Juin 282020
 

En ce samedi 27 juin, le Seigneur me donne la joie de faire mémoire du jour béni de mon ordination sacerdotale ! C’est avec une grande insistance que je vous demande de prier pour moi, et pour mes « copains de promo » qui ont été ordonnés en même temps que moi. Vous pouvez particulièrement parler de nous à Notre Dame ! Afin qu’elle nous donne ce dont nous avons besoin.

Et nous avons un grand besoin d’aide, car la moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux. Moi et mes frères, ainsi que les pères Stéphane, Carlo et Dieudonné, nous avons à cœur de servir le Maître qui s’est donné lui-même par amour pour son Église. Et nous sommes remplis de joie de vivre jour après jour au service du peuple chrétien. La mission que nous avons reçue de la tendresse du Christ nous est un bienfait si extraordinaire qu’il ne cesse de nourrir nos âmes et de nous encourager.

Le temps du confinement a été, pour moi, mais je crois aussi pour beaucoup de prêtres, un moment où la grâce du sacerdoce s’est faite sentir dans le mystère de sa gratuité. Alors que tant de chrétiens vivaient leur foi dans un saint désir du sacrement, les prêtres rencontraient leur Sauveur quotidiennement dans le mystère de l’Eucharistie. Combien d’enseignements sont à retenir de cet évènement terrible !

C’est d’abord une manifestation de l’intimité que le Christ a voulu vivre avec ses prêtres. Il se les associent, par l’ordination, dans une incompréhensible unité. D’une manière particulière, les prêtres peuvent dire « nous sommes à lui ». Cette proximité et cette familiarité se sont faites sentir, et dans les difficultés causées par l’épidémie, le Seigneur nous consolait.

C’est ensuite un mystère de gratuité. Le prêtre est prêtre, et d’une certaine manière, il n’y peut rien. Pour moi, il n’y a pas de pensée qui puisse me donner plus de paix : ce que le Seigneur a donné n’as pas besoin d’être défendu, car ses dons sont sans repentance. Même la mort ne me séparera pas du bien précieux du sacerdoce : je suis prêtre à jamais.

C’est enfin une redécouverte de la responsabilité peu commune qui est confiée aux prêtres. C’est eux qui, ministres de la communion, reçoivent le Pain de Vie pour le distribuer au peuple de Dieu. Cette position de médiateur entre Dieu et les hommes, qui est celle du Christ et de ses prêtres, est peut-être la première raison pour laquelle il faut prier pour les prêtres. Prions pour que les prêtres fassent bien leur travail ! Et qu’il le fasse saintement.

Car c’est pour vous que j’ai été ordonné. En tant que prêtre, vous êtes, vous les paroissiens de Sainte-Odile, ma raison de vivre. Et je veux vous dire toute ma gratitude pour votre présence et votre amitié.

Père Louis Corpechot

Mar 282020
 

« Cette maladie ne conduit pas à la mort. » (Jn 11,4)

Quelle est donc cette maladie, dont parle Jésus dans l’évangile de ce dimanche ? Nous pensons bien sûr à celle qui nous tient tous confinés. Nous sentons bien qu’il y a un rapport entre la maladie qui tue Lazare, et le Covid-19. Mais quel est ce lien ? Et comment est-il un lien spirituel ? C’est ce que nous voudrions montrer.

Juste après la résurrection de Lazare, l’évangéliste mentionne la réaction du Conseil des prêtres et des Pharisiens. Ils prennent la décision de tuer Jésus. La raison de cette décision nous parait incompréhensible. Comment donc la joie d’être témoin de la puissance de Jésus peut-elle inquiéter ? Comment la joie de voir les larmes cesser de couler sur les joues de ceux qui aiment Lazare peut-elle se changer en désir de meurtre ? Et même, en désir du meurtre de celui qui vient de ressusciter ! (Jn 12,10). L’évangile est très clair à ce sujet : le Grand conseil décide la mort de Jésus par peur de voir « l’ensemble de la nation » périr, massacrée par les légionnaires de l’empire romain.

