Fév 022020
 

Ce dimanche s’achève la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. C’est pourtant une prière qui continue, tant elle est la forme même de la vie de l’Église. De même que nous avons été appelés par le Seigneur à le rejoindre dans la charité, nous appelons nos frères à nous rejoindre, en Jésus, pour que la charité se propage dans le monde, comme un feu. Sans ce feu du désir de partager ce que nous avons reçu, l’Église n’a pas de raison d’être. Et ce feu est comme redoublé lorsque, au lieu d’aller chercher ceux qui n’ont jamais connu Jésus, nous désirons voir se rassembler à nouveau ceux qui, par le baptême, font déjà partie du même corps du Christ, ceux qui portent le beau nom de chrétiens.

Mais quand nous prions ainsi le Seigneur, pour qu’il guérisse notre unité, et pour qu’il nous donne de participer à son œuvre, savons-nous bien ce que nous demandons ? L’évangile de ce dimanche, dans lequel Jésus appelle les premiers disciples, nous indique ce dont il s’agit, et par là ce que nous devons faire et demander.

La première chose, qui est comme la plus évidente, est que Jésus appelle des frères. L’Église ne rassemble que des gens qui sont déjà ensemble. Ce mystère est un appel à la conversion personnelle, et quotidienne ! Si je n’arrive pas à supporter mon propre frère, comment pourrais-je désirer vivre éternellement avec lui ? Dis autrement, l’amour que je dois avoir pour mon frère (ou mon ami, mon conjoint, mon collègue, mon compatriote…) est d’abord le souci de faire ce qui est en mon pouvoir pour que finalement, nous soyons tous les deux au ciel. Il s’agit de travailler à l’unité éternelle.

Et la seconde chose qui détermine l’Église que nous voyons naître dans le récit de l’appel des premiers disciples, c’est ce mystère d’immédiateté. « Aussitôt », ils suivirent Jésus. Ce mot, si radical, ne doit pas être regardé comme un motif de comparaison entre nous et eux. La simplicité de la réponse des apôtres à l’appel du Christ est simplement l’expression de leur joie. Et la simplicité de l’appel de Jésus est l’expression de son propre détachement. Jésus n’appelle pas les gens « de force ». Il leur fait entendre sa voix, et son Église est faite de ceux qui lui répondent « présent » !

Ce que nous voyons dans l’Évangile n’est pas différent de ce que nous avons à vivre. D’une part, nous avons à nous laisser séduire par la proposition de travailler, non pas pour du poisson, mais pour la charité. D’autre part, nous avons à croire que Jésus peut nous demander de lui obéir comme à un père. Mais ce n’est que là où nous lui répondons « aussitôt » que nous appartenons vraiment à l’Église. C’est le même mystère que les anges annonçaient aux bergers dans la nuit de Noël : « Paix aux hommes de bonne volonté. » (Lc 2,14).

Que le Seigneur nous accorde donc, pour que soit parfaite notre unité et notre joie, la grâce de désirer vivre ensemble, et de sentir en nous l’Esprit qui nous porte à répondre « oui ! » avec simplicité.

Père Louis Corpechot, vicaire

Lectures dominicales du 26 Janvier