Avr 042014
 

A huit jours de la Semaine Sainte, nous voici à ce moment qui a décidé de la mort de Jésus lorsqu’il a redonné la vie à son ami Lazare. Les deux sœurs du mort, Marthe et Marie expriment de la même façon, chacune par la même phrase, leur confiance en Jésus : « Seigneur si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort » mais elles ne réagissent pas de la même manière. Lorsque Jésus demande qu’on enlève la pierre qui ferme le tombeau, Marthe, bien qu’elle ait répondu auparavant à Jésus « Oui Seigneur tu es le Messie, je le crois ; tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde » a un geste de recul à l’idée de la pourriture du cadavre resté dans la tombe depuis quatre jours. » »Mais Seigneur, il sent déjà ; voilà quatre jours qu’il est là »

Ainsi malgré sa confiance en Jésus et l’affirmation forte de sa foi, Marthe ne peut s’empêcher d’avoir des réflexes humains –comme nous en avons tous- devant la mort de son frère et il faut que Jésus la conforte « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois tu verras la gloire de Dieu ».

Cette attitude nous montre que la foi peut être éprouvée par notre faiblesse humaine et que si elle est une adhésion de la volonté et de l’intelligence à la personne même de Dieu qui se révèle à nous, elle a besoin de s’appuyer sur la parole du Christ face à la souffrance et à la mort.

Elle n’est pas une attitude irrationnelle, mais elle a besoin d’être confortée par la puissance de la Parole de Dieu pour dépasser la nuit de l’incroyance, s’appuyer sur le réalisme des affirmations du Christ dont les paroles sont « esprit et vie » ; ce qui fera dire à St Pierre «  A qui irions-nous Seigneur, Tu as les paroles de la vie éternelle » (cf St Jean 6)

Jésus dans l’Evangile n’a redonné la vie qu’à trois personnes : la fille de Jaïre, le jeune homme de la veuve de Naïm et enfin Lazare, ce qui a décidé sa mort. Mais à l’intercession des saints il a redonné la vie à des centaines de personnes. Mais ce n’est pas la résurrection, qui est encore autre chose et qui nous dépasse complètement comme le mystère de nos vies. St Paul au chapitre 15 de sa première lettre aux Corinthiens, affirme avec toute l’Eglise qu’elle est le cœur de la foi, son pivot essentiel. Il nous faut relire ce chapitre de sa lettre au moment où nous approchons des fêtes pascales et où les catéchumènes vont prendre part à la vie éternelle par le baptême qu’ils vont recevoir.

La foi est espérance (mots interchangeables dans la Bible) comme le rappelle l’épître aux Hébreux: espérance crédible qui change la vie et qui provient de la rencontre réelle avec Dieu. La foi est « la substance des réalités à espérer » (Hébreu 11). Elle est dès maintenant une nouvelle liberté ; celle que nous avons reçue au baptême et que les catéchumènes vont recevoir à Pâques. Prions pour eux et pour tous ceux qui manquent d’espérance et accompagnons-les sur le chemin.

Abbé Christian Malcor, curé

Lectures dominicales du 6 avril

Sep 272013
 

Ce pauvre a un nom … choisi avec humour : Lazare veut dire « c’est Dieu qui m’aide ». Mais Jésus n’a pas voulu donner de nom au riche. Puisque sa seule occupation est de faire la fête, on aurait pu l’appeler « Mr Banquet » ou « Mr Dollar ». Lazare vit devant notre porte. Ce n’est pas un de ces pauvres qui vivent dans un pays lointain. Il est là, à quelques mètres et le riche ne le voit même pas. Et puis le jour vient du jugement de Dieu.

L’enterrement du riche a du être un événement splendide : fleurs, sermon émouvant, condoléances. A croire que certains n’ont vécu que pour un bel enterrement… quand Lazare meurt il y a seulement les anges pour la cérémonie. Et voilà maintenant un bien curieux dialogue entre le riche et Abraham. Le riche découvre qu’il a toujours été seul devant son assiette, la gastronomie et les bons vins. Il découvre qu’il y avait aussi ses frères et des pauvres sur le trottoir.

Il appelle Abraham au secours. Il demande à revenir en arrière. Mais le fossé est infranchissable. Et comme c’est toute de même un brave homme, il pense à ses frères restés sur terre en train de banqueter. C’est peut être la première fois qu’il s’inquiète d’eux. Il voudrait les prévenir. Ou plus exactement que Lazare fasse la commission. Il a toujours besoin d’un domestique pour faire les choses difficiles à sa place. Il est vraiment indécrottable.

Croit-il vraiment qu’il pourra obtenir qu’un mort revienne sur terre pour dire aux égoïstes « attention ! » ? « La Parole de Dieu suffit » dit Abraham. Mais cela ne nous éclaire pas sur la mort et l’au delà. En fait Jésus se contente de raconter à sa manière un conte égyptien bien connu. Et il en tire un commentaire sur l’abyme qui sépare les très riches et les très pauvres dans notre monde aujourd’hui comme autrefois.

Aucun de ces deux hommes le riche et le pauvre n’était vraiment libre de cette liberté que Dieu souhaite pour nous : le riche est esclave de son plaisir, Lazare attend passivement qu’on lui jette des restes. Jésus constate cette situation. Il faudra attendre la mort de Jésus, sa Résurrection et la Pentecôte, pour trouver une véritable réponse. Mais nous pouvons comprendre déjà que la mort ne nous fige pas dans une immobilité éternelle. Un dialogue nouveau commence et une nouvelle lumière sur Dieu et sur les autres.

Pourquoi Lazare ne peut-t ‘il pas aider un peu ce riche ? Mais les paraboles ne peuvent pas parler de tout à la fois. Celle ci ne parle pas de jugement dernier mais de la vie que nous vivons ici bas. Ce qui doit être respectable ce n’est pas la richesse mais la dignité de tout homme. C’est le riche qui avait cessé d’être humain. Et Lazare dans sa misère était image de Jésus abandonné sur la croix.

Est-ce que Dieu tolère ce fossé infranchissable entre la misère des pauvres et l’indifférence des riches ? Dieu va-t-il corriger par une Providence bienveillante cette pesanteur de la création et de la société ? Et quelle est notre responsabilité ? Voilà les questions que nous nous posons depuis toujours. Mais Abraham, le porte-parole de Dieu continue d’appeler le riche « mon enfant ». Rien ne peut nous séparer de la miséricorde de Dieu.

Abbé Georges Périé

Lectures dominicales du 29 septembre