Le véritable virus de cette maladie, qui conduit à la mort spirituelle, c’est la peur. Peur de mourir, peur de voir ses proches mourir, peur d’un krach économique et de la violence qui l’accompagne. C’est de cette mort dont parle Jésus, celle de laquelle on ne revient pas. C’est l’état de ceux qui ont perdu confiance dans l’amour du Père. Si le Père veille sur nous, de quoi aurons-nous peur ?

Jésus est celui qui garde les yeux du coeur ouvert sur cette présence. Elle est la lumière qui éclaire ses pas. Pour le Christ, la perspective de la mort peut être angoissante (comme au cours de son Agonie), mais il ne cède jamais au réflexe d’obéir à la peur. Au contraire, il obéi à la volonté de son Père, qui est de nous sauver. 

Dès lors, la maladie de Lazare contient un double enseignement. Elle montre la puissance du Christ, mais aussi elle initie sa marche vers le Calvaire. Car c’est par sa mort et par sa résurrection que Jésus manifestera la plénitude de l’amour de Dieu.

C’est à nous maintenant, qui sommes au Christ, de laisser l’Esprit de Dieu guider nos pas. C’est lui qui nous rappelle sans cesse que le Père est là, présent au coeur de nos vies. C’est lui qui nous donne la force, jour après jour, de faire ce que nous avons à faire, sans céder à la peur. Alors la crise du Coronavirus deviendra pour nous ce qu’elle est vraiment : un temps mystérieux où Dieu nous invite à lui faire confiance jusqu’au bout, à l’exemple de son Fils unique.

Et dans cette épreuve, nous pouvons compter les uns sur les autres, puisque dans la prière nous faisons monter vers Dieu une incessante supplication pour ceux qui sont le plus éprouvés.

Que Dieu vous bénisse et vous garde ! 

Bien fraternellement.

Père Louis CORPECHOT, vicaire

Lectures dominicales du 29 Mars

Mar 012020
 

Il y a des gens qui aiment faire leurs bagages pour partir en vacances. Il y en a d’autres, comme moi, qui habituellement, préfèrent rentrer chez eux, défaire leurs bagages, et reprendre leur vie quotidienne. Dans ces deux manières d’être, partir et rentrer, se dit un désir plus grand, celui de Dieu.

D’une part, celui qui quitte tout vise Dieu. Ultimement, il cherche celui qui est l’unique désirable. Cette attitude de ceux qui partent est celle de nombreux personnages de la Bible. Il y a par exemple Abraham, à qui Dieu demande : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, et va vers le pays que je te montrerai » (Genèse 12,1). Et pareillement, le peuple des hébreux doit quitter l’Égypte pour échapper à l’esclavage, porté par la promesse d’un pays ruisselant de lait et de miel (Exode 3,17). Cette réalité d’un pays merveilleux est celle du Père qui nous attends.

D’autre part, celui qui rentre chez lui retrouve enfin la présence de ses proches, le caractère familier de sa maison. Après un voyage, des découvertes et des rencontres, il revient dire les merveilles qu’il a vues. Spirituellement, son désir de rentrer est aussi un désir de Dieu. Mais il s’agit de Dieu qui se manifeste comme celui qui est présent depuis le début. Il est le Dieu de l’origine, de notre origine. Rentrer chez soi, c’est retrouver, au plus intime de nos vies, le Père qui nous voit et nous aime, là, dans le secret.

Bien entendu, ces deux attitudes sont bonnes. Elles appartiennent toutes deux au Christ. Il dit en effet : « Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père. » (Jean 16, 18).

Tout le mystère de Jésus est dans la raison qui l’a fait sortir du Père ? Lui qui avait le ciel pour demeure, qu’est-il allé faire dans l’hostilité du désert ? Cette question est importante pour nous, car elle doit éclairer notre propre attitude pour bien commencer notre carême. Si Abraham se lance dans l’inconnu, si les hébreux entrent dans le désert, si nous entamons un temps d’ascèse, c’est dans l’espérance d’un ailleurs meilleur ! Mais pour Jésus, quel est cet ailleurs ? L’ailleurs de Jésus, ce lieu qu’il désire et qui le fait venir dans le monde, c’est le cœur de l’Église. À travers toute l’histoire du Christ, et particulièrement dans sa vie publique et sa Passion, apparait son amour infini pour l’assemblée des baptisés, au milieu de laquelle il désire vivre et donner la paix, et qu’il veut emmener avec lui auprès du Père.

