Nov 212020
 

Dans les discussions qui animent l’église aujourd’hui, j’ai la joie de pouvoir apporter ma pierre, en espérant que vous serez nombreux à l’utiliser comme fondation de votre vie spirituelle. Il ne s’agit pas ici d’une idée de moi, mais de saint Ignace de Loyola. Elle se trouve dans ses Exercices spirituels. Il s’agit de la 13ème « règle à suivre pour ne nous écarter jamais des véritables sentiments que nous devons avoir dans l’Eglise militante ». Voici donc le numéro 365 :

Pour ne nous écarter en rien de la vérité, nous devons toujours être disposés à croire que ce qui nous paraît blanc est noir, si l’Eglise hiérarchique le décide ainsi. Car il faut croire qu’entre Jésus-Christ, notre Seigneur, qui est l’Époux, et l’Église, qui est son Épouse, il n’y a qu’un même Esprit qui nous gouverne et nous dirige pour le salut de nos âmes, et que c’est par le même Esprit et le même Seigneur qui donna les dix commandements qu’est dirigée et gouvernée notre Mère la sainte Eglise.

Au moment où nous célébrons le Christ Roi, il est opportun de rapprocher ce texte du chapitre 25 de saint Matthieu. Jésus nous y annonce combien faire du bien aux petits en attendant son retour, c’est lui faire du bien à Lui. Il nous annonce ainsi qu’il est présent dans son corps par la médiation des pauvres et des humbles que nous sommes appelés à servir. Mais puisque ce corps est l’Église, nous devons rester attentifs au fait qu’il est aussi présent dans l’Église hiérarchique, et que nous n’avons pas d’autre chemin que l’obéissance pour espérer un jour être comptés aux nombres des bien-aimés du Père. Discerner le corps du Christ dans les Écritures par la foi, dans l’Église hiérarchique par l’obéissance, dans les pauvres par la charité, et dans le Saint Sacrement par l’adoration, c’est tout un.

Cela n’interdit pas bien sûr de penser et d’avoir un avis. Mais je dois vous le redire à tous : le Royaume de Jésus est un Royaume de justice, de paix, et de joie ! Chacun fait de son mieux pour argumenter avec justice. Mais nous devons le faire dans la paix, et en manifestant notre joie. C’est l’exigence de l’Esprit de résurrection qui vit en nous. Et puisque ce week-end nous fêtons la Présentation de Notre Dame, relisons son Magnificat (Lc 1, 46), et suivons son unique conseil : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. » (Jn 2, 5)

Que le Christ Jésus, Notre Chef et Notre Roi, vous révèle les secrets de son Coeur Sacré ! Et qu’il bénisse Sainte-Odile. 

Père Louis Corpechot, vicaire

Oct 112020
 

Nous venons de fêter, le 9octobre, la fête de saint Denis. C’est lui que le Seigneur nous a donné pour père dans la foi, puisqu’il a fondé le diocèse de Paris. Le missel romain parlait de lui en ses termes :

Que toute l’Eglise prenne part à la joie que ressent la France d’avoir en saint Denis un père qui l’a engendrée en Jésus-Christ. Que Paris, illustre par son martyre, fasse sur tout éclater ses transports. […]
Envoyé en France par le souverain Pontife pour y prêcher la foi, Denis ne craint point la fureur d’une nation idolâtre. L’apôtre des Gaules choisit pour le lieu de ses premiers travaux Paris où le démon exerçait un empire absolu. Il y élève à Jésus-Christ un temple ; il y prêche de parole et d’exemple ; il y opère les miracles les plus éclatants. Le peuple croit, l’erreur se dissipe, la foi s’augmente, et toute la ville bénit le nom du saint évêque.

Son martyr, ainsi que celui d’un grand nombre de chrétiens, avaient fait de la colline de Montmartre, sur laquelle il avait été emprisonné, un lieu de pèlerinage très fréquenté. Saint Ignace et ses compagnons, Pierre Favre, François Xavier, Lainez, Salmeron, Rodrigues, Bobadilla, y prononcèrent un serment le 15 août 1534. Plus tard, c’est dans la basilique que la petite Thérèse, avec sa sœur Céline et leur père Louis Martin, le 6 novembre 1887, se consacrèrent au Sacré-Cœur de Jésus.

Cette histoire de sainteté ne finit pas, puisque ce samedi, ce sont des paroissiens de Sainte Odile, avec les Chevaliers de Colomb, qui monteront, à leur tour, sur le mont des martyrs, pour honorer saint Joseph et lui demander sa protection. C’est pour eux que nous pouvons prier, afin que le Seigneur affermisse leur foi et remplisse leurs coeurs de sa charité. C’est par eux que nous pouvons nous-mêmes nous confier à la miséricorde de Dieu, puisqu’en montant ils porteront les intentions de la paroisse. C’est avec eux également, dans l’adoration de Jésus au Saint-Sacrement, perpétuellement présent au milieu de son peuple en prière, que nous pouvons nous tourner vers celui qui a donné sa vie par amour pour nous, et qui nous a envoyé une nuée de témoins pour nous l’annoncer.

Vous pouvez confier vos prières à ceux qui partiront. Il vous suffit sinon de les confier, en les disant à votre ange gardien, qui les associera à celles des pèlerins. Et si vous lisez ce texte trop tard, n’hésitez pas à demander à votre ange de les porter aux pieds de Saint Joseph et de Jésus, qui veillent sur nous du haut de la montagne du Seigneur.

