Mai 252019
 

Aujourd’hui, vous allez recevoir pour la première fois le Seigneur dans le saint sacrement de l’eucharistie. C’est évidemment un événement d’importance, pour lequel vous vous êtes préparés avec attention. Vous avez pris le temps de faire sa connaissance, vous lui avez parlé de nombreuses fois dans le recueillement de la prière. Vous avez écouté attentivement sa Parole, et maintenant qu’une amitié s’est nouée entre lui et vous, vous avez décidé de l’inviter chez vous. Mais le Seigneur n’est pas un ami comme les autres, il est sans doute ce qu’on fait de mieux comme personne de confiance. Il ne s’impose pas, n’est jamais dérangeant, toujours à l’écoute de nos problèmes et surtout, il vous sera toujours fidèle. Toutes les fois où vous aurez besoin de lui, vous le trouverez à vos côtés. Et maintenant que vous lui ouvrez les portes de votre cœur, soyez assurés qu’il ne désirera qu’une seule chose, habiter avec vous tous les jours de votre vie. Et pour cela, il ne désire pas que vous lui construisiez un magnifique palais, tout Seigneur et Dieu qu’il soit, votre humble demeure lui suffit. Il s’agit juste de faire le ménage et de lui préparer une place avant qu’il n’arrive. Car il aura d’autant plus d’importance pour vous s’il se sait écouté, accueilli et désiré. Voilà pourquoi il convient d’avoir le cœur pur pour le recevoir. Il conviendra toujours pour vous d’être en paix avec lui, de lui avoir demandé pardon dans le sacrement de la confession toutes les fois où cela est nécessaire avant de communier. C’est la condition pour qu’il puisse porter du fruit en vous. Car il n’est pas seulement si j’ose dire l’ami fidèle qui se tiendra à vos côtés dans les joies et dans les peines, il est également le pain de la vie qui vous rassasiera de votre faim de Dieu.

L’eucharistie, le Seigneur qui se rend présent sous l’aspect du pain et du vin veut nous nourrir de sa vie qui est déjà pour nous participation à la vie éternelle. Lorsque vous êtes venus au monde, vous avez reçu de vos parents et de Dieu la vie humaine. Maintenant vous n’êtes plus des nourrissons mais vous n’êtes pas encore des adultes. Pour cela il vous faudra continuer encore à grandir. Et vous ne pourrez le faire que si vous vous nourrissez. La nourriture matérielle, les repas du matin, du midi du soir et les goûters pour les plus gourmands sont nécessaires pour votre croissance. Vous avez aussi besoin de l’amour de vos parents tout comme vous avez encore besoin de l’école afin de grandir dans votre intelligence. Autant de choses qui sont nécessaires pour faire de vous des adultes. Et quand vous n’avez pas suffisamment mangé, votre estomac se rappelle à votre bon souvenir. Quand vous n’avez pas suffisamment travaillé, ce sont les notes de votre examen qui vous le rappellent. La difficulté avec la vie chrétienne, c’est que les avertisseurs ne sont ni notre ventre ni le zéro pointé du contrôle de mathématiques. C’est ce qu’on appelle la tiédeur, c’est d’être ni chaud ni froid, c’est en fait manquer d’amour, pour Dieu et pour notre prochain. Et la tiédeur, on s’en accommode facilement, voilà pourquoi, bien souvent on ne s’en aperçoit pas. Ne pas communier tous les dimanches, c’est ainsi comme ne pas manger de toute une journée. Petit à petit sans même s’en rendre compte notre vie chrétienne va péricliter, vous aurez l’air toujours vivants, mais vous ne vivrez plus vraiment. En communiant pour la première fois aujourd’hui vous allez donc recevoir la nourriture qui vous accompagnera tous les jours. O bien sûr, certains dimanches elle vous apparaîtra assez fade, vous aurez peut- être envie d’autres choses, ou bien même vous n’aurez pas du tout faim. Cela arrivera, de vous détourner du Christ parce que vous vous direz que vous n’avez pas le temps à consacrer à la messe et que c’est plus sympa ailleurs, vous prendrez alors un sandwich de remplacement qui nourrit sur le moment, en apportant plein de sucres, donc pas toujours bon pour la santé et surtout qui vous fera avoir faim quelques temps après. Sachez cependant que ce n’est pas comme cela que Jésus vous nourrira.

Lui nous nourrit en nous aimant, en se donnant à nous. Et même si le contact avec l’hostie, qui est la présence de Jésus en nous ne dure pas, l’effet lui, c’est à dire son amour se prolonge en nous. Et même si nous ne le ressentons pas toujours, cela n’a pas d’importance, Jésus se donne même si nous ne le percevons pas dans nos sentiments. Ainsi il permet que nous sortions petit à petit de notre tiédeur, notre cœur à son contact devient brûlant, c’est à dire que notre amour se fortifie à son contact. L’eucharistie enfin nous nourrit en réparant en nous les fatigues spirituelles, les déceptions, les blessures qui viennent immanquablement. Comme le pain quotidien répare les forces physiques, la personne de Jésus répare notre amour vacillant.

Ainsi mes amis, l’eucharistie va vous devenir familière, ayez à cœur de toujours vous en rassasier, et demandez au Seigneur dans votre prière comme les disciples le firent, Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là.

Abbé Alexis de Monts, vicaire

Lectures dominicales du 26 Mai