Sep 292019
 

Le projet de loi permettant l’usage de la procréation médicalement assistée, PMA appelée encore AMP, aide médicale à la procréation, a été adopté à l’Assemblé Nationale. La gestation pour autrui, GPA, reste en discussion.
Ils soulèvent l’enthousiasme de ceux qui voient enfin reconnue l’égalité homme-femme avec la possibilité de porter « un projet parental » librement choisi. Pour eux, l’enfant est un « dû absolu » autorisant tous recours aux techniques biomédicales (PMA) ou êtres humains (GPA). Point question de reconnaître le droit de l’enfant d’avoir un père et une mère et de connaitre son origine.

A l’opposé, nombreux* sont ceux qui expriment leur inquiétude de voir l’enfant devenir l’objet de manipulations qui s’apparentent, selon les Evêques de France, « à une fabrication, une marchandisation ou à une instrumentalisation d’un être humain au service d’autres êtres humains ou encore au service de la science ou de la société »**. Pour eux l’enfant est un don, le fruit espéré et attendu d’un amour exprimé dans le don total de soi d’une union charnelle ouverte à la vie. Ils ont souci que l’enfant soit traité comme une personne.

L’Académie de Médecine***, a également exprimé ses réserves… Elle y voit « une rupture volontaire d’égalité entre les enfants. A ce titre, la conception délibérée d’un enfant privé de père constitue une rupture anthropologique majeure qui n’est pas sans risques pour le développement psychologique et l’épanouissement de l’enfant ».

Pour nous chrétiens, cet évènement confirme la prophétie du pape Paul VI dans son encyclique Humanae vitae rédigée dans le jeûne et la prière. Le recours à la contraception mécanique ou médicamenteuse, en ouvrant une brèche dans le barrage que forment les fondements de la dignité de l’être humain, provoquerait un tsunami : avortement, euthanasie, suicide médico assisté, divorce, pacs, mariage pour tous, et maintenant eugénisme, PMA et bientôt hélas de la GPA, réalités déjà existantes que la loi ne vise qu’à encadrer.

« A ceux qui appellent le mal bien et le bien mal. » (Is 5, 20), l’Eglise annonce la Vérité et exerce la miséricorde de Dieu.
A ceux qui souffrent de ne pas avoir d’enfant, elle propose un chemin de don de soi différent.
A ceux qui souffriront de l’absence de père, elle guérira leur cœur en leur révélant qu’ils ont un Père céleste qui jamais ne les abandonnera, que ce Père est Notre Père faisant de nous des frères. L’amour du Christ ressuscité fonde la fraternité humaine plus forte que l’isolement psychologique dans lequel sont placés ceux qui cherchent le bonheur dans ces voies.

Pour beaucoup, dimanche 6 octobre, nous manifesterons. Surtout nous prierons et demanderons la grâce de l’amour mutuel et de l’unité qui fait apparaître le Christ qui seul illumine et donne la vraie consolation.

Père Stéphane Biaggi, curé

*Voir les résultats du rapport des Etats généraux de la bioéthique par internet.
**La dignité de la procréation : réflexion sur la PMA des Evêques de France pour la révision de la loi de bioéthique Edition Bayard, cerf, Mame qui inspire cet éditorial.
***Rapport sur le projet de loi de bioéthique de l’Académie de médecine.

Lectures dominicales du 29 Septembre