Avr 052020
 

En raison de la situation actuelle, je vais reporter à plus tard la IIIe partie sur l’Antichrist, mais cet édito n’est pas tout à fait hors sujet, bien au contraire…Dans mon dernier édito, j’ai écrit qu’un grain de sable pouvait gripper le mécanisme vicieux qui régit ce monde globalisé ainsi que cette finance absurde et sans humanité, coupée de la réalité. Avec raison, lors de la bénédiction Urbi et Orbi du 27 mars, le Pape François a demandé aux fidèles de revenir à la Foi, et au monde, « épeuré et perdu », de revoir ses priorités. Nous vivons actuellement dans un temps de souffrance, de peur, d’attente anxieuse (Suis-je positif ?), temps de mortalité et de deuil. Pourtant, les décès ne sont pas, pour le moment, aussi nombreux que pour d’autres grandes épidémies du passé, où les morts jonchaient le pavé des rues…St Louis de Gonzague mourut en transportant les morts de la peste à Rome. Mais, à l’heure où j’écris, nous ne sommes pas encore capables de mesurer l’évolution et les conséquences de cette crise sanitaire…Ce qui est inédit, ce sont les moyens exceptionnels mis en œuvre pour lutter contre la pandémie, comme le confinement : il est difficile, n’est-ce pas ? On risque de tourner en rond, de faire de l’introspection, de déprimer : face à face avec soi-même, on révèle le meilleur et le pire : la bonté, la charité, la patience, comme aussi la mesquinerie, la lâcheté, la méchanceté ; cela peut nous fait peur. Si certains sont anxieux, à juste titre, d’autres sont insouciants, ou même indifférents (il n’y a que des vieillards qui meurent !) ; il y a les courageux et même ceux qui se sacrifient en mourant pour soigner les malades ; d’autres encore ne renonceraient à leur jogging pour rien au monde ! Il est vrai que bouger un peu, ça fait du bien ! D’autres, hélas, craignant d’affronter la maladie, ou l’ayant contractée, tentent de mettre fin à leur vie. C’est un phénomène inquiétant et les médias n’y sont pas étranger. Lorsque tout semble perdu et que Dieu n’est même pas une hypothèse, pourquoi prendre le risque de souffrir avant de mourir ? Les « certitudes » de certains peuvent aussi changer : par exemple, un médecin athée qui soignait les malades du Covid-19 à Milan, s’est converti en voyant un prêtre de 75 ans, déjà atteint par le Covid-19, être l’ange consolateur des agonisants avant de mourir à son tour.

En revanche, le Planning familial a été rassuré ; en doutiez-vous ? Les « affaires » peuvent continuer : pendant que des personnes âgées meurent, parfois sacrifiés malgré elles, on continue à tuer les enfants à naître, comme pour s’assurer qu’il n’y ait pas de futur, puisque, dit-on, l’homme lui-même est un virus pour la terre. Aux États-Unis, quelques états ont suspendu l’avortement, puisque c’est un acte médical non essentiel, mais dans d’autres états de l’Union, le Planned Parenthood, et des médecins en Angleterre,demandent même l’avortement à la maison. Tuer l’innocent à outrance, continuer la boucherie !Notre époque est mortifère et Satan se repaît de la chair des innocents. Les soi-disant avancées sociétales, que je ne nommerai pas par décence, ont conduit à la déliquescence de la société entière. Dans la nuit du 24/25 mars, dans une Italie aux prises à l’urgence de la pandémie, une église a été profanée, les hosties piétinées et une Croix mise à l’envers.

Suis-je trop pessimiste si je fais cette citation de Flaubert ? : « L’humanité danse d’une manière frénétique sur la planche pourrie d’une immense latrine » (Lettres à Tourgueniev).

N’avez-vous jamais vu les danses macabres du Moyen-Age ? L’Évangile le dit d’une autre manière : « À qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble à des gamins assis sur les places, qui en interpellent d’autres en disant :  nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé. Nous avons chanté des lamentations, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine » (Mt 11,16-17). Saurons-nous comprendre à la lumière de la Foi ce qui se passe actuellement ? Pourtant, là où le mal abonde, le Grâce peut surabonder…Il y a aussi notre frustration à nous, les prêtres, empêchés d’exercer notre ministère pour éviter toute contagion. C’est surtout aux mourants que je pense…

