Mai 252018
 

En ce dimanche, nous fêtons le jour où l’Esprit Saint est descendu sur l’Eglise.
Assemblés en un même lieu, au Cénacle, les apôtres avec la sainte Vierge et tous les disciples attendaient l’achèvement du mystère pascal.
La Pentecôte de l’ancien testament, cinquante jours après le passage de la mer Rouge, commémorait le don de la Loi qui avait scellé la libération d’Israël. Au Sinaï, par l’intermédiaire de Moïse, le Seigneur avait donné au peuple rassemblé au pied de la montagne le décalogue, les dix paroles par lesquelles le peuple prenait naissance dans son lien le plus essentiel, celui avec son Créateur et Sauveur. Il s’engageait par là à suivre les commandements et à vivre ainsi dans une amitié avec Dieu qui lui donnerait de vivre dans le bonheur d’une vie longue et dans un pays ruisselant de lait et de miel.
Cinquante jours après la mort et la résurrection du Christ, le don de l’Esprit fait aux disciples les introduit dans une vie nouvelle. A l’image du Père insufflant la vie au premier homme, le Christ insuffle sa vie de ressuscité aux premiers disciples. Cet événement avait été annoncé depuis longtemps par le prophète Jérémie par l’intermédiaire duquel le Seigneur proclamait qu’il conclurait une alliance nouvelle avec son peuple et qu’il mettrait sa loi au plus profond du cœur de chacun. Ainsi nous voyons la prophétie se réaliser. La loi n’est plus inscrite sur des tables de pierre comme quelque chose d’extérieur, elle est désormais gravée en lettres de feu sur le cœur des disciples. C’est le sens de cette sorte de flamme qui se partage en langues et se pose sur chacun des disciples. Il exprime à la fois le don brûlant de la charité qui est celle-là même de Dieu et le don de l’unité et du rassemblement en un seul corps, le Corps du Christ.

Mais l’Esprit, en plus de constituer le Corps du Christ, permet à chacun de donner des fruits, et des fruits qui demeurent résumés en quelque sorte en un seul fruit duquel tous participent comme l’arbre contient en germe toutes les fleurs et tous les fruits à venir : c’est la charité, à savoir l’amour de Dieu et du prochain.

De là découlent, comme l’expose saint Paul dans la lettre aux Galates : la joie, ou satisfaction de l’âme en possession des biens qui la sanctifient et lui assurent déjà le bonheur de l’éternité ; la paix, ou tranquillité de la conscience vis-à-vis d’elle-même, vis-à-vis des autres et vis-à-vis de Dieu ; la patience, ou l’endurance face aux épreuves ; la bonté et la bienveillance, ou la disposition à bien accueillir les autres, même les plus petits, à leur faire du bien et à les supporter ; la foi ou plutôt la fidélité à la promesse donnée et fidélité à la vérité ; l’humilité, ou la sage mesure dans son mode de vie tant dans son attitude à l’égard des autres que dans sa conversation et dans son regard ; et enfin la maîtrise de soi, qui nous aide à réprimer en nous toutes les exagérations que notre caractère pourrait nous entraîner à faire, tant dans l’ordre charnel que spirituel.

Abbé Alexis de Monts, vicaire

Lectures dominicales du 20 mai

Juin 112011
 

LES MEDIAS ne parlent jamais de Lui. Internet et les journaux ne le mentionnent pas, alors qu’Il est partout… Alors qu’Il est au travail derrière tous les événements du monde. Il est le seul à présider et à prévoir tout ce qui peut se passer sur la terre.

Les chrétiens eux-mêmes ne Lui donnent pas l’importance qu’Il mérite et, pourtant, Il est au cœur de chacun. Comme une vague déferlante, l’esprit est venu jusqu’à nous par les voies de l’amour et de la lumière. Son souffle et son feu ont illuminé cette Pentecôte qui ne cesse pas de nous éclairer et de nous réchauffer. Tel est l’événement prodigieux que la liturgie nous fait commémorer aujourd’hui. L’embrasement de l’univers par l’Eglise du Christ qui devient dés lors « une Eglise de feu » lumineuse, comme jadis la colonne de flammes qui entraîne Israël vers la terre promise. Feu purificateur qui doit sanctifier la race des hommes en la faisant passer dans le creuset de la Croix. La Mission de l’Eglise ne s’arrêtera jamais car son Dieu est un « feu dévorant » (Héb.12/29).

On a peut-être quelque mal à retrouver actuellement dans nos communautés l’esprit d’ouverture de l’Esprit de la Pentecôte. Le vent ne souffle plus en tempête : le feu est toujours là, mais le brasier ne jette plus d’étincelles. L’aurait-on recouvert de cendres ? En tout cas, l’héroïsme des Eglises du silence, toutes celles qui sont persécutées aujourd’hui doivent forcer notre admiration.

