Jan 212011
 

Ce passage de l’Evangile où tout nous paraît si limpide est une page de l’Ecriture qui nous livre, lorsqu’on l’approfondit, le secret de notre foi au Christ-Jésus.

Au bord du lac de Galilée, Jésus vit des pécheurs en plein travail et il leur dit cette parole étonnante : « Venez à ma suite, je vous ferai pêcheurs d’hommes ».

La simplicité de la scène, le caractère presque banal de son déroulement, ne doivent pas nous faire perdre de vue qu’il s’agit là d’une étape décisive dans la réalisation du plan de Dieu : c’est la toute première naissance de cette épouse du Christ que sera l’Eglise « au bout du lac de Galilée ».

En suivant le Christ, Simon et André font le premier pas qui va les attacher à Jésus. Celui-ci se retourne et leur demande « que cherchez-vous » ? C’est la première parole du Christ. Ce n’est pas la question banale qu’on attendrait dans ce contexte : que cherche vraiment l’homme qui commence à suivre le Christ, qui se sent attiré par sa personne ? Si la réponse est difficile, c’est parce qu’elle renvoie l’homme à lui-même, c’est pourquoi les disciples n’y répondent pas, ou plutôt ils y répondent par une autre question qui est aussi une réponse : « Rabbi, où habites-tu ? ». Ce qu’ils cherchent c’est une connaissance intime de celui qui est encore pour eux un inconnu.

Cette réponse vous renvoie aussi à nous-mêmes, car la foi dans sa suprême certitude ne naît pas d’une démonstration mais d’une expérience, non pas d’une problématique résolue, mais d’un contact personnel, non pas d’un « ouï-dire » passivement accepté mais d’une recherche, d’un engagement et d’une découverte.

Le mystère du Christ est un mystère de rassemblement : celui de tous les hommes dans l’Amour de Dieu : pour cela, il a besoin de personnes qui annoncent, comme lui, le Message – de personnes qui soient engagées totalement jusqu’au plus profond de leur être pour le salut de leurs frères, et autour d’elles, toute la communauté chrétienne. Une communauté donnant le témoignage de l’unité, ayant la volonté de détruire en elle toute forme de division ou de rivalité : la première lettre de Paul aux Corinthiens nous le rappelle aujourd’hui (I cor. 1/10-13).

Cette semaine l’Eglise a prié pour l’Unité Chrétienne afin que les hommes divisés depuis des siècles retrouvent la même foi, la même vérité et le même baptême.

Cette scène évangélique ne cesse de se répéter pour chacun d’entre nous et comme à chaque instant de nos vies – « Que cherchez-vous ? » cet objet supérieur de notre recherche, il est à la portée de la main, il nous suffit de faire quelques pas à la suite de Jésus pour le voir se retourner et nous inviter à le suivre là où il demeure.

Père Denys THOUARD

Lectures du dimanche 23 janvier 2011

Sep 152010
 

Les « journées européennes du Patrimoine » qui auront lieu cette année les 18 et 19 septembre (et le 17 pour les « Enfants du Patrimoine ») proposent de mettre à l’honneur les hommes et les femmes qui ont construit l’Histoire. Thème porteur pour les équipes d’Art, Culture et Foi et leurs partenaires, attachés à faire découvrir à tout passant la vie et l’action d’hommes et de femmes remarquables qui ont construit non seulement l’histoire de l’Eglise (ce sont souvent les saints patrons de nos lieux de culte), mais aussi l’histoire de telle église (avec les curés bâtisseurs, les mécènes, les artistes et les artisans, les fidèles … ), et enfin l’histoire de toute la société dans laquelle ils étaient engagés sous l’impulsion de l’Esprit saint. Leur nombre est incalculable et l’hagiographie est une source inépuisable d’histoires « édifiantes » qui ont souvent donné lieu à de remarquables témoignages artistiques. Près de 80 églises et chapelles parisiennes seront ouvertes à cette occasion pour raviver la mémoire des siècles passés et mettre à l’oeuvre les énergies d’une nouvelle créativité. Car l’objectif de ces grandes manifestations culturelles annuelles n’est pas de nous enfermer dans une nostalgie ou un esthétisme improductifs, mais de nous inscrire dans une dynamique d’actualisation, comme le fait le Christ lui même lorsqu’il nous enjoint de partager son Corps et son Sang en mémoire de Lui. L’objectif est bien, à travers l’intelligence des oeuvres léguées par le génie et la générosité de nos prédécesseurs, de changer notre regard sur le monde, et de trouver les moyens de changer le monde en nous changeant nous mêmes. Nos églises ne sont pas des musées, mais des laboratoires où la pâte humaine depuis des siècles se laisse travailler et lever par l’Esprit. Les hommes et les femmes qui les ont construites étaient souvent des gens modestes, parfois bourrés de défauts, mais les plus grands d’entre eux étaient toujours humbles, de l’humilité même du Christ « doux et humble de cœur », et comme Lui animés par l’esprit de service. Ils nous ont engendrés dans cet Esprit reçu du Père. C’est pourquoi les églises sont des lieux vivants, en pleine évolution, ouverts à la création et à la nouveauté permanente de Dieu. En assumant la responsabilité des œuvres du passé, nous offrons au présent de se laisser féconder par l’avenir. C’est ainsi qu’à son tour notre génération pourra construire l’histoire.

C’est ce qu’avait bien compris Mgr Paul Guiberteau, mort le 30 juillet, un homme remarquable dont on connaît les talents de négociateur en faveur de la Nouvelle Calédonie et de l’Enseignement catholique en France. On sait moins qu’il était le représentant du Cardinal Lustiger auprès de notre association dont il fut le vice président actif et fidèle, et que pendant six ans, de 1997 à 2002, il a mis son immense culture et son sens de l’action au service d’Art, Culture et Foi à Paris. C’est à nous d’assumer aujourd’hui son héritage pour que vivent les hommes et les femmes de notre temps dans l’intelligence et la beauté de la foi.

Isabelle Renaud Chamska,

Présidente d’Art Culture et Foi

Visite de l’église  Sainte Odile samedi 18 septembre et dimanche 19 septembre de 14h30 à 17h