Nov 302019
 


Le passage d’une année liturgique à une autre est un bouleversement apocalyptique

En effet, dimanche dernier, nous célébrions la royauté du Christ Roi. C’était une fête pour toute l’Église de voir enfin le Fils de Dieu exercer un gouvernement de justice et de paix sur l’univers entier ! Et nous aurions voulu pouvoir rester plus longtemps dans la contemplation d’un si beau mystère.
Mais voilà que la liturgie nous secoue, et nous avertit de ne pas nous endormir. Au contraire, sortons de notre sommeil. Car le Roi qui doit venir, celui qui vient, nous est encore bien lointain ! Certes les prophètes l’ont vu, et nous portons chacun la lumière de la Foi. Elle nous permet de ne pas trébucher sur le long chemin qui s’ouvre devant nous. Mais si nous voulons à nouveau rejoindre Notre Seigneur Jésus Christ, il nous faut d’abord considérer, avec courage, combien nous sommes loin de lui.

Le temps de l’Avent est une grâce particulière de Dieu. Au lieu de venir par surprise, le Seigneur nous préviens de sa venue. Il nous offre, dans sa miséricorde, l’occasion de nous apprêter à le rencontrer.
Nous voudrions déjà être rassemblés, en famille ou en paroisse, en société ou au coeur de nos amitiés, autour de la douceur du nouveau-né. Mais n’allons pas trop vite. Respectons le temps de l’Église, qui est fait pour nous, et utilisons-le au mieux pour faire notre propre examen de conscience, et pour aller retrouver la paix dans le sacrement de la confession.

Car s’il est vrai que chacun se réjouit déjà de voir briller sur son visage la lumière du sourire de l’enfant et de sa mère, qui voudrait arriver à la crèche tout seul ? L’Avent n’est-il pas un temps de réconciliation ? Un temps pour dire à son frère : « Allons à la montagne du Seigneur »

! Et pour y aller ensemble, sur l’unique chemin que Dieu nous indiquera.
Ce désir d’avancer en compagnie de nos frères est un don pour nous. Dieu nous fait ainsi ressembler davantage à son Fils. C’est aussi en nous un don pour tous les hommes, particulièrement ceux que nous rencontrons au quotidien et qui ne sont pas chrétiens. Ceux aussi dont la peur crée des divisions dans le pays. Le peuple des croyants est appelé, par l’annonce de la venue du Messie, à rayonner par son comportement, et à éclairer tous les hommes, de toutes les nations.
Noël vient, et nous irons à la crèche. Mais nous n’y déposerons, au pied du divin Roi, que ce que nous choisissons dès maintenant de lui apporter comme présent.
Que l’Esprit Saint, qui est notre vie, nous désigne ceux que nous aurons à appeler, à porter ou à suivre, et toujours à aimer, pour qu’il ne manque personne à l’arrivée.

Bon courage, et bonne route !

Père Louis Corpechot, vicaire

Lectures dominicales du 1er Décembre