V.Decaudaveine

Mai 202012
 

Nous avons célébré la fête de Pâques, nous venons de vivre celle de l’Ascension et c’est la Pentecôte !

« Déjà », ce mot résume certainement les impressions des apôtres : « Seigneur, pourquoi partir si vite ? Pourquoi ne pas demeurer avec nous ?  » Demeurer ce mot qui vous était si cher !

Comme les apôtres nous sommes tentés de nous étonner que la mission du Seigneur ait duré si peu de temps : son séjour parmi les hommes n’a duré que quelques années. C’est l’impression d’un chantier inachevé et abandonné !

Mais touts ces réflexions s’apaisent et sont résolues grâce à la parole de Jésus : « Je vais vous envoyer mon Esprit, je reste avec vous invisiblement. Je compte sur vous pour continuer le travail. C’est sur mon Eglise que comptent tous les hommes. C’est votre témoignage qui manifestera ma présence … »

Témoins du Christ, les apôtres le sont efficacement parce qu’ils sont une présence et une apparition du Christ, vivant encore parmi les hommes. Ils se rappellent cette parole de Jésus adressée au Père, et à travers elle, ils pouvaient apercevoir la charité infinie de Dieu : « Comment le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. « 

Cette consigne du Christ s’impose à nous. Le Christ, témoin du Père, nous transforme pour être les témoins du Dieu fait homme. Il faut que les non-chrétiens puissent dire : il y a tout de même autre chose que l’égoïsme, la souillure, l’amour de l’argent, l’oubli de Dieu. La religion existe, la famille saine et unie existe. Et quand la souffrance nous éprouve, peut-on voir en nous une image du Christ souffrant ?

Mais il ne suffisait pas que le Christ, à la demande des apôtres nous ait appris à prier. Il fallait aussi que la prière jaillisse du plus profond de sa souffrance et de la nôtre en s’adressant à son Père : « Quand j’étais avec eux, p7re Saint, je les gardais dans la fidélité à ton nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu… De même que tu mas envoyé dans le monde, moi aussi je les ai envoyés dans le monde et pour eux je me consacre moi_même, afin qu’ils soient, eux aussi consacrés par la vérité. »

« Etre consacrés par la vérité », ce n’est pas vouloir agir sur Dieu, mais le laisser agir sur nous. Lorsque dans le « Pater », nous disons et redisons : « Que ta volonté soit faite », notre désir le plus ardent, est peut être de le persuader de faire notre volonté !

Cette prière du Christ, se poursuit dans l’Eglise qui, à travers les siècles, prie « en son nom », c’est à dire, « en sa personne ».

En un temps où l’accent est mis surtout sur les valeurs de l’action, de la parole et du contact avec les autres… en un temps où les valeurs de la contemplation; de la solitude et du silence sont si souvent contestées, l’Evangile vient heureusement nous rappeler cette présence du Christ priant en nous et poursuivant en nos coeurs la prière solitaire de jadis.

« Je te suis présent par ma parole dans l’Ecriture, par mon esprit dans l’Eglise, par ma prière dans les fidèles. » (le Mystère de Jésus, Pascal)

 

Abbé Denys Thouard

Jan 172012
 

Du baptême dans l’eau au baptême dans l’Esprit Saint

Chers parents,

Bonne et Sainte Année 2012 à toutes vos familles ! Nous voici déjà arrivés au baptême de Jésus célébré le dimanche après l’Epiphanie. Cette fête marque la fin du temps de Noël et nous laisse entrevoir la vie publique de Jésus et son œuvre de Rédemption.

       Une voix crie dans le désert
Le bruit court qu’un prophète appelé Jean est apparu. Poussé par l’Esprit Saint, il parcourt les rives du Jourdain et crie à tous ceux qui veulent bien l’entendre : «Faîtes pénitence, car le Royaume des Cieux est proche.» Le Royaume de Cieux tout proche dont il parle est le moment où Dieu va intervenir, par son Fils Jésus, pour apporter le Salut : La délivrance des péchés et la vie de communion avec Lui par le don de sa grâce. Chacun comprend que la venue du Messie est imminente et que pour Le recevoir, il faut changer et préparer son cœur.