Une question délicate à ne pas poser en ce moment : cette épidémie est-elle une punition de Dieu ? J’entends toujours dire que Dieu nous parle en se servant des événements. Eh bien, quels enseignements tirons-nous alors de cet événement ? Nous voyons à travers tout l’Ancien Testament que Dieu punissait le mal. Mais ensuite, face à la pénitence, le « courroux » de Dieu s’apaisait et il pardonnait. Jusqu’à ces dernières décennies, on disait la même chose, y compris les saints et les papes ; la Sainte Vierge a souvent parlé de châtiments dans plusieurs de ses apparitions reconnues par l’Église. Dieu aurait-il changé de méthode dans le Nouveau Testament ? Pourtant, en Dieu, il n’y a « ni changement, ni ombre de variation » (Jc 1,16). Dieu est Père, c’est Jésus qui nous l’a enseigné, le meilleur des « Pères », mais il reste néanmoins le Père des Cieux, c’est à dire le Dieu qu’on adore. Le mot « père » a ici un sens analogique. St. Joseph était « père » légal de Jésus, nous avons un père biologique, et Dieu n’est pas père pour nous au même titre que pour Jésus. Aux pharisiens qui disaient : « Nous ne sommes pas nés de la prostitution ! Nous n’avons qu’un seul Père : c’est Dieu. » (Jn 8,41), Jésus répond : « Vous, vous êtes du diable, c’est lui votre père, et vous cherchez à réaliser les convoitises de votre père. Depuis le commencement, il a été un meurtrier. Il ne s’est pas tenu dans la vérité, parce qu’il n’y a pas en lui de vérité. Quand il dit le mensonge, il le tire de lui-même, parce qu’il est menteur et père du mensonge » (Jn 8,44).

Jusque récemment, la guerre, les épidémies et les famines étaient perçues comme des châtiments qui s’abattaient sur les péchés des hommes : du moins, autrefois, nous avions la « crainte de Dieu » ; aujourd’hui, nous avons le…« droit au blasphème ». Alors, Dieu, qui est notre Père, veut-il se venger du mal, ou plutôt rétablir la justice et sauver le pécheur ? Dieu ne veut jamais la mort du pécheur, mais sa conversion (Ez 18, 21-28). S’il frappe, c’est pour guérir, « car c’est lui qui blesse et panse la plaie, lui qui meurtrit et dont les mains guérissent. » (Jb 5,18). Ne serait-ce pas plus juste de dire que c’est le mal lui-même qui entraîne son châtiment ? Mais c’est toujours Dieu, notre Père, qui l’aura permis, car un père qui ne « punit » pas, montre ne pas aimer son fils…Dieu ne prévoit pas seulement qu’un tel événement arrive, mais aussi toute la série des causes pour que telle chose arrive à un moment donné : les causes naturelles, comme celles dues au péché, qui peuvent provoquer une « punition ». De même, Dieu prévoit et met dans l’ordre des causes aussi la prière et la pénitence, qui peuvent faire cesser, par exemple, une épidémie, soit par des causes naturelles en évitant les désordres du péché, soit par un miracle. Il faut croire à l’efficacité de la prière.

Dans l’Évangile de St. Luc, des gens demandent à Jésus au sujet des Galiléens que Pilate avait fait massacrer, et ceux tués par la chute de la tour de Siloé : ceux-là étaient plus pécheurs, plus coupables que les autres ? Jésus ne répond pas directement à la question, mais en donne la solution : « Pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous

périrez tous de même » (Lc 13,1-5). « Pas du tout », parce que nous sommes tous coupables…Réfléchissons à tout cela ! S’il n’y a pas de « châtiment » divin, il n’y a pas non plus de Providence divine, nous retirons alors Dieu de l’histoire et du quotidien de notre vie. Nous réduisons alors Dieu à une exégèse savante, ou à une praxis humanitaire, ou encore à une fiction.

Saint Augustin disait « ex malo bonum », du mal peut naître un bien, Dieu peut le faire. Toutefois, pour cela, il est nécessaire de voir et de comprendre l’origine du mal ; le distinguer du bien et tout faire pour que le bien soit rétabli. En tout cas, le vrai mal est moral ou spirituel, le mal physique en est la conséquence. Ce mal physique est peut-être le seul qui puisse nous faire comprendre la gravité du mal moral qui s’attaque directement à Dieu. Par exemple, sommes-nous capables de discerner les choix scélérats qui ont été faits au niveau ecclésial, social et politique depuis des dizaines d’années ? Je n’en suis pas sûr. Puisque nous sommes ivres de toute-puissance et n’avons pas besoin de Dieu – car nous croyons être des dieux- le pire châtiment sera celui de nous livrer à nous-mêmes.

Le Cardinal Ratzinger, lors de la Messe pour l’Élection du Souverain Pontife, le 18 avril 2005, disait dans son homélie : « La miséricorde du Christ n’est pas une grâce à bon marché, elle ne suppose pas la banalisation du mal. Le Christ porte dans son corps et sur son âme tout le poids du mal, toute sa force destructrice. Il brûle et transforme le mal dans la souffrance, dans le feu de son amour qui souffre. Le jour de la vengeance et de l’année de grâce coïncident avec le mystère pascal, dans le Christ mort et ressuscité. Telle est la vengeance de Dieu :  lui-même, en la personne du Fils, souffre pour nous. Plus nous sommes touchés par la miséricorde du Seigneur, plus nous devenons solidaires de sa souffrance, et plus nous sommes prêts à compléter dans notre chair « ce qu’il manque aux épreuves du Christ » (Col 1, 24).

