’est-ce que c’est que ce ramdam ? demandent-ils à l’âne. Lui.., l’âne, il est réputé pour ses « âneries », mais il a l’air, pour une fois, d’être bien renseigné ! Et pour cause… c’est celui de St Joseph. Et puis, si si ! Détrompez-vous, les ânes sont très intelligents !

-Hi-han, moi, je connais toute l’histoire, dit-il doctement, c’est le Sauveur des hommes qui est né, c’est le Fils du Père qui nous a tous créés ! C’est moi qui, depuis Nazareth, ai porté sur mon dos sa maman, enceinte de Jésus, et c’est le bon Saint Joseph qui me dirigeait. Vous savez, il ne m’a jamais fouetté et je suis heureux d’être au service de cette famille extraordinaire. Tous les deux sont si gentils ! Vous rendez-vous compte ? J’ai porté Celui qui soutient l’univers entier. J’ai lu dans l’Évangile que dans quelques semaines, il faudra que je le sauve du méchant Hérode qui veut le tuer, en le conduisant en Égypte. Je sais aussi qu’un jour cet enfant entrera comme un roi à Jérusalem sur un petit âne : oui, oui ! je l’ai lu dans le Prophète Zacharie (Zc 9,9), mais ça c’est une autre histoire…

– Meuh-oui ! meugle le bœuf, de l’autre côté, l’âne a raison ! Meuh !… Je ne suis pour rien dans cette histoire ! J’habite ici et je suis bien étonné que le Fils de Dieu ait choisi de naître dans MON étable ! Il est vrai que… à bien y réfléchir…, mes ancêtres étaient souvent choisis pour être offerts à Dieu dans le Temple de Jérusalem !! Je sais qu’un jour, cet enfant mettra fin à tout cela, c’est lui qui s’offrira à Dieu à notre place pour sauver les hommes. « Le bœuf connaît son propriétaire, et l’âne, la crèche de son maître. Israël ne le connaît pas, mon peuple ne comprend pas ». Voilà ce qu’a dit le prophète Isaïe, il y a bien longtemps (Is 1,3). Moi, je vois ce petit et je crois, je reconnais en cet enfant mon maître. Et en cette nuit, je suis heureux de réchauffer l’étable, pour qu’il n’ait pas froid : il semble si frêle, lui le maître du monde ! Grâce à la chaleur de mon souffle, je peux chauffer plus qu’une cheminée. Voyez comme il me regarde en souriant, le petit « choux ! », j’en ai les larmes aux yeux.

-Tous ceux qui viennent ici c’est pour voir l’Enfant Jésus, et lui apporter des présents, renchérit l’âne.
Arrive une brebis au milieu d’un troupeau : elle pleure ! elle pleure à chaudes larmes, la malheureuse !

