Jan 052020
 

En ce dimanche de l’Epiphanie, nous continuons notre méditation sur le grand mystère de l’incarnation de notre sauveur. Cette fête nous montre en particulier la destination et la signification universelles de la naissance du Christ. Se faisant homme dans le sein de Marie, il est venu non seulement pour le peuple d’Israël, représenté par les pasteurs de Bethléem, mais également pour l’humanité tout entière, représentée par les mages.

Arrivés de l’Orient à Jérusalem, nous dit l’Evangile, les mages demandent : « Où est le roi des juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui » (Mt2,2). A travers cette question on entend que les mages étaient à la recherche de la véritable lumière, qui soit en mesure d’indiquer la voie à parcourir dans la vie. La manière de mieux connaître ces mages et de comprendre leur désir de se laisser guider par les signes de Dieu est peut-être de s’arrêter pour analyser ce qu’ils trouvent, sur leur chemin, dans la grande ville de Jérusalem.

Ils rencontrèrent tout d’abord le roi Hérode, qui, lui aussi, fut intéressé par l’enfant. Mais pas dans le but de l’adorer, comme il veut le laisser croire en mentant, mais pour le supprimer. Il voyait dans cet enfant un rival à combattre. Et voilà que Dieu devient rival de l’homme ! En quel sens ? C’est simple : Dieu, aux yeux d’Hérode, est un rival particulièrement dangereux, car il vient priver les hommes de leur espace vital, de leur autonomie, de leur pouvoir ; un rival qui indique la route à parcourir dans la vie et qui empêche ainsi de faire tout ce que l’on veut.

Hérode entend en vain de ses experts en Ecritures Saintes les paroles du prophète Michée (5, 1), car son unique pensée est le trône. Il nous est très peu sympathique et le jugeons instinctivement de façon négative en raison de sa brutalité. Mais nous devrions nous demander : peut-être existe-t-il quelque chose d’Hérode en nous ? Peut-être nous aussi, parfois, voyons-nous Dieu comme un rival ? Peut-être nous aussi sommes-nous aveugles devant ses signes, sourds à ses paroles, parce que nous pensons qu’il pose des limites à notre vie et ne nous permet pas de disposer de notre existence à notre gré ? quand nous voyons Dieu de cette manière, nous finissons par être insatisfaits et mécontents. Pour nous, au contraire, Dieu est l’amour tout-puissant qui n’ôte rien, qui ne menace pas. Il est l’Unique capable de nous offrir la possibilité de vivre en plénitude, d’éprouver la vraie joie.

Les Mages rencontrent ensuite les savants, les théologiens, les experts des Saintes Ecritures, qui sont donc une aide précieuse pour ceux qui veulent parcourir la voie de Dieu. Toutefois, comme l’affirme saint Augustin, ils aiment être des guides pour les autres, ils indiquent la voie, mais ils ne marchent pas, ils restent immobiles. Pour eux, les Saintes Ecritures deviennent une sorte d’atlas à lire avec curiosité, un ensemble de paroles et de concepts à examiner et sur lesquels discuter doctement. Mais nous pouvons à nouveau nous demander : n’existe-t-il pas aussi en nous la tentation de considérer les Saintes Ecriture, ce trésor très riche et vital pour la foi de l’Eglise, davantage comme un objet d’étude et de discussion des spécialistes, que comme le Livre qui indique la juste voie pour parvenir à la vie ?