Ce confinement devrait nous aider à réfléchir sur nous-mêmes, sur le sens de la vie, sur notre Foi ou sur notre rapport avec Dieu. Pourquoi ne pas profiter de cette contrainte pour vivre comme dans une retraite spirituelle, une sainte « quarantaine » à l’instar de Jésus ? Je crains que nous n’ayons pas assez de dispositions intérieures. Si le Carême est un temps de grâce, cette année l’est encore davantage : éprouvés moralement et physiquement, malgré nous, nous pouvons nous unir à la Passion du Christ et offrir nos souffrances, en coopérant avec lui au salut de chacun et du monde.

Toujours dans cette même homélie, le Cardinal Ratzinger ajoute : « Nous ne devrions pas rester des enfants dans la foi, dans un état de minorité/ comme des êtres n’ayant pas encore atteint (la peine stature de) l’âge adulte. Et en quoi consiste le fait d’être des enfants dans la foi ? Saint Paul répond : « Ainsi nous ne serons plus des enfants, nous ne nous laisserons plus ballotter et emporter à tout vent de la doctrine » (Ep 4, 14). Une description très actuelle ! Combien de vents de la doctrine avons-nous connus au cours des dernières décennies, combien de courants idéologiques, combien de modes de la pensée…La petite barque de la pensée de nombreux chrétiens a été souvent ballottée par ces vagues – jetée d’un extrême à l’autre :  du marxisme au libéralisme, jusqu’au libertinisme ; du collectivisme à l’individualisme radical ; de l’athéisme à un vague mysticisme religieux ; de l’agnosticisme au syncrétisme et ainsi de suite. Chaque jour naissent de nouvelles sectes et se réalise ce que dit saint Paul à propos de l’imposture des hommes, de l’astuce qui tend à les induire en erreur (cf. Ep 4, 14). Posséder une foi claire, selon le Credo de l’Église, est souvent défini comme du fondamentalisme. Tandis que le relativisme, c’est-à-dire se laisser entraîner « à tout vent de la doctrine », apparaît comme l’unique attitude à la hauteur de l’époque actuelle. L’on est en train de mettre sur pied une dictature du relativisme qui ne reconnaît rien comme définitif et qui donne comme mesure ultime uniquement son propre ego et ses désirs ». Paroles prophétiques, relisez-les attentivement.

Si les hommes ne comprennent pas, plus que de cette épidémie, j’ai davantage peur de ce qui se passera après… :« La moisson est passée, l’été est fini, et nous, nous ne sommes pas sauvés ! » (Jr 8,20).

Voilà quelques considérations en temps d’épidémie, faites-en ce que vous voulez…

Il reste toujours l’Espérance, car elle repose en Jésus Christ, et la Sainte Vierge Marie est le modèle même de cette Espérance : ô Notre Mère, n’abandonne pas tes enfants, porte-nous tous dans ton Cœur Immaculé comme des enfants chéris.

« Que ta miséricorde soit sur nous, Seigneur, car nous avons mis en Toi notre espérance.

En toi, Seigneur, j’ai mis mon espérance : que je ne sois jamais confondu ». (Dernier couplet du Te Deum)

Don Carlo CECCHIN, vicaire

Mar 182020
 

En temps d’épidémies et de fléaux, l’Église a toujours élevé ses prières vers Dieu pour qu’il ait pitié de son peuple. En ce moment particulier d’épreuve, les prêtres de la paroisse prient à chaque Messe pour que l’épidémie cesse, et invitent les fidèles à faire de même, par l’intercession de la Vierge Marie, EN PRIANT LE CHAPELET en particulier ou en famille. N’oublions pas Saint Joseph en ce mois de mars qui lui est consacré. Ayons toujours confiance dans la prière, Dieu a promis de nous exaucer.

SAINTE-ODILE

Nous continuons notre traversée de l’hiver dans un climat de grande inquiétude, face à une réalité qui nous échappe, dans un monde de plus en plus sécularisé, dominé par le progrès, la science, la croissance, où Dieu n’a plus de place. Il suffit qu’un grain de sable grippe nos certitudes, les mécanismes qui régissent notre société mondialisée, et tout semble s’effondrer comme un château de cartes, car tout y est entremêlé dans un aberrant système vicieux, où règne en maître la finance ou Mammon. Ah, si nous pouvions considérer notre faiblesse, accepter d’avoir besoin de Dieu, tout voir par rapport à notre destinée éternelle, revenir à Dieu, mais ce n’est pas si sûr, hélas. Finalement, la possibilité de bien vivre ce Carême nous est offert, malgré nous, en nous situant dans un juste rapport avec Dieu, nous qui ne sommes que de la cendre orgueilleuse, et pourtant infiniment aimée de Dieu.