– Pourquoi tant de chagrin ? interrogent l’âne et le bœuf.
– Mon petit agneau si mignon a été ravi par le loup qui l’a sans doute dévoré. Malgré ma douleur, je me devais de venir adorer cet Enfant : Il est en quelque sorte de la famille, c’est lui, Jésus, le véritable Agneau de Dieu ! Nous, vous savez, nous sommes présents un peu partout dans la Bible, depuis la Genèse jusqu’à l’Apocalypse et je viens lui offrir un peu de ma laine pour que sa Maman lui tricote des layettes bien chaudes.
L’enfant Jésus lui sourit alors tendrement et de son petit doigt dodu lui indique un coin sombre de l’étable. Elle entend bêler, un bêlement faible mais qu’elle reconnaîtrait entre mille ! C’est SON petit agneau ! bien vivant ! Et à côté de lui, le loup honteux ! Son cœur bat très fort ! Le loup pousse du museau le petit qui, sautillant de joie, rejoint bien vite sa mère.
– Le Loup, dit la Saint-Vierge, n’avait rien à offrir à Jésus ; alors il lui a offert ton agneau. Prends ton petit et pardonne-lui.
La brebis caresse son petit et se souvient de ce qu’Isaïe avait prophétisé : « Le loup habitera avec l’agneau, Et la panthère se couchera avec le chevreau ; Le veau, le lionceau, et le bétail qu’on engraisse, seront ensemble, et un petit enfant les conduira » (Is 11,16). Devant cette scène, tous les petits animaux sont émus jusqu’aux larmes et s’éloignent pour discuter à voix basse…
-Nous, les plus petits, nous n’avons pas les lettres de noblesse de l’âne : il descend sans doute de l’ânesse du prophète Balaam (Nm 22-24). Que pouvons-nous offrir à cet enfant ? N’est-ce pas par Lui que tout a été fait ? (Jn 1,3), nous compris, les plus petits, les plus rejetés ? Il paraît que les préférés de Jésus sont les pauvres, les humbles, les derniers…
Chacun réfléchit. L’abeille prend la parole :
– Bzzz, Bzzz ; moi, on me trouve dans le livre de Ben Sirac le Sage (Si 11,3). Il dit que le miel que je produis « est d’une douceur exquise » et j’ai lu dans le prophète Isaïe, que le Messie se nourrira « de crème et de miel » (Is 7,15). Alors c’est simple !! Je vais butiner les fleurs sans relâche pour produire davantage de miel ! et je le mettrai sur les lèvres de cet enfant au minois si charmant, plus doux même que mon miel ! Je veux adoucir son amertume, car un jour il sera abreuvé de fiel (Mt 27,34) à cause de l’ingratitude des hommes.
-De la crème ? Je m’en charge ! Meugla la vache. Cet Enfant est le Roi de l’univers et donc aussi de la Voie Lactée. Il verra combien ma crème est bien onctueuse ! -Oh, là là ; vous êtes de vrais experts en Écriture Sainte ! s’écrie une araignée, tout juste sortie de son trou. Moi, je ne suis qu’une pauvre araignée, moche et velue, que tout le monde fuit avec horreur – à commencer par l’auteur de ce conte ! – et qu’on écrabouille volontiers. Je suis la mal aimée. Le prophète Isaïe lui-même n’est pas tendre avec moi (Is 59,5), ni même Job (Jb 8,14), pourtant, si j’existe, il y a bien une raison ? Moi qui fais fuir tout le monde, Dieu a pensé que j’étais utile à quelque chose. Ne dit-on pas, dans une légende, que j’ai sauvé David, ancêtre humain de Jésus, alors que le Roi Saul cherchait à le tuer ? En tissant une toile à l’entrée de la grotte où il s’était réfugié, j’ai pu détourner les soupçons de ses poursuivants. Aujourd’hui, je n’ai pas grand-chose à donner ! Quoique… oui, j’ai peut-être une idée : avec ma toile de merveilleux fils d’argent, je vais boucher les courants d’air, pour que l’enfant ne prenne pas froid.

Elle commence alors à tisser sa toile lentement, mais avec constance, car il faut toujours persévérer jusqu’à atteindre son but.
Attiré par la lumière, un grillon arrive en sautillant :
– Cricri ; moi, je ne suis pas mieux loti que toi, car on ne parle de moi qu’en mal dans la Bible, comme si j’étais « une sauterelle ou un criquet qui dévore tout sur son passage » (Dt 28, 42-Jl 1,4) ; je ne peux pas tisser comme toi, mais je vais essayer d’amuser le petit avec mon drôle de cricri : ça le distraira, comme le ferait un hochet.

La Sainte Vierge lui sourit et lui permet de rester près du feu allumé. Et c’est depuis cette nuit-là, qu’il est devenu le grillon du foyer.
Le serpent lui, est resté tapi dans l’ombre ; il voudrait faire quelque chose, mais il hésite : – Kss kss ; moi, je n’ose même pas m’approcher : il est dit que la Sainte Vierge doit écraser la tête du serpent antique ! Et pourtant, elle a l’air si gentille !

-Ne crains pas serpent, intervient la Sainte Vierge, ce n’est pas toi que vais piétiner, mais le mal qui a pris ta ressemblance, Satan qui veut perdre les hommes…
La souris elle aussi, la pauvre, est tout honteuse : c’est un animal impur, du moins c’est ce que dit toujours le même Isaïe (Is 66,17) ; elle n’ose pas trop se montrer : elle se dit à elle-même qu’elle n’est pourtant pas si moche ni si bête ! Mais voilà qu’elle est interrompue dans ses pensées par un cri étrange !

– Croâ croâ ; voici un morceau de fromage pour l’enfant Jésus ! coasse le corbeau en déposant au pied de Saint Joseph le fromage qu’il a volé à une villageoise.
– Ce n’est pas bon de voler, répond le bon Saint Joseph, rends tout de suite le fromage à qui tu l’as volé, ce n’est pas ainsi qu’on honore Jésus !