En général nous sommes profondément honnêtes et raisonnables mais il nous faudrait peut être ce petit peu de folie qui s’appelle « l’enthousiasme ».

« Le Feu ne dit jamais assez ! » (Prov. 30/15). Voilà ce qui doit nous distinguer. Livrons-nous en ce jour au souffle de l’Esprit qui attise dans l’Eglise le FEU de la Pentecôte.

« Venez, Esprit-Saint, remplissez le cœur de vos fidèles, embrasez-les du feu de votre Amour ».

Père Denys Thouard

Lectures dominicales du 12 juin 2011

Juin 092011
 

La Pentecôte et la Confirmation, notre Pentecôte à nous !

Après l’Ascension, comme Jésus le leur avait recommandé, avant de les quitter, les Apôtres étaient restés à Jérusalem, au Cénacle. Ils avaient peur mais restaient unis par la prière autour de la Vierge Marie…

Le jour de la Pentecôte, « vint du ciel un bruit semblable à celui d’un fort coup de vent….. Ils virent apparaître des langues de feu qui se divisaient… il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent alors remplis de l’Esprit-Saint et ils se mirent à parler en d’autres langues selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer. » Actes des Apôtres II, 2-4.

Ce jour là, Jésus leur envoie l’Esprit Saint comme Il le leur avait annoncé et promis : « Je prierai le Père et Il vous donnera un autre Défenseur pour être à jamais avec vous : L’Esprit de Vérité. Il vous enseignera toute chose et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. »

Jésus ne nous laisse pas orphelins. Il nous envoie son Esprit-Saint pour continuer son Œuvre de Sanctification. La Pentecôte inaugure le Règne du Saint-Esprit et marque le début du temps de l’Eglise. Pour montrer cette effusion de l’Amour divin dans nos âmes, la liturgie de ce jour utilise des ornements rouges, couleur du feu qui éclaire et réchauffe, symbole de l’Amour. Le mot « esprit » vient du latin spiritus qui veut dire souffle, respiration. L’Ecriture Sainte attribue à la troisième personne de la Sainte Trinité le nom d’Esprit-Saint car Il est de toute éternité l’effusion, le souffle d’Amour du Père et du Fils qui pousse intérieurement les âmes à la sainteté.

La Pentecôte :

Le mot « Pentecôte » vient d’un mot grec qui signifie « cinquantième jour ».

A l’origine, chez les Juifs, la fête de la Pentecôte célébrait l’anniversaire de l’Alliance entre Dieu et son peuple scellée par les dix commandements confiés à Moïse sur le mont Sinaï, cinquante jours après la sortie d’Egypte que fêtait la Pâque juive.

Notre Pentecôte chrétienne, cinquante jours après Pâques, célèbre la descente du Saint Esprit sur les Apôtres. L’Esprit de Vérité nous enseigne une loi nouvelle, la Loi d’Amour incarnée par le Christ qui n’est pas venu abolir la loi donnée à Moïse mais la parfaire, l’accomplir pleinement et parfaitement : « Tu aimeras, le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toutes tes forces, et ton prochain comme toi-même ». C’est sur cette loi d’Amour que Jésus fonde son Eglise à qui Il a confié la tâche de poursuivre son Œuvre de Rédemption. La Loi donnée à Moïse montrait ce qu’il fallait faire mais ne donnait pas la force de la pratiquer. Dans la loi nouvelle, la Loi d’Amour de l’Evangile, l’Esprit Saint donne les grâces nécessaires pour la mettre en pratique.

De même qu’en nous, l’âme anime le corps, de même, l’Esprit-Saint donne vie à l’Eglise. Il prend possession de nos cœurs pour nous vivifier, nous sanctifier : Notre fidélité à l’EspritSaint est la garantie de notre sainteté. Le jour de la Pentecôte, le souffle de la grâce va opérer un très grand changement dans les apôtres : Ils n’ont plus peur de parler de la Résurrection du Christ… Ils ont le don miraculeux de parler les diverses langues des peuples qu’ils ont à évangéliser… Tous ceux à qui ils s’adressent les comprennent… L’action de l’Esprit-Saint les éclaire, les purifie, et les embrase de l’Amour divin… La Charité,  leur donne la force d’affirmer leur foi et même de faire des miracles au nom du Christ… L’Esprit-Saint fait des apôtres des hommes nouveaux… Ils deviennent « le sel de la terre et la lumière qui brille devant les hommes ». Ils étaient faibles et timides : Le Saint-Esprit les remplit de force et leur inspire le courage de souffrir, même jusqu’à la mort, pour rendre témoignage à Jésus-Christ jusqu’aux extrémités de la terre.

 

Le Sacrement de Confirmation est notre Pentecôte à nous :

A la présence visible du Christ sur la terre et à son action parmi nous, succède maintenant le règne et l’action du Saint-Esprit. Consciemment et volontairement, par le sacrement de confirmation, chacun reçoit le Saint-Esprit avec la plénitude de ses dons, tout comme les apôtres l’on reçut le jour de la Pentecôte. Ce sacrement « confirme », affermit, renforce l’action du Saint-Esprit dans l’âme des baptisés, augmente en eux la grâce pour les sanctifier, les rendre saints.