Père Louis Corpechot

Sep 122020
 

docteur de l’Eglise, patronne secondaire de la France

Tel est le titre que l’Église emploie pour désigner notre invitée de la rentrée : la petite Thérèse. C’est elle que nous aurons la joie de célébrer le jeudi 1er octobre, lors de l’installation de sa nouvelle statue. Celle-ci, pour notre consolation, vient remplacer celle qui avait été détruite en 2014 grâce à la générosité des paroissiens. Pour l’accueillir dignement, le socle en bois de la statue a été restauré, et orné d’un des marbres des anciens autels de l’église. La sainte elle-même, pour la joie de ces retrouvailles, sera présente, car la Providence a tout disposé pour qu’une de ses reliques puisse être proposée à la vénération des fidèles qui viendront rendre hommage à leur soeur du ciel.

Le 1er octobre, la messe de 19h, au cours de laquelle la nouvelle statue sera bénie, sera précédée de la prière du rosaire. En effet, dans les actes du procès en canonisation de la sainte de Lisieux, sa soeur Marie du Sacré-Coeur rapporte ce souvenir du 9 juin 1897 : « Je lisais au réfectoire un trait de la vie de saint Louis de Gonzague, où il est dit qu’un malade, qui sollicitait sa guérison, vit une pluie de roses tomber sur son lit, comme un symbole de la grâce qui allait lui être accordée. “Moi aussi – me dit-elle ensuite pendant la récréation – après ma mort, je ferai pleuvoir des roses” ». Nous aussi, par notre prière, nous pourrons présenter, avec elle, des bouquets de cette salutation angélique par laquelle le salut est entré dans le monde.

Après la bénédiction de la statue, le film du père Michel Farin s.j. Histoire printanière d’une petite fleur blanche sera projeté dans la crypte, en présence du réalisateur. Il s’agit d’un documentaire de 50 minutes qui présente, dans un dialogue avec le psychanalyste Denis Vasse, une lecture des écrits autobiographique de Sainte Thérèse. L’original de la statue est une oeuvre d’Anne-Marie Roux-Colas, à qui nous devons également le tympan de l’Église, la statue de sainte Odile qui est à l’accueil, la grande statue de Notre Dame de la Vie et le cloître. Il a été possible d’en faire refaire une car un autre exemplaire se trouve dans l’ancienne église paroissiale de Saint-François-de- Sales. Ceux qui voudraient encore participer financièrement à cet évènement sont bien sûr les bienvenus. La cagnotte sur le site leetchi.com est ouverte encore pour 15 jours. Que Dieu nous donne aussi la grâce de « faire le Bien sur la Terre » !

Père Louis Corpechot, vicaire

Juin 282020
 

En ce samedi 27 juin, le Seigneur me donne la joie de faire mémoire du jour béni de mon ordination sacerdotale ! C’est avec une grande insistance que je vous demande de prier pour moi, et pour mes « copains de promo » qui ont été ordonnés en même temps que moi. Vous pouvez particulièrement parler de nous à Notre Dame ! Afin qu’elle nous donne ce dont nous avons besoin.

Et nous avons un grand besoin d’aide, car la moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux. Moi et mes frères, ainsi que les pères Stéphane, Carlo et Dieudonné, nous avons à cœur de servir le Maître qui s’est donné lui-même par amour pour son Église. Et nous sommes remplis de joie de vivre jour après jour au service du peuple chrétien. La mission que nous avons reçue de la tendresse du Christ nous est un bienfait si extraordinaire qu’il ne cesse de nourrir nos âmes et de nous encourager.

Le temps du confinement a été, pour moi, mais je crois aussi pour beaucoup de prêtres, un moment où la grâce du sacerdoce s’est faite sentir dans le mystère de sa gratuité. Alors que tant de chrétiens vivaient leur foi dans un saint désir du sacrement, les prêtres rencontraient leur Sauveur quotidiennement dans le mystère de l’Eucharistie. Combien d’enseignements sont à retenir de cet évènement terrible !

C’est d’abord une manifestation de l’intimité que le Christ a voulu vivre avec ses prêtres. Il se les associent, par l’ordination, dans une incompréhensible unité. D’une manière particulière, les prêtres peuvent dire « nous sommes à lui ». Cette proximité et cette familiarité se sont faites sentir, et dans les difficultés causées par l’épidémie, le Seigneur nous consolait.

C’est ensuite un mystère de gratuité. Le prêtre est prêtre, et d’une certaine manière, il n’y peut rien. Pour moi, il n’y a pas de pensée qui puisse me donner plus de paix : ce que le Seigneur a donné n’as pas besoin d’être défendu, car ses dons sont sans repentance. Même la mort ne me séparera pas du bien précieux du sacerdoce : je suis prêtre à jamais.

C’est enfin une redécouverte de la responsabilité peu commune qui est confiée aux prêtres. C’est eux qui, ministres de la communion, reçoivent le Pain de Vie pour le distribuer au peuple de Dieu. Cette position de médiateur entre Dieu et les hommes, qui est celle du Christ et de ses prêtres, est peut-être la première raison pour laquelle il faut prier pour les prêtres. Prions pour que les prêtres fassent bien leur travail ! Et qu’il le fasse saintement.

Car c’est pour vous que j’ai été ordonné. En tant que prêtre, vous êtes, vous les paroissiens de Sainte-Odile, ma raison de vivre. Et je veux vous dire toute ma gratitude pour votre présence et votre amitié.

Père Louis Corpechot