Jan 192020
 

Mes chers frères et sœurs, dans ces débuts du temps ordinaire, la liturgie nous introduit dans la vie publique de Jésus. L’évangile de ce deuxième dimanche va tout droit au but, et nous présente Jésus comme l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. Nous connaissons très bien combien cette parole nous est très chère dans la liturgie eucharistique, au moment où est élevé le pain consacré, corps du Christ offert pour nous sauver. Dans cet évangile, tandis que nous sommes à l’aube de la vie publique du Christ, Jean Baptise nous annonce déjà la Pâques du Seigneur.

C’est une annonce qui vient après celle du Père, que nous avons entendue le jour du Baptême de notre Seigneur : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en lui j’ai mis tout mon amour » (Mt3,17). Par ces paroles nous avons pu expérimenter combien Dieu le Père Lui-même, souligne la relation étroite qui existe entre les deux Personnes de la Très Sainte Trinité, qui se communiquent éternellement dans leur Union intime qu’est le Saint Esprit. Le Christ est l’Adoration parfaite du Père qui, face à l’excellence de la Sainteté infinie, répond adéquatement à sa perfection. Et Dieu se repose parce qu’Il est adoré par la créature comme Il le mérite infiniment et éternellement.

Par l’excellence inépuisable de sa sainteté, face à cette Sainteté offensée et outragée par le péché des origines, Jésus, en tant que manifestation amoureuse de Dieu, est prêt à réparer tout ce qui a été ravagé par cette rébellion humaine, notamment la relation humano-divine. Par son offrande, acte suprême d’adoration expiatoire, Il est la Réponse qui, comme victime sanglante, satisfait adéquatement à la sainteté du Dieu trois fois Saint offensée. C’est ce que nous lisons dans le livre de l’Apocalypse (5,12), où le thème s’amplifie et se développe. Le Christ y est présenté comme l’agneau immolé pour le salut du monde. Il porte les marques de son supplice, mais il est debout, triomphant, car il a bien terrassé le mal.

A chaque eucharistie, nous sommes invités aux noces éternelles, celles qui unissent la créature à l’amour débordant et transformant de son Créateur et Sauveur par une communion : Heureux les invités au festin des noces de l’Agneau ! (Ap 19,9)

« Âme du Christ, sanctifie-moi, Corps du Christ, sauve-moi, Sang du Christ, enivre-moi, Eau du côté du Christ, lave-moi… » Amen

Père Dieudonné Maniraguha, vicaire

Lectures dominicales du 19 Janvier

Jan 052020
 

En ce dimanche de l’Epiphanie, nous continuons notre méditation sur le grand mystère de l’incarnation de notre sauveur. Cette fête nous montre en particulier la destination et la signification universelles de la naissance du Christ. Se faisant homme dans le sein de Marie, il est venu non seulement pour le peuple d’Israël, représenté par les pasteurs de Bethléem, mais également pour l’humanité tout entière, représentée par les mages.

Arrivés de l’Orient à Jérusalem, nous dit l’Evangile, les mages demandent : « Où est le roi des juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui » (Mt2,2). A travers cette question on entend que les mages étaient à la recherche de la véritable lumière, qui soit en mesure d’indiquer la voie à parcourir dans la vie. La manière de mieux connaître ces mages et de comprendre leur désir de se laisser guider par les signes de Dieu est peut-être de s’arrêter pour analyser ce qu’ils trouvent, sur leur chemin, dans la grande ville de Jérusalem.

Ils rencontrèrent tout d’abord le roi Hérode, qui, lui aussi, fut intéressé par l’enfant. Mais pas dans le but de l’adorer, comme il veut le laisser croire en mentant, mais pour le supprimer. Il voyait dans cet enfant un rival à combattre. Et voilà que Dieu devient rival de l’homme ! En quel sens ? C’est simple : Dieu, aux yeux d’Hérode, est un rival particulièrement dangereux, car il vient priver les hommes de leur espace vital, de leur autonomie, de leur pouvoir ; un rival qui indique la route à parcourir dans la vie et qui empêche ainsi de faire tout ce que l’on veut.

Hérode entend en vain de ses experts en Ecritures Saintes les paroles du prophète Michée (5, 1), car son unique pensée est le trône. Il nous est très peu sympathique et le jugeons instinctivement de façon négative en raison de sa brutalité. Mais nous devrions nous demander : peut-être existe-t-il quelque chose d’Hérode en nous ? Peut-être nous aussi, parfois, voyons-nous Dieu comme un rival ? Peut-être nous aussi sommes-nous aveugles devant ses signes, sourds à ses paroles, parce que nous pensons qu’il pose des limites à notre vie et ne nous permet pas de disposer de notre existence à notre gré ? quand nous voyons Dieu de cette manière, nous finissons par être insatisfaits et mécontents. Pour nous, au contraire, Dieu est l’amour tout-puissant qui n’ôte rien, qui ne menace pas. Il est l’Unique capable de nous offrir la possibilité de vivre en plénitude, d’éprouver la vraie joie.

