Fév 122011
 

Les « dix commandements » est le texte le plus connu de l’Ancien Testament. La Bible raconte que ces commandements étaient gravés sur deux tables de pierre. La première table avait été gravée par la main de Dieu lui-même. C’était la proclamation du monothéisme.

Cinq articles : Dieu seul est Dieu – rejeter les idoles – adorer le Nom de Dieu – lui consacrer le septième jour –aimer ses parents c’est honorer Dieu.

Moïse de colère a brisé cette table quand il a vu les hébreux retourner à leurs idoles. Les juifs disent que Dieu, avec patience, a gravé de nouveau la première table. La deuxième table a été gravée par Moïse lui-même. Elle contient les cinq décisions qu’il faut prendre pour obéir à la première table : pas de meurtre – pas d’adultère – pas de mensonge – pas de vol – pas de convoitise. Si l’on contrevient à l’un de ces commandements, c’est qu’on rejette la première table. On porte atteinte à Dieu lui-même. Tuer c’est détruire  la vie que Dieu a voulue. L’adultère détruit l’amour que Dieu a mis en chacun de nous. Le faux témoignage détruit la confiance entre nous. Le vol et la convoitise détruisent la générosité et la gratuité qui sont des dons de Dieu.

Jésus ouvre une troisième table de « commandements » les Béatitudes et les commentaires qui suivent ne remplacent pas Moïse. Jésus n’a rien à ajouter aux commandements de Moïse mais il va leur donner une nouvelle plénitude. Et lui, Jésus, il le fait avec assurance et une autorité bien plus grandes que Moïse. Jésus nous fait entrer dans le mystère de nos pensées secrètes. Il ne faut pas tuer bien sûr, mais le meurtre commence quand nous acceptons la colère au fond de nous-mêmes. Jésus va jusqu’à dire que la réconciliation est plus importante que le culte. La présence de Dieu n’est plus dans les actes extérieurs mais au fond de notre cœur. Comme si Dieu, au-dedans de nous-mêmes souffrait de nos mauvaises décisions. Dans le regard porté sur l’autre tout se joue. Désirer, convoiter, c’est vouloir s’emparer de l’autre comme d’une chose.

L’œil c’est la décision et la main c’est le passage à l’acte. Dans la fidélité entre nous il y a la fidélité de Dieu. Il faut la respecter comme on respecte Dieu. Il y a ensuite le problème du serment. La vérité de la parole donnée. Il ne faut pas la camoufler avec toutes sortes de formules. (La « langue de bois »). Dieu voit ce qui se cache derrière nos réponses et nous espérons que dans sa miséricorde il arrange les retombées de nos mensonges.

La première table nous demande de mettre Dieu au dessus de tout. La deuxième table nous donne les conditions d’une vie en société. Jésus ouvre une troisième table, ou plutôt la table qui nous rend capables de vivre un peu comme Dieu.

Père George PERIE

Lectures du dimanche 13 février 2011

Jan 292011
 

Il est habituel et presque convenu de remarquer que les béatitudes viennent renverser notre logique terrestre. Le Seigneur nous promet le bonheur là où nous ne l’attendons pas, jusque dans les persécutions et les insultes. Si nous lisons plus attentivement, nous pouvons y reconnaître un portrait du Christ. C’est bien lui qui est pauvre de coeur, qui est doux, qui pleure sur Jérusalem… Et nous sommes heureux, c’est-à-dire que nous entrons sur le chemin du salut et de la vie véritable, si nous commençons à lui ressembler.

Pour ressembler au Christ, il ne suffit pas d’une imitation extérieure. Il faut être plein de lui et pour être plein de lui il faut être vide de nous. « Regardez bien : parmi vous, il n’y a pas beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni de gens puissants ou de haute naissance ». « Israël, je ne laisserai subsister au milieu de toi qu’un peuple petit et pauvre, qui aura pour refuge le nom du Seigneur ». Dieu aime les humbles, ceux qui se souviennent qu’ils ne sont que poussière, parce qu’en eux il peut demeurer et agir. Il ne s’agit pas de mépriser la vraie sagesse, ni les talents que nous avons reçus, mais de nous souvenir que, sans la présence et la puissance de Dieu, tout cela n’est rien.

Dieu est poli, il vient occuper en nous la place que nous voulons bien lui laisser. Tant que nous nous appuyons sur nous-mêmes, sur nos richesses et nos forces, tant que nous sommes pleins de nous-mêmes, il se tient au seuil et il attend. Nous devenons comme des arbres sans racines, comme des vitraux que ne vient pas toucher la lumière. L’orgueilleux est un mort vivant.

Le jour de la colère de Dieu ne sera pas seulement la séparation finale entre nous, il s’exerce déjà en nous. Nous avons, jour après jour, à accepter que le Christ Jésus soit notre sagesse, notre justice, notre sanctification, notre rédemption. Nous avons à mettre de côté notre ego pour laisser la place à sa présence. N’ayons pas peur, il se rendra vraiment présent et, sans que nous sachions toujours comment, nous lui ressemblerons de plus en plus. Nous participerons au mystère de la Croix et nous serons heureux.

Abbé Armel d’Harcourt

Lectures du dimanche 30 janvier 2011