Jésus nous désigne ainsi deux manières d’entrer en carême : soit sortir de chez soi, sortir de la routine et du confort pour nous mettre en marche dans le désert, aller à la rencontre et nous laisser guider par Dieu, soit revenir en soi-même, retrouver la vérité de Sa présence en nos cœurs dans le silence et la paix. Que Dieu nous donne la grâce de choisir une œuvre qui lui plaise, pour la lui présenter dans 40 jours !

Père Louis Corpechot, vicaire

Lectures dominicales du 1er Mars

Fév 022020
 

Ce dimanche s’achève la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. C’est pourtant une prière qui continue, tant elle est la forme même de la vie de l’Église. De même que nous avons été appelés par le Seigneur à le rejoindre dans la charité, nous appelons nos frères à nous rejoindre, en Jésus, pour que la charité se propage dans le monde, comme un feu. Sans ce feu du désir de partager ce que nous avons reçu, l’Église n’a pas de raison d’être. Et ce feu est comme redoublé lorsque, au lieu d’aller chercher ceux qui n’ont jamais connu Jésus, nous désirons voir se rassembler à nouveau ceux qui, par le baptême, font déjà partie du même corps du Christ, ceux qui portent le beau nom de chrétiens.

Mais quand nous prions ainsi le Seigneur, pour qu’il guérisse notre unité, et pour qu’il nous donne de participer à son œuvre, savons-nous bien ce que nous demandons ? L’évangile de ce dimanche, dans lequel Jésus appelle les premiers disciples, nous indique ce dont il s’agit, et par là ce que nous devons faire et demander.

La première chose, qui est comme la plus évidente, est que Jésus appelle des frères. L’Église ne rassemble que des gens qui sont déjà ensemble. Ce mystère est un appel à la conversion personnelle, et quotidienne ! Si je n’arrive pas à supporter mon propre frère, comment pourrais-je désirer vivre éternellement avec lui ? Dis autrement, l’amour que je dois avoir pour mon frère (ou mon ami, mon conjoint, mon collègue, mon compatriote…) est d’abord le souci de faire ce qui est en mon pouvoir pour que finalement, nous soyons tous les deux au ciel. Il s’agit de travailler à l’unité éternelle.

Et la seconde chose qui détermine l’Église que nous voyons naître dans le récit de l’appel des premiers disciples, c’est ce mystère d’immédiateté. « Aussitôt », ils suivirent Jésus. Ce mot, si radical, ne doit pas être regardé comme un motif de comparaison entre nous et eux. La simplicité de la réponse des apôtres à l’appel du Christ est simplement l’expression de leur joie. Et la simplicité de l’appel de Jésus est l’expression de son propre détachement. Jésus n’appelle pas les gens « de force ». Il leur fait entendre sa voix, et son Église est faite de ceux qui lui répondent « présent » !

Ce que nous voyons dans l’Évangile n’est pas différent de ce que nous avons à vivre. D’une part, nous avons à nous laisser séduire par la proposition de travailler, non pas pour du poisson, mais pour la charité. D’autre part, nous avons à croire que Jésus peut nous demander de lui obéir comme à un père. Mais ce n’est que là où nous lui répondons « aussitôt » que nous appartenons vraiment à l’Église. C’est le même mystère que les anges annonçaient aux bergers dans la nuit de Noël : « Paix aux hommes de bonne volonté. » (Lc 2,14).

Que le Seigneur nous accorde donc, pour que soit parfaite notre unité et notre joie, la grâce de désirer vivre ensemble, et de sentir en nous l’Esprit qui nous porte à répondre « oui ! » avec simplicité.

Père Louis Corpechot, vicaire

Lectures dominicales du 26 Janvier