Les Mages rencontrent ensuite les savants, les théologiens, les experts des Saintes Ecritures, qui sont donc une aide précieuse pour ceux qui veulent parcourir la voie de Dieu. Toutefois, comme l’affirme saint Augustin, ils aiment être des guides pour les autres, ils indiquent la voie, mais ils ne marchent pas, ils restent immobiles. Pour eux, les Saintes Ecritures deviennent une sorte d’atlas à lire avec curiosité, un ensemble de paroles et de concepts à examiner et sur lesquels discuter doctement. Mais nous pouvons à nouveau nous demander : n’existe-t-il pas aussi en nous la tentation de considérer les Saintes Ecriture, ce trésor très riche et vital pour la foi de l’Eglise, davantage comme un objet d’étude et de discussion des spécialistes, que comme le Livre qui indique la juste voie pour parvenir à la vie ?

Le parcours des mages doit être le nôtre dans la marche vers Dieu. Poussés par le désir de voir Dieu, une escale à Jérusalem est indispensable, pour nous mettre à l’écoute des Ecritures, car seules peuvent nous indiquer la voie. C’est pourquoi d’ailleurs qu’à ce niveau l’étoile a disparu, car la Parole de Dieu est la véritable étoile qui, dans l’incertitude des discours humains, nous offre l’immense splendeur de la vérité divine. Avec discernement, nous devons continuer notre marche vers Bethléem, pour pouvoir adorer le Dieu fait chair. Aujourd’hui, il nous attend 24heures sur 24heures au pied du tabernacle, pour lui offrir, dans une pieuse adoration, l’encens, l’or et la myrrhe, qui symbolisent la prière, la grandeur et la finitude de l’homme. Il nous attend aussi pour nous laisser détourner, en prenant un autre chemin (changement de vie, lié à la rencontre avec Dieu), pour éviter la confusion, et les discussions frivoles sur la vérité de Dieu. Ainsi pourrons nous aussi devenir des étoiles pour les autres, reflet de cette lumière que le Christ a fait resplendir sur nous. Amen.

Père Dieudonné Maniraghuha, vicaire

Lectures dominicales du 5 Janvier

Déc 072019
 

Réjouis-toi Montagne dont la hauteur dépasse la pensée des hommes Réjouis-toi Abîme à la profondeur insondable même aux anges Réjouis-toi tu deviens le Trône du Roi
Réjouis-toi tu portes en ton sein Celui qui porte tout

Avec ces paroles de l’hymne acathiste de la tradition orientale, j’ai voulu parler du mystère de l’Immaculée Conception, selon lequel nous affirmons que la Vierge Marie a été préservée intacte de toute souillure du péché originel. En effet, la célébration de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, qui va avoir lieu lundi le 09 décembre (la date habituelle du 08 décembre est tombée le dimanche et les dimanches nous célébrons la Pâques du Seigneur, fête liturgique par excellence), nous introduit dans la contemplation de la victoire de l’Amour de Dieu, réalisé dans la personne de la Vierge Marie. Dieu Lui-même a pris l’initiative. C’est lui, qui de manière inattendue, fait irruption chez la jeune fille de son choix par l’intermédiaire de l’ange Gabriel. Marie, la première sauvée, ouvre un Chemin nouveau qui nous mène à la porte du Royaume.

En considération des mérites du Christ, elle a été rachetée de façon éminente (LG 53). Plus que toute autre personne créée, le Père l’a  » bénie par toutes sortes de bénédictions spirituelles, aux cieux, dans le Christ  » (Ep 1, 3). Il l’a  » élue en Lui, dès avant la fondation du monde, pour être sainte et immaculée en sa présence, dans l’amour  » (cf. Ep 1, 4)

Elle est sublime, la Très Sainte Vierge Marie, car cette préparation lointaine l’a rendue capable de contenir en son sein de Mère, le moment du grand mystère de l’Incarnation, que la terre ne peut contenir, en sa grandeur, à cause de l’immense réalité qu’il renferme. En son sein, elle contemple le mystère transcendant du don de Dieu à l’homme, par l’union hypostatique de la nature divine et de la nature humaine en la personne du Verbe, si bien que, en elle et par elle, Dieu s’est fait Homme sans cesser d’être Dieu, et l’Homme est devenu Dieu sans cesser d’être homme.

Par conséquent, il convient d’affirmer qu’il n’y a pas de créature capable de contenir en son sein le mystère de Dieu, si Dieu Lui-même avec la souveraineté de son pouvoir infini, la pénétrant de sa sagesse, ne la soutient par sa force. Et Dieu a créé Marie pour qu’Elle prenne une part active au mystère de l’Incarnation. (Jn1, 14)
Merci, Seigneur, de nous avoir donné une Mère, grâce à laquelle nous sommes capables d’entrer dans le grand moment de l’Incarnation. Par ce mystère, nous pouvons entrer dans tous les autres mystères qui, donnés par Toi, sont dans le sein de notre Sainte Mère l’Église remplie et comblée de Divinité.

Père Dieudonné Maniraghuha, vicaire

Lectures dominicales du 8 Décembre