Le parcours des mages doit être le nôtre dans la marche vers Dieu. Poussés par le désir de voir Dieu, une escale à Jérusalem est indispensable, pour nous mettre à l’écoute des Ecritures, car seules peuvent nous indiquer la voie. C’est pourquoi d’ailleurs qu’à ce niveau l’étoile a disparu, car la Parole de Dieu est la véritable étoile qui, dans l’incertitude des discours humains, nous offre l’immense splendeur de la vérité divine. Avec discernement, nous devons continuer notre marche vers Bethléem, pour pouvoir adorer le Dieu fait chair. Aujourd’hui, il nous attend 24heures sur 24heures au pied du tabernacle, pour lui offrir, dans une pieuse adoration, l’encens, l’or et la myrrhe, qui symbolisent la prière, la grandeur et la finitude de l’homme. Il nous attend aussi pour nous laisser détourner, en prenant un autre chemin (changement de vie, lié à la rencontre avec Dieu), pour éviter la confusion, et les discussions frivoles sur la vérité de Dieu. Ainsi pourrons nous aussi devenir des étoiles pour les autres, reflet de cette lumière que le Christ a fait resplendir sur nous. Amen.

Père Dieudonné Maniraghuha, vicaire

Lectures dominicales du 5 Janvier

Jan 052019
 

La grande fête de l’Epiphanie que nous célébrons ce dimanche est celle de la manifestation de Dieu dans un enfant et l’invitation à venir nous agenouiller devant Lui en manifestant notre foi en l’Incarnation. Cette fête nous donne ainsi l’occasion de retrouver le sens de l’adoration véritable qui n’est due qu’à Dieu seul et de chérir le premier de tous les commandements « tu n’adoreras que Dieu seul et tu l’aimeras plus que tout ». Elle vient également comme accomplir le deuxième qui ordonne de ne pas se faire d’idoles. Comme rien ne peut rendre compte de Dieu, ni les œuvres de mains humaines, ni les raisonnements philosophiques, mais comme l’homme souffre de ne pouvoir ni voir Dieu, ni le toucher, c’est Dieu qui se fait homme pour que nous puissions le comprendre afin de pouvoir le suivre. Enfin, parce que cet enfant n’est pas un simple être humain mais un enfant en qui réside la plénitude de la divinité, c’est à la prière et à l’adoration qu’il nous faut revenir. Adorer signifie reconnaître notre insignifiance devant notre Créateur. Reconnaître qu’Il est Celui qui est et que nous ne sommes rien en comparaison. C’est alors accompagner notre confession par un geste de notre corps. L’adoration n’est pas une seule vue de l’esprit, elle s’incarne, à l’image de notre Dieu, dans et par le fléchissement de nos genoux qui nous met à notre juste place. Arrêtons-nous peut- être sur deux attitudes d’adoration que nous rapporte la tradition biblique, et qui coïncident admirablement avec l’étymologie du mot « adorer ». Il s’agit d’abord de la prosternation devant la Majesté divine – « adorer » signifie prier en tendant tout son être vers Dieu : ad-orare –, et ensuite le baiser, c’est-à-dire un contact affectueux qui nous unit à Celui que nous adorons – la racine du verbe « adorer » signifie : porter sa bouche vers celui que l’on aime : ad-os.
À travers ces deux gestes, nous touchons les deux modèles d’adoration que nous présente la scène touchante de l’Épiphanie : la prostration des Mages et la tendre adoration de la Vierge Marie. C’est une vérité que nous devons faire nôtre tant il est rare de voir désormais un tel geste dans notre société. Mais c’est devenu également quelque peu rare dans notre église même lorsque l’on s’aperçoit qu’au moment de la consécration, rares sont les fidèles qui usent de leur foi dans la mesure de leur possibilité pour se mettre à genoux. La communion, mes frères, en plus d’être notre nourriture vitale est aussi le lieu de notre adoration : nous y reconnaissons le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs devant qui même ces mages à la foi si exotique se sont prosternés ; nous y voyons également Celui que notre cœur a tant cherché et que nous embrassons en l’accueillant dans notre âme. Cela est sans doute plus explicite lorsque nous venons à l’adoration du saint Sacrement. Mais cela est aussi vrai lors de la messe. La foi en la divinité de Celui que nous célébrons à la messe appelle autant l’humilité de ces mages qui sont venus offrir toutes leurs richesses que l’adorable et affectueuse confiance de la Vierge. Avec ces deux attitudes qui s’appellent mutuellement, nous avons ce que le chrétien doit essayer de vivre. Non pas seulement en esprit, mais dans tout son être, alliant le geste à la parole, ou la parole au geste. Avoir une telle foi nous remplira de tout l’or du monde et de toute la gloire divine. Venir adorer le divin sauveur dans un acte d’amour et d’abandon, nous apprendra comment prier en véritable enfant de Dieu par l’offrande de notre encens. Enfin, nous humilier quelque peu en recevant la myrrhe de ces mages nous apprendra ce que saint Jean Baptiste avait compris dès le sein de sa mère : il faut qu’il croisse et que je diminue. Demandons à la Vierge Marie et aux saints Rois Mages, en ce jour de l’Épiphanie et pour l’année qui vient, la grâce d’un renouveau de notre adoration personnelle et paroissiale. Suivons l’étoile de notre foi qui nous pousse irrésistiblement devant ce mystère de l’infinie Bonté de Dieu reposant dans la crèche, à nous prosterner toute notre vie, à offrir tous nos présents, notre or, notre myrrhe et notre encens, pour adorer et embrasser le Roi du Ciel.