A travers l’histoire de l’Église, face à des crises épouvantables, on croyait que l’Antichrist était déjà arrivé. Déjà à son époque, Saint Paul disait : « les jours sont mauvais » (Eph 5,16) : que dirait-il aujourd’hui ? Au fil des siècles, on pensait que cet Antichrist était personnifié par l’Islam, par telle invasion ou catastrophe, ou par tel hérétique etc. Même saint Pie X, face aux épreuves de l’Église de son époque, s’était posé la question de savoir si le fils de perdition n’était pas arrivé. A posteriori, il n’était pas encore là. Cependant, Saint Paul dit que « Le mystère du mal est déjà à l’œuvre… » (2Th 2,7). Alors, l’Antichrist, probablement une personne, comment sera-t-il ? Quel aspect aura-t-il ? Difficile de savoir ; il ne sera sans doute pas comme l’imagine de manière si suggestive l’art chrétien du Moyen-Age. La mosaïque du Jugement Universel (VIIe-XIIe s.) dans la cathédrale de Torcello, une petite île près de Venise, nous le montre comme un enfant qui ressemble à l’enfant Jésus bénissant, assis sur les genoux de Satan. A la Renaissance, il ressemble au Christ, avec à ses côtés Satan qui lui souffle à l’oreille (Luca Signorelli 1450-1523). Mais, il ne sera pas si facile de le déceler ! Jésus lui-même nous a prévenu : « Prenez garde que personne ne vous égare » (Mt 24,44), car : « Il surgira des faux messies et des faux prophètes, ils produiront des signes grandioses et des prodiges, au point d’égarer, si c’était possible, même les élus ». (Mt 24,24). « Ne laissez personne vous égarer d’aucune manière. Car il faut que vienne d’abord l’apostasie, et que se révèle l’Homme de l’impiété, le fils de perdition ». (2Th2,3).

L’Apôtre ajoute : « car les hommes ne supporteront pas la saine doctrine… » (2Th 4,3). Tout comme Satan son maître, l’Antichrist devra se déguiser en ange de lumière, pour que le mal soit attrayant, beau, désirable, pour détourner le plus d’âmes possible ; mais, cette ruse, cette fausse beauté, aura toujours une faille, quelque chose de trouble, de douteux, de pervers…

A la fin du XIXe siècle, Victor Hugo avait prophétisé : « Ce siècle a été grand, le prochain sera heureux ». Nous savons ce qui s’est passé, et celui dans lequel nous vivons semble être une catastrophe. Vladimir Soloviev (1853-1900), philosophe, théologien expert en patristique et poète russe, converti de l’Orthodoxie au Catholicisme, ne s’est pas laissé séduire par les sirènes d’un avenir radieux de progrès, de prospérité et de paix. Quelques mois avant sa mort, il écrivit le « Court récit sur l’Antéchrist », à peine quelques pages. L’auteur ne lui donne pas de nom, mais le décrit comme quelqu’un d’exceptionnel. Dans sa jeunesse, « l’Antéchrist » se sera signalé comme un savant exégète, diplômé à Tübingen (c’est tout dire !), ascète, plein de modération, désintéressé, philanthrope, pacifiste, un spiritualiste convaincu, croyant au bien et, à la rigueur, même en Dieu, mais en réalité, n’aimant que lui-même. Un homme apparemment parfait, en somme ! Il a écrit un livre qui lui a donné une belle renommée : « La voie ouverte vers la paix et la prospérité ». Étrange, le Christ n’y est jamais cité, mais à quoi bon, puisque on parle de paix, de fraternité, de solidarité ? Le Card. Archevêque de Bologne J. Biffi, lors d’une conférence en 2000 sur l’œuvre de Soloviev, décrivait l’Antichrist comme (étant sans doute) un « spiritualiste convaincu, un pacifiste, un végétarien, probablement animaliste, féru en exégèse et expert en œcuménisme, très tolérant face au mal qu’il incarne, capable de dialoguer avec éloquence, avec une fausse douceur et une sagesse trompeuse… ». Soloviev a eu la clairvoyance de voir se dessiner une forme de Christianisme sans le Christ, ou avec un Christ déformé, provoquant une apostasie qui éviderait le message évangélique de sa substance au profit d’une éthique, d’un « amour de l’humanité » qui se présenterait comme un ensemble de valeurs « chrétiennes ». Dans le Court Récit, nous voyons le starets Jean répondre ainsi à « l’Antéchrist » : « Ce que nous avons de plus cher dans le Christianisme, est le Christ lui-même, et tout ce qui vient de Lui, puisque nous savons qu’en Lui demeure corporellement la plénitude de la divinité ». Oui, ne nous laissons pas entraîner par « une foule de maîtres, par la démangeaison d’entendre du nouveau » (2Tm 4,3), suivre son temps, comme on dit, alors qu’il faut suivre le Christ. Surtout, ne nous forgeons pas un Christianisme sans le Christ, une Foi à la carte, en lui substituant un ensemble de « valeurs » qui ne seraient que de vagues idéaux humains. L’Évangile lui-même peut devenir une sorte de théorie sur la paix, sur le bonheur, sur la solidarité etc. Le grand Chesterton dit que « Le monde moderne est plein d’anciennes vertus chrétiennes devenues folles. Elles sont devenues folles, parce qu’isolées l’une de l’autre et parce qu’elles vagabondent toutes seules ». sorte de théorie sur la paix, sur le bonheur, sur la solidarité etc. Le grand Chesterton dit que « Le monde moderne est plein d’anciennes vertus chrétiennes devenues folles. Elles sont devenues folles, parce qu’isolées l’une de l’autre et parce qu’elles vagabondent toutes seules ». Or, « La sagesse du monde, Dieu ne l’a t’il pas rendu folle. (lCr 1,20). Benoît XVI, qui cite Soloviev, nous éclaire : « L’interprétation de la Bible peut effectivement devenir un instrument de l’Antéchrist. Ce n’est pas seulement Soloviev qui le dit, c’est ce qu’affirme implicitement le récit même des tentations du Christ. Les pires livres qui détruisent la figure de Jésus, qui démolissent la foi, ont été écrits avec de prétendus résultats de l’exégèse » (Jésus de Nazareth, p.57-58). Au départ, « l’Antéchrist » montre seulement son désaccord sur l’enseignement du Christ, en disant « que son moralisme a divisé les hommes entre le bien et le mal. », ensuite, il le reniera en bloc et persécutera les chrétiens sans pitié. Aujourd’hui, nous voyons en effet une inversion totale du bien et du mal, au point de penser que c’est Dieu qui persécute le pauvre Satan.

