Jan 192019
 

Le mariage, avec ses constantes difficultés, n’a plus le vent en poupe : divorce entre pays européens, entre gouvernants et citoyens, entre époux, femmes seules pour élever leurs enfants, concubinage.

Pourtant c’est au cours d’un mariage apparemment voué à l’échec que Jésus va changer l’eau en vin. Il redonne la joie aux convives, aux serviteurs, au maître de maison, aux époux. Seuls pourtant ses disciples avec Marie sa mère, reconnaissent sa gloire et croient en lui !

Si le pain symbolise la survie élémentaire, si l’eau symbolise les rites qui aspirent vainement à purifier les cœurs du péché, le vin est le symbole de la vie véritable. Pour cela, Il célèbre les fêtes, et bien plus, les événements du salut.

Ainsi à la fin du déluge, quand Dieu renouvelle la création et fait une nouvelle alliance, Noé plante la vigne et s’enivre de son vin, les envoyés de Moïse rapportent une énorme grappe de raisin de terre promise. Une vendange abondante est le signe de la fidélité du peuple élu et à la fin des temps, selon Isaïe, « il y aura un festin de viandes grasses et de vins capiteux ! ». Jésus lui-même reprend les images de la vigne pour parler du Royaume des Cieux.

Aujourd’hui, en proclamant l’Evangile des noces de Cana, l’Eglise veut nous configurer aux disciples. Ces derniers ne doivent leur place qu’au fait que Marie soit invitée et que Jésus qui semble l’être à cause de sa mère, impose leur présence. On serait tenté de les assimiler à des profiteurs alors qu’ils ne sont là que par pure grâce. Ils ne font rien que boire et pourtant seront les seuls à recueillir les fruits du miracle : la foi !

Lorsque le Seigneur instituera l’eucharistie et scellera la nouvelle alliance dans sa mort sur la croix et sa résurrection, ils boiront le vin nouveau, le sang de l’alliance nouvelle et éternelle, pour la rémission des péchés.

A la Pentecôte ils ne seront pas remplis de vin doux dès l’aube comme le penseront certains, mais ils ressentiront un déluge de joie, la douce ivresse de l’Esprit Saint et n’auront de cesse de la transmettre.

Aujourd’hui, à notre tour, nous sommes nourris de l’Eucharistie et remplis de l’Esprit Saint qui nous fait goûter les premiers fruits du royaume des cieux. Sans cesse Marie nous redit : « faites tout ce qu’il vous dira ! ». Nous devenons ainsi, par notre vie humble et donnée, des témoins vivants de la gloire de Dieu. Nous sommes rendus capables de nous engager.

Alors avec l’auteur du Cantique des cantiques annonçons autour de nous : « Mangez, amis, buvez, enivrez-vous, mes biens aimés ! »

Père Stéphane Biaggi, curé

Lectures dominicales du 20 janvier

Déc 212018
 

« Elle mit au monde son Fils Premier, L’emmaillota de langes
Et le coucha dans une mangeoire »

En ce 4ème et dernier dimanche de l’avent,
le regard de nos cœurs se tourne vers la crèche où va être déposé le Verbe éternel,

le Fils de Dieu fait homme, le Roi de Gloire,
le Seigneur des Seigneurs.
La crèche est ce tronc de bois grossièrement creusé pour y déposer la nourriture des animaux.
Elle devient le berceau du Fils de l’homme, élevé sur le bois de la croix,
Pain de Vie donné en nourriture pour la vie éternelle.

La Vierge Marie y dépose amoureusement l’enfant Roi drapé de langes immaculés dont le roi

Salomon lui-même fut vêtu.
Ils sont la figure du linceul dans lequel
le corps du Christ sera enveloppé et déposé dans le tombeau.

« Le bœuf connait son maître, et l’âne la mangeoire de son maître » dit le prophète Isaïe. (ch. 1) Le bœuf est cet animal noble offert en sacrifice.

Il est la figure du peuple d’Israël qui rumine la parole de Dieu.
Il connait Dieu qui l’a libéré de l’esclavage et conduit en terre promise. L’âne, figure des païens, mange la nourriture que Dieu dispense à toute l’humanité.

Sans le connaître, il travaille docilement au service de son dessein bienveillant.
Il porte la Vierge Marie qui elle-même porte le Sauveur.
Il est cette monture royale sur laquelle Jésus rentre humblement dans Jérusalem
sous les acclamations, avant d’offrir sa vie en sacrifice par amour.
Illuminée par le baptême, l’humanité pourra dire : « Mon Sauveur et mon Dieu » ! Marie penchée avec amour sur son Fils nous invite à garder
tous ces événements dans nos cœurs et à les méditer.
Joseph rend grâce d’avoir accompli la volonté de Dieu.
En obéissant à l’empereur, il a été conduit à Bethléem, la cité de David, la maison du pain. Aujourd’hui dans l’Eucharistie, les cieux sont ouverts ;
les anges annoncent la Bonne nouvelle aux bergers
qui nous entrainent à venir adorer l’enfant Jésus.
Le cosmos parle silencieusement : l’étoile guide les mages qui sont déjà en route.

Père Stéphane Biaggi, curé

Lectures dominicales du 23 décembre

Déc 012018
 

Nous le savons bien, le Christ est venu caché à Bethléem. Il reviendra dans la gloire à la fin des temps pour juger les vivants et les morts. Mais Il vient chaque jour dans notre vie, trop souvent hélas sans que nous sachions discerner les signes de sa présence et en vivre. Pour cela l’Eglise nous donne le temps de l’avent.

