Mar 282020
 

« Cette maladie ne conduit pas à la mort. » (Jn 11,4)

Quelle est donc cette maladie, dont parle Jésus dans l’évangile de ce dimanche ? Nous pensons bien sûr à celle qui nous tient tous confinés. Nous sentons bien qu’il y a un rapport entre la maladie qui tue Lazare, et le Covid-19. Mais quel est ce lien ? Et comment est-il un lien spirituel ? C’est ce que nous voudrions montrer.

Juste après la résurrection de Lazare, l’évangéliste mentionne la réaction du Conseil des prêtres et des Pharisiens. Ils prennent la décision de tuer Jésus. La raison de cette décision nous parait incompréhensible. Comment donc la joie d’être témoin de la puissance de Jésus peut-elle inquiéter ? Comment la joie de voir les larmes cesser de couler sur les joues de ceux qui aiment Lazare peut-elle se changer en désir de meurtre ? Et même, en désir du meurtre de celui qui vient de ressusciter ! (Jn 12,10). L’évangile est très clair à ce sujet : le Grand conseil décide la mort de Jésus par peur de voir « l’ensemble de la nation » périr, massacrée par les légionnaires de l’empire romain.

Le véritable virus de cette maladie, qui conduit à la mort spirituelle, c’est la peur. Peur de mourir, peur de voir ses proches mourir, peur d’un krach économique et de la violence qui l’accompagne. C’est de cette mort dont parle Jésus, celle de laquelle on ne revient pas. C’est l’état de ceux qui ont perdu confiance dans l’amour du Père. Si le Père veille sur nous, de quoi aurons-nous peur ?

Jésus est celui qui garde les yeux du coeur ouvert sur cette présence. Elle est la lumière qui éclaire ses pas. Pour le Christ, la perspective de la mort peut être angoissante (comme au cours de son Agonie), mais il ne cède jamais au réflexe d’obéir à la peur. Au contraire, il obéi à la volonté de son Père, qui est de nous sauver. 

Dès lors, la maladie de Lazare contient un double enseignement. Elle montre la puissance du Christ, mais aussi elle initie sa marche vers le Calvaire. Car c’est par sa mort et par sa résurrection que Jésus manifestera la plénitude de l’amour de Dieu.

C’est à nous maintenant, qui sommes au Christ, de laisser l’Esprit de Dieu guider nos pas. C’est lui qui nous rappelle sans cesse que le Père est là, présent au coeur de nos vies. C’est lui qui nous donne la force, jour après jour, de faire ce que nous avons à faire, sans céder à la peur. Alors la crise du Coronavirus deviendra pour nous ce qu’elle est vraiment : un temps mystérieux où Dieu nous invite à lui faire confiance jusqu’au bout, à l’exemple de son Fils unique.

Et dans cette épreuve, nous pouvons compter les uns sur les autres, puisque dans la prière nous faisons monter vers Dieu une incessante supplication pour ceux qui sont le plus éprouvés.

Que Dieu vous bénisse et vous garde ! 

Bien fraternellement.

Père Louis CORPECHOT, vicaire

Lectures dominicales du 29 Mars