Ce beau passage de l’œuvre de Soloviev est pour nous très éclairant : « Il y a donc la paix bonne, la paix chrétienne, fondée sur cette division que le Christ est venu apporter sur la terre, précisément entre le bien et le mal, entre la vérité et le mensonge. Il y a aussi la paix mauvaise, la paix du monde, fondée sur un mélange ou sur une union extérieure de ce qui est intérieurement en guerre avec lui-même ». Voilà pourquoi Jésus a dit : « Je ne suis pas venu apporter la paix mais le glaive » (Mt 10,34) ; ou encore : « Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division » (Lc 12,51) ; St Paul ajoute : « Quelle communion de la lumière avec les ténèbres ? Quel accord du Christ avec Satan ? » (2Cr 6,14- 15). Il faut toujours discerner le vrai Bien : car le « bien » qui rend vaine la Croix du Christ, vaine la Foi en la Résurrection, vaine la Révélation divine, est FAUX ! Car, « nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les nations païennes » (1Cr 1,3).

« L’Antéchrist » étendra son pouvoir dans le monde entier et il aura même un « pape », son faux prophète. La plupart des chrétiens lui feront allégeance et apostasieront, sauf un « petit reste » de catholiques réfractaires, guidés par le Pape Pierre II. Méfiez-vous lorsqu’on parlera de gouvernement mondial, car alors, personne ne pourra s’échapper. Je ne vous raconterai pas la fin qui est très intéressante : de toute façon, ce n’est qu’un roman… Mais, rassurez-vous, l’Antichrist viendra en son temps. Cependant, avant que tout cela n’arrive, un événement est nécessaire, et c’est Paul qui en parle dans la IIème aux Thessaloniciens : il faut que celui qui retient, qui freine la venue de l’Antichrist soit enlevé. Mais de qui s’agit-il ? Nous verrons cela la prochaine fois.

En cette épreuve que nous traversons, que Dieu nous garde et nous protège.

Ce n’est qu’un récit Bon Carême à tous !

Don Carlo Cecchin, vicaire

Fév 162020
 

Noël me semble un souvenir déjà lointain, mais en fait toujours présent dans mon cœur. Les arbres de Noël, jadis si lumineux, ont été compostés : triste fin pour ce qui nous a donné un peu de joie, mais, au moins, ils serviront à fertiliser les jardins et les parcs parisiens…

L’autre jour, j’ai vu un rescapé, tout sec et nu, tristement posé à côté d’une poubelle comme une épave naufragée, les branches levées vers le ciel, tels des bras décharnés qui invoquent la miséricorde. Alors, mon cœur languit, et je me laisse envahir par le «spleen » d’hiver, et cet édito en est le fruit : que voulez-vous, on ne se refait pas !

