Mai 062019
 

Première épreuve, la foi : « c’est le Seigneur ! »
Une existence sans cette certitude de foi est à l’image de ce Pierre pécheur et pêcheur qui ne s’est pas encore revêtu du vêtement de la grâce. Il est en tenu d’Adam sur un frêle esquif dans une pénombre où rien ne se distingue encore de ce rivage du salut que l’on ne veut à peine rejoindre. Mais c’est une parole, La Parole qui vient alors tout bouleverser. Elle vient rappeler à Adam combien il a faim du Verbe Divin. Et combien il est perdu loin du havre de paix que constitue la vie avec le Ressuscité. Pierre alors se doit d’enfiler les vêtements du Salut en plongeant dans les eaux de la mort pour resurgir vivant de la vie divine et atteindre les saintes berges où l’attend le festin des noces de l’Agneau. Le plongeon de l’apôtre lui donne ainsi une vie radicalement nouvelle, il est en mesure de reconnaître, même si sa foi est encore chancelante, celui qu’il va pouvoir suivre désormais. C’est la vie du baptisé qui se trouve ainsi bouleversée, au plus profond d’elle-même. Chacun d’entre nous s’en est trouvé profondément transfigurée lorsque nous avons été plongés dans la mort du Christ pour naitre de sa grâce. En quelque sorte, notre âme a ainsi touché au but.

Deuxième épreuve l’Espérance : « Jetez le filet ! »
Si nous ne renouvelons pas notre agir en le conformant sur celui du Christ ressuscité, il est plus que certain que tout ce que nous pourrons jamais faire se trouvera vide de sens comme les filets vides des apôtres. Mais si nous lui obéissons, alors le monde entier sera enserré et ramené du plus profond de la mer de la mort sur les rivages de la vie divine. Et les 153 poissons doivent nous en convaincre puisqu’ils symbolisent le nombre de nations alors connues à l’époque du Christ. Rien, ni personne ne peut être exclu du chaland de l’Eglise, quand bien même celle-ci se trouve être une pauvre barque perdue dans la tempête, le filet ne se rompra pas. Une dernière épreuve subsiste cependant, celle-là non plus de foi dans la présence du Christ ressuscité, non plus d’Espérance dans le fait que tous pourront accéder à la gloire s’ils acceptent d’entrer dans la nasse du salut, mais de charité.

Troisième épreuve : la charité : « Pierre m’aimes-tu ? »
Aux trois reniements de la passion, répondent les trois affirmations d’amour de la Résurrection. Comme si à chaque faute, à chaque péché que nous faisons, devaient correspondre inévitablement non pas seulement du repentir et de la peine, mais des actes de charité, un renouvellement de notre amour pour notre Sauveur que nous avions blessé. L’amour en effet éteint tous les feux de l’enfer. Avec le soir viennent les larmes, comme le déclare le psalmiste, mais au matin les cris de joie. C’est ainsi que toute notre vie quotidienne devrait devenir ces matins de Résurrection, où nos habits funèbres ont été changés en parure de joie. Notre existence, depuis que nous sommes baptisés, est à l’image de cette rencontre au petit matin des apôtres. La foi nous fait discerner sa présence, l’espérance nous fait comprendre que ce que nous faisons n’est pas insensé, que plus nous serons disciples du Christ plus nous porterons alors du fruit. Enfin, que notre amour pour lui et pour notre prochain dans un dessaisissement parfait nous fera devenir un autre Christ, où la mort n’aura plus de sens car nous serons déjà passés sur l’autre rive

Abbé Alexis de Monts, vicaire

Lectures dominicales du 5 Mai