Le corbeau qui faisait croâ en reste coi !
Tous les autres animaux, les petits, les mal aimés… pas toujours très mignons, eux qui n’ont rien à offrir, se sentent rassurés, meilleurs : c’est par leur seule présence qu’ils rendront gloire à Dieu ! Alors, tous ensembles ils se mettent à chanter « Allelujaaa ! », dans un joyeux charivari de sifflements, de hennissements, de gazouillis, de bêlements, de hurlements, de fredonnements, de crissements, de bourdonnements et d’autres bruits étranges et curieux…Tous sont aux anges !
Mais au fait, où sont les anges ? On les a oubliés ceux-là ! Ils sont là qui virevoltent dans les cieux en chantant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix aux hommes de bonne volonté ! ».
Le matin venu, le coq, ivre de joie, commence à chanter en latin à tue-tête et sans savoir pourquoi : « Puer natus est nobis, et Filius datus est nobis ! » ; (Un enfant nous est né et un fils nous à été donné…) (Is. 9,6, Introït de la III messe de Noël)
– Hou-hou, uubi…uubii? hulule le hibou (ubi signifie où en latin).
-Bêêên voyons, répond la brebis, à Bêêêthlem, la ville de David ; vous êtes bien le seul à ne pas être au courant….

Ainsi va le monde…ainsi va l’humanité, composée de petits et de grands, de mignons et de moins mignons, de plus ou moins bons ou méchants ; mais Jésus nous accueille tous, à condition d’être ouverts à sa Grâce.
Très loin de là, perdue dans les étendues désertiques et sous le ciel étoilé d’une nuit d’Orient, une caravane avance lentement en suivant une étoile mystérieuse. Trois chameaux richement harnachés, un peu blasés quand même, se lancent des regards pleins d’interrogations en maugréant :

-Bah, mais, quelle mouche a donc piqué nos maîtres ? Suivre une étoile et nous faire voyager je ne sais où, ni pourquoi, et qui plus est durant la nuit, en suivant une étoile lumineuse inconnue, pour rencontrer un hypothétique roi ? Sont-ils devenus fous !
– pffff, répond l’un des trois, plus savant, tu verras, on se rappellera de nous justement pour ce voyage ! Un jour, j’ai espionné mon maître qui lisait Isaïe (60, 1-6) : « Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois vers la clarté de ton aurore…des foules de chameaux t’envahiront…tous les gens de Saba viendront, apportant l’or et l’encens… ». Tu te rends compte ? On parle de nous ! Va savoir, dit l’autre chameau, nous serons peut-être les chameaux les plus célèbres du monde ! »

Les trois chameaux continuent alors, plus joyeux, leur voyage dans la nuit du monde, perdus dans leurs pensées.
Et nous, qu’offrirons-nous à Jésus ?
Écoutons ce que nous dit un texte de la liturgie orientale de Noël : « Que pouvons-nous t’offrir, ô Christ, pour t’être fait homme sur la terre ? Toute créature t’apporte le signe de sa reconnaissance : les anges leurs chants, les cieux leur étoile, la terre une grotte, le désert une crèche. Mais nous, nous t’offrons une Mère vierge ! », L’Immaculée Conception ! Mais, la Vierge Marie n’est-ce pas plutôt le don que Dieu a fait à chacun de nous, puisqu’Il nous l’a donnée comme Mère ?

Quel que soit l’animal auquel nous pouvons nous identifier, Jésus nous appelle tous à venir le contempler, l’adorer et à lui offrir ce qui pour nous est le plus précieux. Nous pouvons passer cent, mille Noëls, mais si Jésus ne naît pas dans notre âme, tout sera inutile : C’EST NOTRE CŒUR QUE NOUS POUVONS LUI OFFRIR !

« J’ai vu briller l’étoile lumineuse qui m’indiquait le berceau de mon Roi, et dans la nuit calme et mystérieuse, elle semblait s’orienter vers moi. Puis j’entendis, pleine de charme, la voix de l’Ange qui me dit : « recueille-toi, c’est en ton âme que le mystère est accompli…»
(Ste Elisabeth de la Trinité)

i Ubi en latin signifie « où ? »

Don Carlo Cecchin, vicaire

Déc 212018
 

« Elle mit au monde son Fils Premier, L’emmaillota de langes
Et le coucha dans une mangeoire »

En ce 4ème et dernier dimanche de l’avent,
le regard de nos cœurs se tourne vers la crèche où va être déposé le Verbe éternel,

le Fils de Dieu fait homme, le Roi de Gloire,
le Seigneur des Seigneurs.
La crèche est ce tronc de bois grossièrement creusé pour y déposer la nourriture des animaux.
Elle devient le berceau du Fils de l’homme, élevé sur le bois de la croix,
Pain de Vie donné en nourriture pour la vie éternelle.

La Vierge Marie y dépose amoureusement l’enfant Roi drapé de langes immaculés dont le roi

Salomon lui-même fut vêtu.
Ils sont la figure du linceul dans lequel
le corps du Christ sera enveloppé et déposé dans le tombeau.

