Mar 242020
 

Avec ces mots du psaume de ce dimanche, je vous transmets les salutations les plus sincères de notre équipe sacerdotale. Une semaine vient de s’écouler sans messe avec les fidèles à Sainte Odile, comme dans de nombreuses paroisses du monde entier ! Quelle expérience ! En tout cas soyez assurés, chaque jour nous célébrons l’Eucharistie, nous offrons vos intentions, et nous sommes en communion spirituelle avec vous. Surtout nous pensons plus particulièrement à toutes les familles qui ont été touchées de loin ou de près par cette pandémie qui nous a imposés ce moment de retraite, pour vivre le temps pascal autrement. En tout cas, samedi soir, nous sommes contents d’avoir réussi à faire les premiers essais de prier ensemble grâce à la technologie. Nous espérons que ça va pouvoir continuer.

Nous constatons chaque jour l’évolution de la contagion de la pandémie du coronavirus, malgré les mesures sévères adoptées par les gouvernements. Nous ne savons pas si nous serons touchés et à quel degré. Cela nous porte à considérer l’essentiel de notre vie et à retrouver un rapport d’amour et d’abandon au Seigneur sur cette croix où Il nous invite à monter avec Lui. Cette croix qui est pour nous l’expression de l’Amour du Christ. C’est pourquoi dans ces circonstances, il nous est utile de nous rappeler qu’aimer le Christ est l’unique vérité, car tout le reste est vanité !

Essayons de jeter un coup d’œil dans les lectures de ce dimanche. La première lecture, à travers la vocation de David, nous montre que le choix de Dieu se porte sur ce qui est le plus petit. Ce qu’il y a de faible dans le monde, Dieu l’a choisi pour confondre les forts. Ce passage nous apprend que le roi est l’élu de Dieu, pour le service du peuple. Le roi reçoit une onction, ce qui fait de lui le messie, l’oint ; de telle sorte que son intronisation lui concède le titre de fils de Dieu, car la royauté lui fait un enfant d’adoption du Très Haut. L’onction donne au roi l’Esprit de Dieu. Cela fait qu’il soit inspiré par Dieu en toutes choses, et fait de lui une personne sacrée, qui gouverne le peuple selon les vues de Dieu.

Le choix de David, le plus petit de la maison de Jessé, a des affinités avec le choix d’Israël, le moins nombreux des autres peuples, qui est devenue le peuple élu associé à l’œuvre salvifique de Dieu. L’appel gratuit de Dieu montre que personne ne le mérite grâce à ses efforts personnels, mais que par la bonté de Dieu, l’appelé est tout simplement tenu à être disponible, pour le service de Dieu. Vivre en intimité de Dieu, en l’écoutant et en suivant ses volontés, c’est le seul moyen pour réaliser sa mission.

Le psaume 22 que nous avons écouté dans la liturgie de la parole ce dimanche, exprime de façon plus explicite la vie dans l’intimité de Dieu. Un mystère de Dieu qui a choisi un peuple précis, sans autres raisons apparentes, que sa souveraine liberté. Le psaume nous exprime le bonheur du croyant, le consacré au Seigneur, car il se régale de vivre en intimité avec Dieu. Dans ces moments difficiles de la pandémie du coronavirus qui est en train de dévaster le monde entier, nous n’arrêterons jamais de chanter la bonté du Seigneur, car il est avec nous, son bâton nous guide et nous rassure, car nous sommes le peuple qu’il conduit.

L’évangile de ce dimanche nous présente un miracle qui s’accomplit à deux niveaux. Jésus guérit un aveugle à deux reprises. En réalité cet homme souffrait de la cécité naturelle et celle du cœur. La première fut guérie dans la première rencontre par la boue appliquée à ses yeux, la deuxième fut guérie lors de la deuxième rencontre, quand Jésus s’est révélé comme Fils de l’homme. Ce miracle fut révélateur de l’aveuglement de beaucoup de cœurs des contemporains de Jésus, y compris même ceux qui attendaient avec beaucoup de ferveur l’avenue du Messie. Quel paradoxe ! Pendant que la vue de l’aveugle né s’accentue, les pharisiens s’enfoncent dans l’aveuglement du cœur. Pendant que ceux-ci se posent encore des questions de savoir si Jésus est le Messie, étant donné qu’il ne respecte pas le sabbat à leur manière ; l’aveugle lui, l’a déjà reconnu comme Fils de Dieu.

En fait, avec des personnes qui ont leurs idées toutes faites, Dieu chemine difficilement, car ils ne sont pas prêts pour accueillir l’inattendu de Dieu. Dans notre vocation de refléter la lumière du Christ, mes frères, il nous est demandé de mener une vie radicalement neuve, comme nous l’a dit saint Paul. Si nous voulons produire des fruits de lumière, ouvrons nos cœurs au Christ, à l’exemple de cet homme. En effet, après sa rencontre avec le Christ, il est devenu capable de sortir de la confusion de son entourage, et peut distinguer la personne de Jésus de toutes les représentations frivoles de sa société. Pour terminer, méditons ensemble cette phrase de l’imitation du Christ :

« Il est vrai que chacun aime à suivre son propre sens, et a plus d’inclination pour ceux qui pensent comme lui. Mais si Dieu est au milieu de nous, il est quelquefois nécessaire de renoncer à notre sentiment pour le bien de la paix. Quel est l’homme si éclairé qu’il sache tout parfaitement ? Ne vous fiez donc pas trop à votre sentiment, mais écoutez aussi volontiers celui des autres. Si votre sentiment est bon, et qu’à cause de Dieu vous l’abandonniez pour en suivre un autre, vous en retirerez plus d’avantage. J’ai souvent ouï dire qu’il est plus sûr d’écouter et de recevoir un conseil que de le donner. » Imitation du Christ, livre 1, chapitre 9

Père Dieudonné MANIRAGUHA, vicaire

Lectures dominicales du 22 Mars