Mar 172018
 

La vigile pascale est la plus haute et la plus noble des célébrations liturgiques, nous dit le missel romain. Elle célèbre la résurrection du Christ, qui fait suite à sa passion et à sa mort d’amour. C’est la nuit des nuits.

La nuit de la création où la lumière jaillit dans les ténèbres. Le cierge pascal, symbole du Christ, allumé au feu nouveau, est marqué de ses stigmates. Dans la nuit, le Christ s’avance et entre dans l’église. À Lui s’allument les cierges des fidèles qui transforment l’assemblée en un vaste buisson ardent. L’Exultet retentit : « Bienheureuse faute qui nous valut un tel Sauveur. »

La deuxième nuit est la nuit de la lumière de la foi. En arrêtant le bras d’Abraham, Dieu le fait renoncer à la possession de son fils Isaac pour le rendre libre de faire lui-même la volonté de Dieu.

La troisième nuit est la nuit de l’Exode où Dieu intervient lui-même dans l’histoire « à main forte et bras vigoureux ». Il ouvre la mer pour libérer son peuple de l’esclavage, faisant naître ainsi une espérance pour tous les peuples asservis. Il détruit l’orgueil de Pharaon, figure de l’humanité sans Dieu. Nous chantons avec Moïse : « Il a jeté à la mer cheval et cavalier, ma force et mon chant c’est le Seigneur ». La traversée de la mer rouge préfigure le baptême qui s’accomplit dans la mort et la résurrection du Christ. Suivront quatre autres lectures qui rappellent la fidélité et la miséricorde de Dieu, le danger de l’idolâtrie, l’eau pure du baptême.

Enfin la quatrième nuit célèbre la résurrection du Christ et l’exultation du peuple saint dans l’Eucharistie et attend la venue du Christ en gloire.

La vigile pascale est l’accomplissement de la Pâques juive célébrée dans le Seder Pascal au cours duquel le Seigneur a institué l’Eucharistie. Le Seder pascal est le lieu par excellence de la transmission de la foi aux enfants par le père qui explicite les rites et rappelle les exploits du Seigneur. Les enfants ne peuvent dormir et posent des questions.

Bizarrement, nombreux sont les chrétiens qui ne participent pas encore à la vigile pascale, qui délaissent la paroisse pour retrouver leur lieu de villégiature et profiter du lundi. Ils se privent d’assister à la nouvelle naissance des catéchumènes qui sont leurs enfants et deviennent leurs frères et sœurs dans le Christ.

Enfin, on garde les enfants au lit. On les prive ainsi d’une expérience surnaturelle, au prétexte qu’ils ne peuvent veiller sous peine d’être fatigués et de mauvaise humeur le matin. Année après année, au fur et à mesure que les parents découvriront la vigile pascale, les enfants ne garderont-ils pas davantage la foi ?

Il est encore temps de changer son programme pour vivre la vigile pascale dans sa paroisse de Sainte Odile !

Père Stéphane Biaggi, curé

On lira avec intérêt le petit ouvrage de Jocelyne Tarnaud : Si Pâques m’était conté (éditeur Cariscript).

Lectures dominicales du 18 mars

Mar 102018
 

Comme disait Pascal :
« C’est la joie d’avoir trouvé Dieu qui est le principe de la tristesse de l’avoir

offensé et de tout le changement de vie. Celui qui a trouvé le trésor dans un champ en a une telle joie, que cette joie, selon Jésus-Christ, lui fait vendre tout ce qu’il a pour l’acheter. « Les gens du monde n’ont point cette joie que le monde ne peut ni donner ni ôter », dit Jésus-Christ même. Les Bienheureux ont cette joie sans aucune tristesse ; les gens du monde ont leur tristesse sans cette joie, et les Chrétiens ont cette joie mêlée de la tristesse d’avoir suivi d’autres plaisirs, et de la crainte de la perdre par l’attrait de ces autres plaisirs qui nous tentent sans relâche. Et ainsi nous devons travailler sans cesse à nous conserver cette joie qui modère notre crainte, et à conserver cette crainte qui modère notre joie, et, selon qu’on se sent trop emporter vers l’une, se pencher vers l’autre pour demeurer debout »( Lettre à Melle de Roannez n° 6 de début décembre 1656, OC III, éd. J. Mesnard, p. 1040 sq.)

