Oct 062019
 

Le temps passe vite depuis la rentrée ! La quantité de choses à faire, à entreprendre, à recommencer est telle que le corps atteint rapidement sa limite. Combien d’entre nous éprouvent durement le retour, encore raisonnable, de la saison froide, elle qui vient comme « agrémenter » des semaines bien chargées ? Combien de familles ont retrouvé la joie si particulière d’expérimenter tour à tour tel virus ou telle infection ? Même votre modeste serviteur a essayé la grippe, bien involontairement, et sans que cela n’entame son bonheur d’avoir repris le service.
Ces maladies et autres contrariétés de la vie des êtres humains, créatures à la fois spirituelles et corporelles, ont l’avantage de nous rappeler que nous ne sommes pas tout-puissants, et que nous devons plus nous fier à la Providence de Dieu qu’à nos propres forces. Elles nous rappellent si bien à l’humilité que notre orgueil refuse la maladie, que ce soit chez nous ou chez un autre. Parfois même le malade, alors qu’il a le plus besoin de l’aide de ses frères, refuse de révéler sa faiblesse.

Ainsi l’humanité blessée par le péché a le plus grand mal du monde à envisager les malades. Un exemple de cela nous est donné dans la vie de Sainte Odile : son père Aldaric, qui attendait un fils premier-né, voulut tuer la petite fille, aveugle de naissance. Odile ne fut sauvée que grâce aux supplications de sa mère Béreswinde.

Cette histoire nous semble bien barbare, et pourtant, c’est contre ce même refus de la faiblesse et de la maladie que des milliers de personnes vont descendre dans la rue. Car s’il est vrai que la manifestation de ce dimanche voudrait préserver la filiation humaine en protégeant le droit des enfants à naître d’un père et d’une mère, il est vrai aussi que les bouleversements sociétaux contemporains sont travaillés de l’intérieur par un délire de toute puissance. L’industrie de la procréation médicale n’aurait pas les moyens financiers qui sont les siens si personne ne voulait acheter ses services. Et que vend-elle ? Elle vend la possibilité de choisir d’avoir un enfant sans maladie. Elle offre la possibilité d’empêcher sainte Odile de naître, elle et tous ses frères malades et handicapés.

Or, pour citer la Règle de saint Benoit : « Avant tout et par-dessus tout, on prendra soin des malades, et on les servira comme s’ils étaient le Christ en personne ; car c’est Lui-même qui a dit : “ J’ai été malade et vous m’avez visité ”, et encore : “ Ce que vous avez fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait. ” ».

Dans le baptême se trouve la guérison. Au moment où l’eau coula sur son front, Odile ouvrit les paupières… elle voyait ! À nous d’ouvrir les yeux sur la réalité de la présence de Jésus dans les pauvres et les petits. À nous de demander dans la prière, par l’intercession de sainte Odile, ou en allant à sa rencontre en Alsace au cours du pèlerinage paroissial, la grâce de Le voir dans nos frères avec les yeux de la Foi.

Père Louis Corpechot, Vicaire

Lectures dominicales du 6 Octobre