De plus, le Mercredi des Cendres approche, Carême est aux portes, avec les affres, plus imaginaires que réelles, de la pénitence, que nous faisons peu ou prou…Oh, certes, c’est un temps de lumière, de retour à Dieu, mais, d’habitude, je ne vois pas trop d’enthousiasme autour de moi. En lisant le Catéchisme – Que ne l’aurais-je pas fait ! – je suis tombé par hasard sur un texte qui ne m’a pas tellement relevé le moral, ou peut-être, si :

« Avant l’avènement du Christ, l’Église doit passer par une épreuve finale qui ébranlera la foi de nombreux croyants. La persécution qui accompagne son pèlerinage sur la terre dévoilera le « mystère d’iniquité » sous la forme d’une imposture religieuse apportant aux hommes une solution apparente à leurs problèmes au prix de l’apostasie de la vérité. L’imposture religieuse suprême est celle de l’Anti-Christ, c’est-à-dire celle d’unpseudo-messianisme où l’homme se glorifie lui-même à la place de Dieu et de son Messie venu dans la chair. Cette imposture antichristique se dessine déjà dans le monde chaque fois que l’on prétend accomplir dans l’histoire l’espérance messianique qui ne peut s’achever qu’au-delà d’elle à travers le jugement eschatologique: même sous sa forme mitigée, l’Église a rejeté cette falsification du Royaume à venir sous le nom de millénarisme (DS 3839), surtout sous la forme politique d’un messianisme sécularisé « intrinsèquement pervers » (Pie XI, Divini Redemptoriscondamnant le « faux mysticisme » de cette « contrefaçon de la rédemption des humbles ».  L’Église n’entrera dans la gloire du Royaume qu’à travers cette ultime Pâque où elle suivra son Seigneur dans sa mort et sa RésurrectionLe Royaume ne s’accomplira donc pas par un triomphe historique de l’Église selon un progrès ascendant, mais par une victoire de Dieu sur le déchaînement ultime du mal qui fera descendre du Ciel son Épouse. Le triomphe de Dieu sur la révolte du mal prendra la forme du Jugement dernier après l’ultime ébranlement cosmique de ce monde qui passe » (CEC 675-7).

Nous pouvons trouver ce pseudo-messianisme, mâtiné de millénarisme, chez certains mouvements hérétiques, comme le Joachinisme, les Fraticelles, les Patarins, les Dolciniens et j’en passeDans l’aire protestante, il y a eu, entre autres, les Anabaptistes (Luther avait appelé à l’extermination de ceux de Münster), et toutes leurs innombrables ramifications, les évangéliques, les Témoins de Jéhovah, etc. Le fondement commun est la « sola scriptura », l’Ecriture seule, non plus lue selon l’interprétation vivante que lui donne l’Eglise, mais froide comme sculptée sur une pierre, alors que la Sainte Eglise Catholique a en son cœur le Christ vivant dans l’Eucharistie : la « Parole » qui se fait chair dans la transubstantiation.

Nous le trouvons dans certaines formes d’écologismes, et dans toutes les aberrations modernes qu’on nous fait passer pour un progrès. Vous vous imaginez ? Une vie quasi éternelle ici-bas, grâce à la science : une vieillesse qui n’en finit pas en sirotant un mauvais cocktail sur le bord d’une piscine ; c’est presque aussi ennuyeux que le « paradis » à l’américaine des Témoins de Jéhovah. Aldous Huxley, dans son roman dystopique « Le Meilleur des mondes » paru en 1932, avait pressenti ce qui est en train de voir le jour…Il y a eu aussi, surtout dans certains courants protestants, la quête d’une espèce de terre promise ou d’une nouvelle Jérusalem utopique, qui ne peut pas exister ici-bas, mais seulement la Jérusalem céleste à la Parousie.

On peut même dire que depuis la fondation des États-Unis il y a une espèce de pseudo-messianisme religieux qui au fils du temps s’est sécularisé, se melant avec la politique et la finance. Mais, nous pouvons trouver aussi cette tendance chez les puissants de ce monde, comme des chefs d’état (je ne fais pas allusion à celui que vous pensez…), des hommes très riches et puissants qui manipulent les médias, l’opinion publique, ou même les consciences, sans que nous nous en rendions compte, les prophètes annonçant des mondes utopiques. 

Il y a trois ans j’avais fait un édito sur le roman prophétique « Le Maître de la terre » (1907) de R.H. Benson, fils d’un archevêque de Canterbury, converti au catholicisme et devenu prêtre, qui décrivait justement un président très populaire qui, ayant pacifié la terre entière et donné une prospérité sans pareil, avait proscrit toutes les religions, dont le christianisme, se faisant adorer comme Dieu. Ce roman, lui aussi dystopique, se termine au moment même où l’Eglise, réduite à quelques individus, dont le Pape, s’était réfugiée à Nazareth et allait disparaître : on entendait déjà le vrombissement des bombardiers (qui n’existaient pas à l’époque du P. Benson), arrivant pour en finir définitivement avec l’Eglise, et c’est à ce moment suprême que les trompettes du Jugement dernier retentissaient. Le roman s’arrête là…

Oui, le triomphe ultime et la gloire sera celui du Christ au Jugement dernier, et ce sera aussi la fin des temps et de l’histoire. Ici-bas, il n’y aura jamais un Royaume de Dieu, sinon sous la forme de l’Eglise visible, voulue par Jésus, et qui existe aussi dans notre âme par la Grâce. Car, une autre erreur néfaste serait celle de croire à un Royaume de Dieu, à une Eglise purement spirituelle, hors de l’Histoire, totalement invisible, sans rites ni dogmes, rien qu’une simple expérience religieuse immanente !