       Le baptême dans l’eau : un baptême de conversion
En signe de conversion, Jean demande que l’on se plonge tout entier dans l’eau. Cet acte solennel et public s’appelle « le baptême de conversion ». Bientôt, on ajoute à « Jean » le nom de « Baptiste », celui qui baptise. Le mot « baptiser » signifie tout simplement « plonger ». Nombreux sont ceux qui demandent à recevoir ce baptême de conversion. Certains se demandent même si Jean n’est pas le Messie lui-même. Mais le prophète s’en défend vivement en disant : «  Moi, je baptise dans l’eau mais il vient celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de délier les courroies de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu…Celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : Celui sur qui tu verras l’Esprit Saint  descendre et demeurer, c’est lui qui baptise dans l’Esprit Saint » (St Luc III, 16). La figure de Jean Baptiste montre la continuité entre l’Ancien et le Nouveau Testament : Il est le dernier des prophètes et le premier témoin de Jésus. Sa mission est double : préparer le peuple à accueillir le Fils de Dieu et témoigner publiquement que Jésus est bien le Messie tant attendu qui vient inaugurer le Royaume de Dieu. Le langage métaphorique qu’il emploie est très parlant : les collines représentent l’orgueil, la vanité ; les ravins signifient les refus, les négligences, les omissions ; les chemins tortueux sont les mensonges, les hypocrisies et enfin les sentiers raboteux figurent toutes les méchancetés, les impatiences, les paroles ou les gestes blessants (St Luc III, 4-6). Le baptême de Jean est un simple rite de pénitence, de purification, qu’il ne faut pas confondre avec les sacrements de Baptême et de Pénitence. En effet, seuls ces derniers communiquent ou accroissent la vie de Dieu dans l’âme de manière efficace et ainsi nous « divinisent ». Grâce à Jésus, un nouveau baptême, le Baptême « dans l’Esprit Saint et le feu » est un sacrement qui a le pouvoir non seulement de purifier notre âme mais aussi de nous donner la vie d’enfant de Dieu.

       Le baptême de Jésus dans le Jourdain
Par son baptême, Jésus inaugure sa vie publique, encourage les hommes à se convertir, montre l’exemple et sanctifie l’eau du baptême en lui donnant une force et une signification nouvelle. Le Fils de Dieu se présente dans la file des pécheurs : Lui qui n’a jamais péché, prend sur Lui tous nos péchés, ceux de l’humanité toute entière. D’où la réticence de Jean Baptiste : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par Toi, et c’est Toi qui viens à moi. » (St Mt III, 14). Jésus se charge de nos péchés et en échange nous communiquera sa vie divine. Son baptême est l’acceptation et l’inauguration  de sa mission de Serviteur Souffrant. Il se laisse compter parmi les pécheurs et accepte d’être « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » (St Jean I, 29). Déjà, Il anticipe le « baptême » de sa mort sanglante. Il est la Victime Parfaite qui s’offre en Sacrifice Parfait pour sauver l’humanité. Il accomplira pleinement sa mission réparatrice et rédemptrice en mourant sur la Croix et en ressuscitant d’entre les morts. Le baptême du Christ marque sa consécration en tant que Messie, « l’Oint du Seigneur », celui qui a reçu l’onction divine. « Dans  l’ancienne alliance, l’onction était considérée comme le signe visible de l’attribution des dons requis par la fonction, du don de l’Esprit de Dieu pour la charge. Ici, a été conférée au Christ la dignité royale et sacerdotale pour l’humanité. Désormais, Il est investi de cette mission. » Benoît XVI, Jésus de Nazareth)

      Manifestation de la Sainte Trinité
Sorti de l’eau, Jésus se met en prière pour accomplir intérieurement cette offrande de lui-même. A cette prière, répondent la voix du Père, « Celui-ci est mon Fils bien aimé en qui j’ai mis tout mon amour ! » (St Luc, III, 22) et la présence du Saint Esprit sous l’apparence d’une colombe. Cette « épiphanie » de la Sainte Trinité, cette « manifestation » de Dieu, Père, Fils et Saint Esprit, nous montre l’éternelle et parfaite unité d’intention et d’action des trois Personnes Divines en faveur des hommes, et annonce le Salut, la Victoire du bien sur le mal, de la vie sur la mort. La voix de Dieu le Père et la présence du Saint Esprit accréditent la mission de Jésus, Messie et Sauveur. C’est ce même Baptême que les fidèles du Christ pourront recevoir, après l’Ascension et la Pentecôte, en étant à leur tour consacrés par l’invocation et la puissance de la Sainte Trinité. Par notre Baptême, nous sommes unis au Christ, plongés dans sa mort et sa résurrection, pour partager avec Lui cette vie nouvelle d’enfant de Dieu. En faisant notre signe de croix, moins rapidement, moins machinalement, soyons des manifestations de la Sainte Trinité qui habite en nous depuis notre Baptême.

