Nov 142020
 

Chers paroissiens, les jours passent, on se voit virtuellement, et pour la plupart d’entre vous, l’adoration tous les après-midis est devenue un rendez-vous irremplaçable. Ce titre, me paraît bon pour vous souhaiter la paix et une bonne santé. C’est vrai que nous traversons des moments difficiles. Ils ne nous laissent pas indifférents aux questions que le monde entier se pose. Ce confinement qui s’invite dans notre quotidien en y demeurant sans nous prévenir est une épreuve qui veut nous faire accepter l’impensable : la suspension des messes publiques ! Cela n’a-t-il pas déjà réussi à fragiliser la foi de pas mal de nos frères et sœurs ? La crise diplomatique à laquelle nous avons assisté la semaine dernière sur cette question, entre l’autorité gouvernementale et ecclésiastique, restera inoubliable ! En effet, quand cette rencontre physique avec notre Seigneur dans l’Eucharistie, en respectant strictement les mesures sanitaires, sera-t-elle comprise comme un besoin essentiel, voire indispensable ? Comment mettre au même niveau le télétravail et la « télé liturgie », alors que le mode de fonctionnement et la finalité sont largement différents ? En tout cas, pour le prêtre que je suis, et pour tout chrétien, comme le dit saint Paul, « vivre c’est le Christ » (Ph1,21). En l’occurrence, la loi civile ne suffit pas pour trancher cette polémique. Il faut bien sûr avoir une foi enracinée au cœur de l’Église, pour souscrire à cette conviction paulinienne. Cependant, hors de question de porter un jugement sur les mesures sanitaires, la confiance dans les décisions des experts nous impose le respect à leur égard. Mais, si nous considérons les êtres humains comme des êtres de relation, il y a lieu d’affirmer que le confinement est une épreuve pour nos liens fraternels et notre relation à Dieu.

C’est pourquoi il est grand temps de prier en esprit et en vérité ! Main dans la main, présents au Christ vivant, prions pour l’Église, en même temps renouvelons sans cesse notre amour et notre fidélité envers elle. Le pape saint Paul VI disait qu’il aimait l’Église au point de vouloir constamment la serrer dans ses bras, l’embrasser, l’aimer. Outre ces considérations essentielles, les moments de troubles comme ceux-ci sont pour nous une occasion de contempler la beauté de l’Église qui transparait sur tout visage défiguré par la souffrance. C’est à travers cette métaphore très sensible qu’elle ressemble le plus au plus beau des enfants des hommes, qui l’a engendrée de son côté transpercé. Cette relation intime, sponsale, fait de l’Église le Corps Mystique du Christ, l’ennoblit et fait d’elle une Reine parée de joyaux, en vertu de la nature et grandeur de son Époux. Embrassons-la, comme le dit le pape saint Paul VI. En effet, remplie et débordante de merveilles, elle nous abreuve à la source divine.

Bon dimanche à toutes et à tous

Père Dieudonné Maniraguha