Jésus est un fait historique, en dehors de moi, et qui en même temps vit en moi. S’il y a donc un Jésus objectif, on ne peut pas croire « selon moi », comme on entend si souvent, mais « selon Lui », c’est-à-dire le Christ. Autrement on nierait la nature même de l’Eglise, qui vit, croit, lutte et espère dans le monde présent, dans l’Histoire, et non pas dans un monde éthéré, imaginaire. Mais en même temps, l’Eglise transcende l’Histoire et vit déjà dans l’éternité. Autrement, on réduirait le message du Christ à des vagues « vérités » subjectives, à une simple consolation sentimentale, à une espèce de placebo spirituel, mais qui en fait est une illusion.

Si la victoire finale appartient au Christ, ne pourrions-nous pas espérer, sans tomber dans ce pseudo-messianisme, que l’Eglise puisse vaincre quelques batailles avant la Parousie ? Avoir un moment de répit et de paix, pour qu’il y ait encore une société chrétienne, le règne social du Christ Roi, qui remettrait Jésus et la loi de Dieu à l’honneur, comme au temps de la chrétienté, malgré les limites de toute société humaine composée de pécheurs, et ce en vue du salut des hommes ? Peut-être pas !  Au moins, laissez-moi rêver un peu, car il est plus facile de se sauver dans une société chrétienne et saine plutôt que dans une société qui favorise le vice. Autrement, quel sens donner aux paroles de la Sainte Vierge à Fatima : « A la fin mon Cœur Immaculé triomphera » ? A la fin du monde ? Ou bien à la fin de cette l’épreuve de la Foi que nous vivons actuellement ?

Il reste toujours l’Espérance, car son fondement est Jésus Christ lui-même ! Et cette Espérance personne ne pourra nous la ravir, à condition de rester fidèles…