Le dimanche de Laetare que nous célébrons nous invite à déjà passer des ténèbres de nos péchés à la lumière sans déclin de la résurrection, à quitter la tristesse pour anticiper la joie de la victoire pascale du Christ. Car le Seigneur est devenu par sa croix, ainsi qu’il le dévoile à Nicodème dans l’Evangile, le caducée de notre foi, celui qui a le pouvoir de nous conduire vers la vérité tout entière en nous menant des ténèbres à la lumière et de nous soigner des morsures mortelles du péché. Qu’importent ces serpents qui tentent de nous atteindre au talon ou ces loups qui ne rêvent que de mordre. Quand l’homme accueille la lumière et se laisse guider par elle, il agit alors en conformité avec la vérité de son être. Mais « pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes » (Andromaque de Racine)? Pour celui qui est attaché à ses mauvaises actions et qui fuit la vérité, de peur que ne soit mis à nu son mensonge. Pour les autres, ceux qui sont irradiés par la lumière divine il ne peut y a voir que la joie, cette joie que nous célébrons aujourd’hui dans ce quatrième dimanche de carême et qui nous rappelle que le cheminement terrestre, si souvent douloureux, ne constitue qu’un moment et qu’il doit déboucher sur la joie parfaite d’une vie à jamais délivrée de la mort et du péché.

Abbé Alexis de Monts

Lectures dominicales du 11 mars

Fév 172018
 

Parce que nous sommes des êtres de chair souvent plus préoccupés de satisfaire nos désirs que de rechercher un mode de vie simple à l’image de celui du Christ, la seule idée du carême nous effraye.

Il va encore falloir mener le combat de la prière souvent limité à un désir velléitaire…, se priver de choses dont on sait pourtant qu’elles ne comblent pas notre cœur… et faire l’aumône en nous dépossédant difficilement sans penser que c’est à Jésus-Christ humilié que nous donnons.

De fait nous oublions l’essentiel : nous sommes en route vers Pâques. Nous allons revivre la passion de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ pour expérimenter la résurrection avec Lui !

Puisque nous sommes baptisés, nous sommes un avec Jésus. Nous sommes des créatures nouvelles, nous sommes devenus capables de souffrir avec le Christ. Ainsi saint Pierre dit : « Mieux faudrait souffrir en faisant le bien qu’en faisant le mal » et il ajoute : « le Christ lui aussi a souffert pour les péchés, une seule fois, Lui le juste, pour les injustes, afin de nous introduire devant Dieu … Il a été mis à mort dans la chair, mais vivifié dans l’Esprit ». Nous aussi, nous sommes vivifiés dans l’Esprit-Saint, nous pouvons aimer comme Jésus nous aime. Le jeûne, la prière et l’aumône nous y aident.

Nous pouvons nous unir à la souffrance de Jésus comme le fit le bienheureux Monseigneur Vladimir Ghika, ce prince orthodoxe roumain ordonné prêtre à Paris et martyr en Roumanie, qui sera pour nous un guide tout au long de ce carême (Conférence le mardi 13 mars à 20h15 dans la crypte).

Le Carême, c’est aussi la joie d’accompagner les catéchumènes qui seront baptisés au cours de la Vigile Pascale.

