Fév 222020
 

Chers frères et sœurs
Nous entrons dans une semaine où nous allons vivre des moments intenses au point de vue spirituel. Le 26 février, nous allons célébrer le mercredi des cendres ; le jeudi 27 février, nous aurons la veillée des prières de guérison et de délivrance, et le samedi 29, nous aurons une soirée d’adoration qui nous aidera à faire notre entrée en carême. Trois temps forts…, mais permettez-moi de m’arrêter plus particulièrement au deuxième, sans mauvaise volonté de sous- estimer les deux autres.

J’ai pris comme point de départ cette question : Dieu guérit-il encore ? – en vue de méditer sur le ministère de notre Sauveur désireux de guérir le monde. Cette question a été le sujet d’un colloque qui eut lieu à l’Institut Catholique de Paris du 28 au 30 janvier 2020. Lors de ce colloque, a été soulignée l’importance de la dévotion populaire contre une conception trop rationnelle de la foi chrétienne et un cléricalisme ruineux. Cependant il ne faut pas perdre de vue que le ministère de guérison est vécu, en premier lieu, chaque fois que nous célébrons le baptême, l’Eucharistie, l’onction des malades et le sacrement de la réconciliation.

Je partage l’esprit de ce colloque, car les liturgies de guérisons s’inscrivent dans l’ambiance des dévotions populaires. Cela s’explique par la mobilité du rituel, une participation importante des membres de l’assemblée, selon leurs charismes, … Ces liturgies prennent une place de plus en plus considérable dans nos paroisses, tandis que nous assistons aux progrès accélérés dans le domaine médical. En effet, à part la prise de conscience de la fragilité de notre planète, qui accompagne ces progrès technologiques, nous savons aussi que la vie chrétienne a toujours comporté un processus de guérison, car la nature humaine est, dès l’origine, affectée par le péché, « blessée dans ses propres forces naturelles »(Catéchisme de l’Eglise Catholique n.405).

Mis à part l’esprit superficiel de curiosité qui ne s’intéresse qu’aux phénomènes spectaculaires, il est certain que dans la soirée de jeudi prochain nous allons vivre « un temps fort de prière, de partage, d’offrande de la souffrance pour le bien de l’Église et un appel à tous à reconnaître dans les traits du frère malade la Sainte Face du Christ qui, par sa souffrance, sa mort et sa résurrection a opéré le salut de l’humanité » (Jean-Paul II, Lettre de création de la Journée mondiale du malade, 13 mai 1992, n. 3).

Depuis le temps de Jésus, jusqu’à nos jours, de partout on accourt jusqu’à la présence du Christ qui réveille la vie et la relève de ses défaillances. La présence de Jésus apporte à chacun un cadeau merveilleux de délivrance. Le plus petit contact physique avec Lui opère des miracles pour ceux qui s’approchent de lui avec foi (Cf. Mc6, 53-56). Son pouvoir de guérison déborde de son cœur aimant et s’étend même à ses vêtements (Cf. Mc6,56). Par la Sainte Communion, nous avons la certitude que ce contact opère des miracles dans notre vie. Nous faisons plus que toucher « la frange de son manteau », nous recevons réellement le Corps du Christ en nos corps. Saint Ignace d’Antioche voyait dans l’Eucharistie « la médecine de l’immortalité et l’antidote contre la mort qui procure ce qu’éternellement nous allons vivre en Jésus ».

Dans la pratique actuelle des prières de guérison, l’adoration du Très Saint sacrement est au cœur du déroulement. Et c’est d’une importance capitale, car dans le rayonnement de Jésus, toute personne se sent reconnue, aimée. Être guéri par Jésus dans l’Eucharistie implique de dépasser les replis sur soi. La réalité eucharistique est un remède divin contre l’individualisme et l’égoïsme qui caractérisent la vie quotidienne. Elle nous donne de découvrir la gratuité de nos relations avec le souci particulier de soulager les blessures de ceux qui sont les plus démunis. C’est souvent quand nous sommes passés par l’épreuve et le manque, que nous sommes davantage présents à la création et plus présents aussi les uns aux autres ! Nous pouvons nous « habituer » si vite à la réalité qui nous est donnée en la prenant comme un dû ! Nous oublions alors de constater qu’elle nous est offerte comme un don, tout simplement, afin de rendre grâce à Dieu et de le remercier de ses largesses et de sa protection.

Devant toutes ces merveilles, l’action de grâce ne cesse plus. Nous disons ce que nous avons vu et entendu, afin que la nouvelle de la bonté du Sauveur atteigne toutes les personnes qui ont besoin du Seigneur. C’est là le rôle des témoignages, car toutes les personnes qui ont été touchées par le Sauveur, sont appelées à leur tour à rayonner sur leur voisinage.

Pour finir, je voudrais souligner l’importance de vivre la liturgie des prières de guérisons et de délivrance avec une vision holistique sur tout ce qui est mis en jeu. Cela permettra à tous les cœurs, enraciné dans une foi profonde, de découvrir l’Amour infini de Dieu, qui réalise des merveilles et fait réapparaître les forces vives de la Vie.

Père Dieudonné Maniraguha

Lectures dominicales du 23 Février