       Le Carême, temps privilégié de pénitence et de conversion
Cette année, nous entrons en Carême pendant les vacances, le mercredi 22 février. Ne passons pas à côté des grâces que le Seigneur veut nous donner en ce Mercredi des Cendres pour nous aider à bien vivre le Carême. Ce jour là, avec nos enfants, faisons l’effort d’aller à la Messe et de recevoir les Cendres sur notre front pour exprimer notre repentir et notre désir de conversion comme les disciples de st Jean Baptiste l’ont fait en étant plongés dans le Jourdain. Ce geste nous rappelle que nous ne sommes que « poussière » si nous n’acceptons pas de vivre en présence de Dieu et que nous ne pouvons rien sans sa grâce. Recevoir les Cendres, c’est nous reconnaître pécheurs et implorer le pardon et la miséricorde de Dieu, c’est se détourner de tout  mal et redécouvrir la grâce reçue le jour de notre Baptême, grâce qui fait de nous des enfants de Dieu appelés à suivre le Christ avec toujours plus de générosité, d’authenticité et de fidélité.

      L’appel des deux premiers disciples et notre vocation
Après quarante jours passés au désert, Jésus revient sur les bords du Jourdain et Jean Baptiste Le montre en prononçant ces paroles : «  Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. J’ai vu l’Esprit Saint descendre du Ciel comme une colombe et reposer sur lui. J’ai vu et je rends le témoignage qu’il est le Fils de Dieu ! » (St Jean, I, 29-34). Aussitôt, André et Jean suivent le Seigneur et l’interrogent : « Maître où habites-tu ? ». Jésus répond : « Venez et voyez ». Cette invitation à se tourner vers Lui et à Le suivre s’adresse aussi à nous qui allons entrer prochainement en Carême. Comme saint Jean Baptiste, tâchons aussi de montrer le Christ aux autres car Il est « le Chemin, la Vérité et la Vie ».

Sybil de Feydeau, coordinatrice du catéchisme.

Déc 062011
 

 

Nous venons d’entrer dans le temps de l’Avent, période d’attente qui nous prépare à l’anniversaire de la venue,  « l’Avènement », du Christ Jésus, Sauveur promis aux hommes après le péché originel, annoncé par les prophètes, tant attendu par les croyants vivant dans l’Ancienne Alliance.

Ce  temps liturgique, a pour objectif de nous  préparer en réalité à un triple avènement :

1) L’anniversaire de l’Avènement de Jésus Christ sur la terre, dans l’humble condition de son existence humaine, comme Sauveur et Rédempteur plein de miséricorde : c’est la Nativité, l’Incarnation du Fils de Dieu, qui a eu lieu il y a plus de 2000 ans en Palestine.

2) L’Avènement de Jésus Christ dans nos âmes, maintenant, dans le temps présent, si nous savons l’accueillir. Jésus Christ veut en effet  faire en nous sa demeure pour  nous délivrer du mal et nous conduire au bonheur éternel par Lui, avec Lui, et en Lui.

3) L’Avènement  de la Gloire du Fils de  Dieu à la fin du monde : nous attendons son retour à la fin des temps lorsqu’il apparaîtra plein de gloire et de majesté pour nous juger selon nos œuvres et nous ouvrir les portes de son Royaume Céleste.

Il y a donc un Avènement historique, déjà passé, un Avènement spirituel, aujourd‘hui en chacun de nous si nous faisons l’effort de  l’accueillir et un Avènement glorieux, à venir.

Sans l’Avènement historique, il ne pourrait pas y avoir d’Avènement spirituel en chacun de nous, ni d’Avènement glorieux à venir. Sans l’Incarnation du Fils de Dieu, sa mort et sa Résurrection n’auraient pas eu lieu. Il n’y aurait donc pas eu de Rédemption, c’est-à-dire, la possibilité pour nous les hommes, d’être, sauvés du péché et unis pour l’éternité «  à la divinité de Celui qui a pris notre humanité. »

Nous devons donc tout spécialement remercier le Sauveur de son  Avènement historique, lui demander de réaliser en nous son Avènement spirituel et nous préparer au mieux à son Avènement glorieux par notre vie de foi, d’espérance et de charité.

Dans ce contexte de l’Avent, la fête de l’Immaculée Conception qui a lieu le 8 décembre, nous aide à attendre et à accueillir notre Sauveur  avec la Vierge Marie, la nouvelle Eve. Cette fête nous donne l’occasion de rendre grâce à Dieu Notre Père de tout le soin qu’Il a pris pour préparer l’Avènement historique de Son Fils sur la terre.