C’est la joie de préparer les enfants à la Vigile Pascale, cette nuit des nuits, et de donner la réponse à leur question : « Pourquoi cette nuit est différente des autres nuits, parce toutes les autres nuits, on nous demande de nous coucher, et cette nuit, on nous interdit de dormir ? »

Père Stéphane Biaggi, curé

Absolution mutuelle : Prière du Bienheureux Monseigneur Vladimir Ghika
« Pardonnez-vous l’un à l’autre et jusqu’au fond de l’âme, et sans réserve, à la façon de Dieu et par la grâce de Dieu, ce qui a pu être de l’un à l’autre, une cause de mécontentement ou de dispute. Dans le secret de votre cœur, en la meilleure place de vous-même, mon frère, ma sœur, ou mes frères, mes sœurs, à qui je pense en ce moment, pardonnez-moi comme je vous pardonne si, par malheur, il y a eu pour moi lieu de le faire à la fin de cette journée. Jésus, Vous me l’avez dit : je n’ai pas le droit de m’approcher de votre autel et du don de votre Corps sur cet autel, si je n’ai pas une âme vraiment réconciliée avec l’âme de mon frère. Jésus, vous me la faites sentir : je ne puis être selon votre cœur, si je ne suis pas de tout cœur uni à l’âme de mes frères et, en premier lieu, des frères que votre Cœur veut réunir en cette maison. »

Lectures dominicales du 17 février

Mar 312017
 

Deux réactions étonnantes de Jésus.
La première : Il refuse de se rendre auprès de son ami Lazare, gravement malade.
Est-ce que Jésus préfère le voir mort plutôt que guéri ? Pourquoi Dieu a-t-il souvent l’air
de ne pas entendre nos supplications ? Dieu peut nous guérir. Peut-être veut-il pour
nous beaucoup plus qu’une guérison ? Dieu ne nous sauve pas en recollant les morceaux
de notre santé.
Seconde réaction : Lazare, revenu à la vie, Jésus dit : « Déliez le… laissez-le aller ».
On se serait plutôt attendu à une parole amicale : « Enfin te voilà vivant… comment te
sens-tu ? Que vas-tu faire ? ». Mais Jésus ne parle que de liberté, d’enlever toutes les
entraves qui empêchent de vivre et d’avancer. Et si Jésus voulait nous dire que la mort
est le don d’une liberté nouvelle. Dieu nous délivre de toutes ces chaines qui nous
empêchent d’aimer et d’être aimés de Dieu.
La promesse de la résurrection illumine tout cet Évangile c’est la seule profession de
foi que demande Jésus à Marthe ce jour là. Elle va retrouver son frère comme avant mais
ce n’est pas encore la gloire de Dieu. Pour cela il faudra que Jésus prenne sur lui-même
notre mort, et dans les pires conditions, sur une croix. On va l’ensevelir dans un
tombeau bien fermé. Le matin de Pâques le tombeau était vide et soigneusement rangé.
Personne n’était là, personne n’a rien vu. C’est un acte de Dieu qui nous échappe. Mais il
y a eu ensuite de nombreux témoignages de ceux qui pleuraient et qui avaient aimé
Jésus.
Pour Lazare ce fut tout à fait différent. Même débarrassé de son linceul il n’est pas
ressuscité, il a seulement retrouvé la vie et il rend grâce. Il veut témoigner par ce repas
de fête qu’il a peut être décidé avec Jésus. Alors qu’il sait que Jésus est déjà condamné à
mort sera-t-il avec ses soeurs devant le tombeau le matin de Pâques ? Nous voyons leur
foi en la résurrection se construire peu à peu. C’est comme un sacrement, un événement
que nous vivons ensemble mais qui porte déjà la réalité de ce qui viendra.
Nous sommes un peuple destiné à vivre dans la « gloire de Dieu, c’est à dire dans le
mystère trinitaire de Dieu. Nous ne pouvons pas le comprendre si ce n’est en
commençant un peu à exister les uns pour les autres. C’est l’Esprit-saint qui le dit et qui
le fait en nous. Cela Lazare le croit et nous le croyons en Eglise. Je crois que Dieu veut
notre résurrection en Jésus. Et notre terre y participera avec nos pauvres corps terrestres.
Cela je l’espère et je le pense. Dieu fera qu’il en soit ainsi. Béni soit-il.

Abbé Georges PÉRIÉ

Lectures dominicales du 2 avril