Longtemps, comme en orient, l’avent a été appelé « le petit carême ». On ne se mariait pas, on jeûnait, on faisait maigre, tout en préparant de bonnes choses pour Noël. Mais à la différence du carême qui appelle à une conversion radicale, l’avent est avant tout le temps de l’attente.

Toute la vie du chrétien est attente ! Le chrétien se prépare à accueillir son Seigneur comme Abraham à l’entrée de sa tente : « Oh mon Seigneur, ne passe pas sans t’arrêter ! », comme l’épouse du Cantique des Cantiques veut se saisir de son « Bien Aimé » pour ne plus jamais en être séparée.

La couronne de l’avent éclaire cette attente. Tressée de branches de sapins et de houx aux feuillages persistants, elle signifie la conception païenne du temps avec l’éternel recommencement du cycle des saisons tandis que les 4 bougies que l’on allume progressivement sont comme la lumière de l’aurore qui s’accroit jusqu’au surgissement du soleil de justice qu’est le Christ. Dieu se révèle dans l’histoire. La vie de l’homme a un sens, il n’y a pas de fatalité. Délivrés de l’esclavage du péché et de sa conséquence qui est la peur de la mort, nous marchons avec confiance vers un avenir bienheureux à la suite du Christ, lumière des nations qui éclaire notre route.

Deux périodes se succèdent :
Jusqu’au 17 décembre, nous préparons le retour glorieux du Seigneur. L’Eglise sait qu’il est facile de s’attiédir, de se laisser prendre par les soucis de ce monde en souffrance. Alors Elle nous rappelle les paroles pressantes de Jésus : « Tenez-vous sur vos gardes », « Restez éveillés et priez en tout temps ! » La prière est un cri : « Viens Seigneur Jésus ! », Maranatha.

Pendant les neufs derniers jours, la prière se fait contemplative. Elle nous permet de vivre le « mémorial » c’est-à-dire la réalité de la naissance cachée du Sauveur à Bethléem et des événements qui précèdent ce moment d’éternité. Nous revivrons l’annonce de la naissance de Jean-Baptiste, l’Annonciation, la Visitation, nous marcherons avec Marie et Joseph sur la route qui les conduit à Bethléem avant de nous blottir dans un coin de l’étable avec les bergers, et de nous laisser ainsi transformer. Ainsi l’Avent nous conduit à la joie de Noël !

« Joie, Joie, Joie ! » (Blaise Pascal)

Père Stéphane Biaggi, curé

Lectures dominicales du 2 décembre

Nov 102018
 

Novembre est traditionnellement le mois des défunts, littéralement de-funtus (sans fonction), c’est-à-dire de ceux qui ont cessé leur mission sur la terre.

A la Toussaint d’abord, nous avons fêté ceux dont la sainteté de vie est manifeste, mais aussi les saints plus discrets, dont nous découvrirons la gloire au ciel en raison de leur mission fructueuse dans une vie ordinaire. Ce sont les saints de la « porte d’à côté » selon la belle expression du Pape François dans son exhortation apostolique « Soyez dans la Joie et l’Allégresse » que nous commenterons mardi prochain à 20 H à la paroisse.

Le lendemain, nous avons prié pour tous les défunts, en particulier ceux de nos familles. Beaucoup ce sont rendus dans les cimetières pour fleurir les tombes de leurs proches.

Pendant le mois de novembre, comme le pape Léon XIII, depuis 1888, nous y a invités, nous poursuivons notre prière pour les âmes du purgatoire, âmes de ceux qui bien que morts dans la grâce et l’amitié de Dieu, souffrent une purification afin d’obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du ciel. (C. E. C. 1030)

En ce 11 novembre, providentiellement un dimanche, la France commémore le centenaire de la signature de l’Armistice qui pensait mettre fin à 4 ans d’une guerre qui avait semé la mort de manière jusqu’alors inimaginable et laissé un immense cortège de familles décimées et de cœurs brisés.

Depuis, on s’accorde à reconnaitre que les conditions humiliantes imposées aux vaincus ont été le terreau du conflit le plus meurtrier de l’histoire de l’humanité que fut la seconde guerre mondiale.

Jésus Christ est ressuscité. La mort n’a plus le dernier mot. La résurrection inaugure la vie éternelle, qui pacifie nos cœurs pour faire de nous des artisans de paix. Ainsi grandissent notre espérance et notre confiance dans l’avenir. Aussi me semble-t-il, devons-nous faire mémoire de la venue à Reims du général de Gaulle et du chancelier allemand Adenauer le 8 juillet 1962 où ils déclarèrent conjointement à Monseigneur Marty sur le parvis de la cathédrale devant cinq mille personnes : « Eminence, nous sommes venus sceller la réconciliation franco-allemande ».

Nous continuons à prier pour les défunts de notre paroisse, en particulier cette année pour notre intendant Raymond Carette. Du ciel, ce grand serviteur de l’Eglise prie pour nous et veille à ce que tous les projets qu’il a initiés avec intelligence et détermination pour le bien de la paroisse puissent se réaliser pour nous soutenir dans l’annonce de l’Evangile.

Père Stéphane Biaggi, curé

Lectures dominicales du 11 novembre