« Le bœuf connait son maître, et l’âne la mangeoire de son maître » dit le prophète Isaïe. (ch. 1) Le bœuf est cet animal noble offert en sacrifice.

Il est la figure du peuple d’Israël qui rumine la parole de Dieu.
Il connait Dieu qui l’a libéré de l’esclavage et conduit en terre promise. L’âne, figure des païens, mange la nourriture que Dieu dispense à toute l’humanité.

Sans le connaître, il travaille docilement au service de son dessein bienveillant.
Il porte la Vierge Marie qui elle-même porte le Sauveur.
Il est cette monture royale sur laquelle Jésus rentre humblement dans Jérusalem
sous les acclamations, avant d’offrir sa vie en sacrifice par amour.
Illuminée par le baptême, l’humanité pourra dire : « Mon Sauveur et mon Dieu » ! Marie penchée avec amour sur son Fils nous invite à garder
tous ces événements dans nos cœurs et à les méditer.
Joseph rend grâce d’avoir accompli la volonté de Dieu.
En obéissant à l’empereur, il a été conduit à Bethléem, la cité de David, la maison du pain. Aujourd’hui dans l’Eucharistie, les cieux sont ouverts ;
les anges annoncent la Bonne nouvelle aux bergers
qui nous entrainent à venir adorer l’enfant Jésus.
Le cosmos parle silencieusement : l’étoile guide les mages qui sont déjà en route.

Père Stéphane Biaggi, curé

Lectures dominicales du 23 décembre

Déc 302017
 

Que le Dieu ineffable se révèle dans une histoire ; que cette histoire soit d’abord une
histoire vécue dans le temps avant que d’être une histoire racontée dans un récit ; que le
premier mot de l’Ancien Testament soit justement une référence temporelle avant même d’être
une référence divine, indique, si besoin était, l’importance que la Révélation donne à l’histoire.
Ceci permet alors de reprendre à frais nouveaux le rapport entre cette Seigneurie divine qui se
déploie dans l’éternité et son intrusion dans le temps provoquant la perplexité des hommes. Car
ceci ne va pas de soi.
Ce rapport est de même nature que celui entre le créé et l’incréé, entre l’union de la
nature divine et de la nature humaine, entre la nature et la grâce, entre la foi et la raison. Tous
ces problèmes théologiques et philosophiques naissent en fait de la rencontre entre Dieu et
l’homme et obligent à ne pas les penser en problèmes dialectiques, c’est à dire en opposant l’un
à l’autre, mais organique, c’est à dire en articulant l’un par rapport à l’autre. Et puisque Dieu en
se faisant homme vient révéler à la fois qui Il est et qui est l’homme, c’est en partant de cette
union hypostatique dans l’Incarnation où se joue par excellence la relation humano-divine que
l’on peut saisir la relation éternité /temps de manière juste et donc le rapport entre l’histoire et
la théologie. Ceci nous fait découvrir que les hérésies concernant l’incarnation se trouvent être
de la même nature que celles concernant l’histoire. S’il convient de distinguer histoire humaine
en tant qu’actions de l’homme et histoire sainte en tant qu’actions de Dieu saisies par la
théologie, cela doit se faire sans séparation ni confusion.
L’enjeu du rapport entre théologie et histoire n’est rien de moins que de donner toute
sa valeur et sa consistance à l’histoire en mettant Dieu en son centre. Pleinement humaine, en
tant qu’elle est le moyen pour chacun d’entre nous de nous épanouir et de participer à
l’édification d’un monde, elle est comme le note le théologien Hans Urs von Balthasar, « le
véhicule que Dieu a choisi pour déployer sa grâce afin que ce monde fait pour l’homme soit
aussi le monde où l’homme se trouve en Lui ».
Mais que vaut pour l’athée cette histoire où Dieu n’est pas rendu présent ? En sens
inverse, que vaut pour le croyant cette histoire où l’homme est déjà dans l’eschatologie ? On
pourrait répondre à la seconde question que la perspective eschatologique perpétuellement imminente est ce qui communique une intensité incomparable à chaque instant de la vie,
puisque le croyant doit toujours le vivre comme si non seulement il était l’ultime mais aussi le
plus déterminant. Quant à l’athée, cette histoire peut-elle lui être comprise vraiment sans la
Bonne Nouvelle qui l’accompagne ?
Bonne et Sainte Nouvelle année du Seigneur 2018.

Abbé Alexis de Monts

Lectures dominicales du 31 décembre