Avr 062019
 

Vous qui pleurez, venez à ce Dieu car il pleure ; Vous qui souffrez, venez à lui car qu’il guérit ; Vous qui tremblez, venez à lui car il sourit ; Vous qui passez venez, à lui car il demeure.
Victor Hugo (Les contemplations)

Dieu, nous le savons, sera toujours en mesure de tirer l’homme du plus profond de son désespoir et de ses plus profondes détresses. Il pourra invariablement ramener sur des chemins de Vie quiconque met sa foi et sa confiance dans son amour compatissant. Voilà pourquoi le Seigneur ne fera jamais l’impasse, ni sur la vérité de la condition humaine pécheresse, ni sur la charité sans laquelle il n’existerait pas de pardon possible. En effet, l’objectivité de la situation peccamineuse ne peut être mise de côté pour ne parler plus que de charité et de pardon. Jésus n’est pas venu pour dire que le péché n’existe plus et que tous sont pardonnés sans n’avoir plus rien à faire. Nous le savons nous-mêmes, pour l’expérimenter toutes les fois où nous allons nous confesser, c’est l’aveu de nos fautes qui permet d’appeler sur nous le pardon divin. Sans aveu ni contrition véritable, ce pardon, s’il est quand même donné, ne produira que peu de fruits.

En faisant droit tant à la vérité qu’à la charité, nous aurons ainsi non seulement rendu service à l’amour illuminé par la vérité, mais nous aurons également rendu crédible la vérité en montrant son pouvoir d’authentification et de persuasion dans le concret. La charité, l’amour de Dieu pour nous, n’est donc pas une faiblesse qui tournerait à un laisser-aller ou à un laisser faire insupportable. Pas plus d’ailleurs que la vérité ne constitue une violence qui viserait à soumettre et à imposer. Le Seigneur ne vient pas supprimer l’adultère au motif qu’il ne saurait être surmonté.

Non, Jésus n’est pas venu amoindrir les exigences de la loi, mais il est venu nous donner la grâce afin que nous l’accomplissions en plénitude. Et cette vérité de la loi ne pourra être vécue que dans la charité et la miséricorde. La charité est en effet un amour reçu et donné. Elle est grâce. Sa source est l’amour jaillissant du Père pour le Fils dans l’Esprit-Saint. C’est un amour créateur, qui nous a donné l’existence. C’est un amour rédempteur qui nous a recréé. Et cet amour, parce qu’il est Vérité, se joue des sophismes humains, qu’ils soient relativisme ou purement légalisme. Il vient déjouer les constructions de ceux qui se croient à l’abri du péché parce qu’ils se sont édifiés une morale à leur niveau.

Mais, qui que nous soyons, et quel que soit le stade de notre conversion, nous pouvons par cet exemple de la femme adultère de l’évangile nous approcher de Jésus. Il se laisse toucher, encore aujourd’hui par les pécheurs que nous sommes tous. Il ne se donne cependant qu’à ceux qui se reconnaissent comme tels. Il ne console que ceux qui pleurent leur péché et leur mal. Il ne se réjouit qu’avec ceux qu’Il a sauvés. Il ne demeure véritablement qu’avec ceux qui L’aiment.

Abbé Alexis de Monts, vicaire

Lectures dominicales du 7 Avril