A suivre…

Don Carlo Cecchin, vicaire

Jan 122020
 

En plein temps de Noël, comment ne pas nous tourner vers le mystère de l’Incarnation et la Sainte Humanité de Jésus, par laquelle il s’est rendu visible, accessible à nous tous ? Les habitants de Nazareth le connaissaient bien, et plus encore les autres enfants du village. Tout le monde le voyait jouer, aider sa maman Marie à puiser l’eau du puits, ou bien travaillant dans l’atelier de St Joseph, qu’on croyait son vrai père. Au fur et à mesure que Jésus grandissait, il paraissait comme quelqu’un de son âge, sans se montrer, apparemment, ni surdoué, ni comme une espèce de superman, ni un faiseur de prodiges, contrairement à ce que racontent les évangiles apocryphes. Le Pape Pie XII dans Mystici Corporis écrit : « Une telle connaissance toute aimante dont le divin Sauveur nous a poursuivis dès le premier instant de son Incarnation dépasse l’effort le plus ardent de tout esprit humain : par la vision bienheureuse dont il jouissait déjà, à peine conçu dans le sein de sa divine Mère, il se rend constamment et perpétuellement présent par tous les membres de son Corps mystique, et il les embrasse de son amour rédempteur…Dans la crèche, sur la Croix, dans la gloire éternelle du Père, le Christ connaît et tient unis tous les membres de son Eglise, d’une façon infiniment plus claire et plus aimante qu’une mère ne le fait avec son enfant pressé sur son sein, et que chacun ne se connaît et ne s’aime soi-même.» Jésus, pouvait-il douter d’être Dieu ? Se demander : qui suis-je ? Impossible ! Lorsque Jésus disait « je », c’était le « je suis » éternel de Dieu, il a donc toujours eu conscience de ce qu’il était, bien que ne le montrant pas, sauf une seule fois à la Transfiguration lorsqu’il a laissé transparaître sa divinité. Il faisait des miracles, certes, il accomplissait les prophéties, mais il se disait « Fils de l’homme ». De même, Marie et son époux Joseph étaient considérés comme un couple vertueux sans doute, mais pas très différents des autres, sans imaginer leur sainteté et leur grandeur. Lorsque nous pensons à Jésus, comment l’imaginons-nous ? Je pense que chacun se fait une image personnelle. Lorsque j’essaie de m’imaginer Jésus, je ne m’attarde pas sur les détails, pourtant, il ressemble aux innombrables images que j’ai pu voir, en écartant les images trop humaines, comme celle du « Christ Juge » de la fresque de la Chapelle Sixtine par Michel-Ange, apollinien par ses traits et herculéen par sa puissance, donc un peu païenne…Étrange, à la Renaissance, l’image d’Hercule avait acquis une valeur vertueuse, presque christique : c’est une licence artistique un peu poussée, j’en conviens ! C’est par les yeux de l’âme, spiritualisés donc, que je vois Jésus, ou plutôt, je le ressens comme quelqu’un d’infiniment bon et aimable. Je me réserve prochainement de faire un édito sur l’iconographie et l’aspect physique de Jésus. Bien entendu, ici je ne parle que de l’image ou du concept que je me fais de Jésus, il en va autrement de sa doctrine ou de la Foi qui, elle, est objective et donc pas du tout subjective. Au fil de la lecture des Évangiles, cette image de Jésus se révèle à chacun dans toute sa beauté surnaturelle. Saint Ambroise dit : « Abreuve-toi à l’Ancien et au Nouveau Testament ; dans l’un et l’autre tu boiras le Christ ». A travers les paroles de l’Évangile, je vois la « Parole », ou mieux, je contemple le « Verbe » éternel de Dieu dans les bras du Père ; je contemple le visage de Jésus, son regard qui se pose sur moi, plein d’amour et de miséricorde, mais à condition de me faire pauvre en esprit et petit. Alors le visage de Jésus prend forme, il m’apparaît clairement, tantôt heureux et souriant, mais toujours empreint de gravité, sans la moindre vulgarité ou banalité. Parfois, il a l’air amusé ou excédé par les propos de ses disciples, ou courroucé contre les pharisiens et les marchands du Temple ; exultant à l’approche de « son » heure, ou dans le ravissement quand il rend grâces à son Père : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits » (Mt 11,25). Les évangélistes décrivent Jésus sans complaisance, ni emphase, sans flatterie ni rhétorique, mais simplement : tout y est divin, vrai, réel, même les paraboles qui sont plus des similitudes/analogies que des simples allégories. L’Évangile de Saint Jean est davantage contemplatif. Les modernistes distinguent le Jésus de l’histoire de celui de la Foi, or Jésus, Fils de Dieu, s’est incarné dans l’histoire, dans un lieu géographique et culturel bien précis. Le Jésus de la Foi est celui de l’Histoire, comme il est aussi celui de mon histoire. On essaie aussi d’expliquer ses miracles d’une manière symbolique, voir rationaliste, de les assimilés à des mythes, d’en faire une idéalisation des premiers chrétiens trop enthousiastes et un peu illuminés. J’ai même entendu un professeur d’exégèse dire que dans les Évangiles il n’y a aucun mot que Jésus aurait vraiment prononcé, mais seulement une simple illustration de ce qu’il a pu dire. Toutes les hérésies qui ont déchiré l’Église à travers les siècles sont justement dues à la mauvaise interprétation des Écritures. Il y a par exemple l’« Adoptianisme » dans toutes ses nuances, une doctrine selon laquelle Jésus ne serait devenu le fils de Dieu que par adoption à la suite de son baptême dans le Jourdain par Jean-Baptiste. A l’opposé, il y a le « Docétisme », pour qui l’humanité du Christ n’était qu’une simple apparence. Croît-on encore que Jésus est vrai homme et vrai Dieu ? Moi, oui, autrement tout n’a plus aucun sens. En arrière-plan de Jésus, je vois toujours la Vierge Marie sa Mère, qui a formé son humanité et permis la Rédemption par son « fiat ». Où il y a le Fils, il y a aussi sa Mère. Où je veux en venir ? La Fête du Baptême du Christ, est une théophanie de la Ste Trinité. S’il faut toujours appeler les trois Personnes divines dans l’ordre : Père, Fils et Saint Esprit, il ne s’agit cependant pas d’une succession chronologique, mais logique. Le Père est la vie (Jn 5,26), le Fils, le Verbe de Dieu (Logos en grec), est la Parole de Dieu qui se manifeste. Le Père est la Vie (Jn 5,26), le Fils est la Vérité, tandis que l’Esprit Saint est Amour. Au moment du baptême on a entendu la Voix du Père indiquant son Fils bien-aimé ; Or, Jésus indique à son tour le Père : « celui qui m’a vu, a vu aussi le Père » (Jn 14,7), et entre le Père et le Fils il y a l’« Amour » qui est la IIIe Personne de la Ste Trinité. C’est ce même « Amour » des Trois Personnes qui s’est répandu aussi dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous est donné (Rm 5,5). Mystère sublime dont nous sommes participants par la grâce du baptême : Jésus, Verbe éternel, s’est incarné tout en restant dans le sein du Père, unis par l’Amour du Saint Esprit. Ainsi, à tous ceux qui accueilleront le Fils de Dieu incarné, le Père a donné le pouvoir de devenir fils de Dieu par adoption, en sachant que, dans cette étreinte éternelle entre le Père et le Fils par l’Esprit Saint, il y une place pour chacun nous, car nous sommes, nous aussi, des enfants bien-aimés en qui Dieu a mis toute sa joie ! N’est-ce pas magnifique ?

Don Carlo Cecchin, vicaire

Lectures dominicales du 12 janvier