Le Baptême, la Confirmation et l’Ordre sont les trois sacrements qui ne peuvent être reçus qu’une seule fois car chacun d’eux imprime un caractère, c’est-à-dire une marque spirituelle indélébile, qui ne s’efface jamais. C’est par les sacrements que le Christ communique son Esprit aux membres de son Corps qu’est l’Eglise.

Au moment de la Confirmation, par l’imposition des mains et l’onction du saint chrême (huile parfumée spécialement consacrée par l’évêque lors de la messe chrismale), le baptisé est « marqué de l’Esprit-Saint, le don de Dieu ». Désormais, il a pour mission de répandre autour de lui  la « bonne odeur du Christ », c’est pourquoi l’huile est parfumée. Il devient soldat du Christ et, comme les gladiateurs de l’antiquité, il est symboliquement enduit d’huile pour que l’ennemi, Satan, ne puisse pas avoir prise sur lui et que les blessures de son âme faites par le  péché puissent cicatriser.

Alors que le Baptême nous marque comme enfants de Dieu, membres du Corps du Christ qu’est l’Eglise, la Confirmation nous marque comme témoins, apôtres et soldats du Christ. Après avoir reçu le sacrement de la Confirmation, le baptisé est un chrétien complet  (qui a tout reçu de Dieu pour devenir saint) et un chrétien adulte, membre à part entière de l’Eglise qui compte désormais sur lui pour témoigner de sa foi par la parole et par l’exemple. C’est la raison pour laquelle le sacrement de Confirmation est généralement administré par l’Evêque. Par ce sacrement, le baptisé est donc plus fermement uni au Christ et à son Eglise, et reçoit les dons du Saint Esprit qui lui confèrent une force particulière pour vivre en chrétien en allant parfois à contre courant de l’esprit du monde. « Qui n’est pas avec moi est contre moi » dit Jésus.

 

Les dons du Saint-Esprit :

Les dons sont des qualités surnaturelles que l’Esprit-Saint met dans notre âme afin que nous correspondions à ce que Dieu attend de nous. Certains dons nous aident à nous rendre compte de notre devoir de chrétien (sagesse, intelligence, conseil, science) d’autres nous donnent les moyens d’accomplir la volonté de Dieu (force, crainte de Dieu et piété.)

  • La crainte de Dieu n’est pas la peur de Dieu mais la crainte filiale de le décevoir et de ne pas correspondre à ce qu’il attend de nous, la crainte de ne pas lui donner la première place dans notre vie par manque d’amour, de respect pour Lui, de confiance en Lui.
  • Le don de  piété nous apprend et nous aide à prier, à honorer Dieu, à L’adorer, Le remercier, Le louer,  Lui demander des grâces, Lui offrir notre vie, Lui demander pardon. Ce don entretient en nous une vie de prière, nous aide à être fidèle à la Messe du dimanche et à reconnaître Dieu comme notre Père.
  • Le don de force nous aide à résister au mal et aux attaques contre la foi. Il renforce notre volonté, nous soutient dans les difficultés de la vie, nous aide à vivre en chrétien, à être fidèle aux promesses de notre baptême sans avoir honte et en ayant le courage d’aller à contre courant de l’esprit du monde.
  • Le don de conseil nous aide à discerner la volonté de Dieu et à prendre les moyens de l’accomplir. Par la prière, le Saint-Esprit nous éclaire et nous aide à conformer nos actes à ce qu’Il nous aura inspiré.
  • Le don de science est un don de connaissance surnaturelle qui nous donne de mieux connaître Dieu et ce qu’Il veut pour nous.
  • Le don d’intelligence nous permet de mieux connaître Dieu à travers la Révélation et les enseignements de l’Eglise pour avoir une vision surnaturelle de ce que nous vivons.
  • Le don de sagesse nous permet d’apprécier la valeur infinie des dons de Dieu pour nous et pour les autres.

« Tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux là sont enfants de Dieu » dit saint Paul aux Romains (VIII, 14). Ne manquons pas d’invoquer souvent l’Esprit-Saint, pour lui demander de venir à notre aide et de nous éclairer, avant nos principales actions ou un entretien difficile, avant de prendre une décision, de faire un choix, de recevoir les sacrements. N’essayons pas de nous débrouiller seuls mais faisons appel à son aide. Invisiblement mais réellement, Il est toujours prêt à nous souffler ce que nous devons penser, faire ou dire pour correspondre à ce que Dieu attend de nous.

Prions pour tous ceux qui vont bientôt être confirmés. Bonne fête de la Pentecôte à tous !

Sybil de Feydeau, coordinatrice du catéchisme