Abbé Alexis de Monts

Lectures dominicales du 6 janvier

Jan 062018
 

La fête de l’Epiphanie prend cette année pour notre diocèse une signification particulière puisque outre la fête de Sainte Geneviève, sainte patronne de Paris qui lui est toujours associée, nous accueillons notre nouvel archevêque, Monseigneur Michel Aupetit.

L’Epiphanie est la manifestation de Jésus, comme Messie, c’est-à-dire envoyé de Dieu, en notre chair, Fils de Dieu révélant l’amour de Dieu notre Père et Sauveur du monde puisque étant la Vie, il a pouvoir sur la mort conséquence du péché. Jésus, petit enfant, y est reconnu aussi comme le Roi des Nations. « En ce sens, l’Epiphanie est par excellence une fête missionnaire qui rappelle que le salut est destiné à tous » (Catéchisme des Evêques de France, n°154). Il est Seigneur de l’univers : « Ce n’est plus l’étoile qui détermine le destin de l’Enfant, mais l’Enfant qui guide l’étoile… L’homme adopté par Dieu -comme on le voit ici dans le Fils unique- est plus grand que toutes les puissances du monde matériel et plus encore que l’univers entier. » (Benoit XVI, L’enfance de Jésus p 144)

Sainte Geneviève, née en 420 à Nanterre dans une famille gallo-romaine aisée, a reçu la foi de ses parents. Consacrée Vierge par l’évêque de Paris à 15 ans, cette femme de prière n’a eu de cesse de manifester le Salut de Dieu. La vertu de sa vie personnelle, ses nombreux miracles et le don total d’elle-même au service de tous, petits et grands font d’elle une grande missionnaire. Pour cela elle est représentée en bergère en référence au Christ Bon Pasteur. Par son discernement, sa charité et son courage lors des évènements dramatiques de la cité : guerres, inondations, maladies, famines, elle est naturellement devenue patronne de la ville de Paris puis déclarée par Jean XXIII patronne de la gendarmerie le 18 mai 1962.

Enfin nous accueillons avec joie Monseigneur Michel Aupetit dans sa cathédrale Notre Dame de Paris lors de la vigile de la fête de l’Epiphanie et pendant la neuvaine de Ste Geneviève. Comme elle, il nous vient de Nanterre. À l’exemple de Jésus et de sainte Geneviève, toujours médecin, il a le souci des malades, des pauvres, et de soigner les âmes. Nous connaissons déjà son zèle missionnaire pour annoncer la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu, sanctifier le peuple chrétien en célébrant les sacrements et gouverner en conduisant le troupeau avec douceur et assurance.

Pour tout cela nous pouvons nous réjouir et demander à l’Esprit Saint la grâce d’être saisi nous aussi par un zèle missionnaire personnel et communautaire qui rayonne sur nos proches, notre quartier et plus loin encore.

Bonnes fêtes.

Père Stéphane Biaggi, curé

Lectures dominicales du 7 janvier