« Immaculée Conception » : ces mots signifient que Marie a été, dès sa conception, préservée de la faute originelle. Ainsi, dès le premier instant de son existence, elle a été dans un état de sainteté parfaite, avec toute la plénitude de la grâce de Dieu en elle. C’est pourquoi on dit qu’elle est « comblée » de grâce. (Luc, I, 28)

Cette grâce toute particulière, don gratuit et singulier, de la conception immaculée de Marie est un privilège unique qui lui a été accordé par Dieu en vue de sa maternité divine, en application anticipée des mérites de Jésus Christ, le Sauveur de tout le genre humain. La très Sainte Vierge a donc reçu par anticipation la grâce de la Rédemption par les mérites de son propre Fils. Préservée intacte de toute souillure du péché originel, Marie, par la grâce de Dieu, est ensuite restée pure de tout péché personnel tout au long de sa vie et a pu ainsi être une mère parfaite pour ce Fils Rédempteur, à la fois pleinement Dieu et homme, qu’elle a porté en elle, guidé et accompagné sur la terre pendant des années, soutenu pendant sa Passion et sa Mort sur la Croix.

Au long des siècles, l’Eglise a pris conscience que Marie, « comblée » de grâce par Dieu, avait été rachetée dès avant sa conception. Cette vérité de foi est affirmée par l’Eglise à travers le dogme de l’Immaculée Conception, proclamé le 8 décembre 1854 par  Pie IX.

Moins de quatre ans plus tard, à Lourdes, Marie confirme cette définition en disant à Bernadette : « Je suis l’Immaculée Conception ». Cette vérité se trouve pourtant déjà clairement annoncée dans l’Ancien Testament.

Marie est : « Pure comme un soleil » Ct VI, 9 ; « Le lis entre les épines » Ct II, 2

« L’amie toute belle en qui il n’y a pas de tâche » Ct IV, 7

« Le tabernacle sanctifié par le Très-Haut,  Dieu est en elle, elle ne peut chanceler » Ps 45, v 4

Cette vérité de foi a toujours été très vivante dans la piété populaire envers la très Sainte Vierge Marie. Sa dignité de Mère de Dieu demandait en effet qu’elle soit, dès le premier instant de son existence, parfaitement pure. La proclamation solennelle du dogme de l’Immaculée Conception n’a donc fait que ratifier ce qui était déjà inscrit dans la tradition chrétienne.

La conception sans tache de Marie est la première Victoire du Christ sur le péché et sur le démon, victoire que Dieu avait prédite à Satan dès l’origine de l’humanité (Gn, III, 15). Parce qu’elle est toute pure, Marie est « la nouvelle Eve », la Femme qui brise la tête du serpent, l’ennemi du genre humain, le diable.

Parce qu’Il l’a comblée de grâce, Dieu rend Marie capable de répondre à l’ange Gabriel : « Qu’il me soit fait selon votre parole ». A travers son plein consentement, son adhésion totale au projet de Dieu qui la dépasse et veut faire d’elle la Mère du Christ, la « Servante du Seigneur » accepte d’être la « Demeure du Saint Esprit », « Cause de notre joie », pour donner aux hommes le Sauveur tant attendu. Par elle, Dieu se fait homme.

C’est le début de la « nouvelle création » que Dieu veut faire de chaque être humain, s’il le veut bien, en rétablissant en chacun la plénitude de la grâce pour le rendre saint.

Parce qu’elle est  la première de la multitude des sauvés, des saints du Ciel, et parce qu’elle nous a été donnée pour Mère par son propre Fils sur la Croix lorsqu’Il a dit à saint Jean : « voici ta mère », ayons souvent recours à la Très Sainte Vierge en lui disant :

« O Marie conçue sans péché, priez pour  nous qui avons recours à vous ».

Elle saura nous conduire à son Divin Fils.

Avec nos enfants, du 30 novembre au 8 décembre, préparons-nous à cette grande fête de l’Immaculée Conception en remerciant tout spécialement la Vierge Marie de nous avoir donné son Fils, notre Sauveur.

Il existe à Lyon et dans sa région, une belle coutume : le soir du 8 décembre, les fenêtres des maisons s’éclairent toutes de lumignons et la ville entière s’illumine….Cette belle coutume s’étend maintenant dans toute la France : En famille, en paroisse, nous pouvons contribuer à son extension. Nous pouvons aussi dire en famille la neuvaine à l’Immaculée Conception, fleurir la statue de la Sainte Vierge dans notre maison, penser à dire plus souvent la belle prière de l’Angelus, lire à nos enfants l’histoire des apparitions de la Sainte Vierge à sainte Bernadette et bien sûr  faire la crèche….

Que ce temps de l’Avent et la fête de l’Immaculée Conception nous donnent l’occasion d’honorer et de consoler avec gratitude la Très Sainte Vierge et son Divin Fils, eux qui sont si souvent objets de mépris, d’insultes et tournés en dérision dans notre société laïciste.

                                                                    Sybil de Feydeau, coordinatrice du catéchisme.

Nov 102011
 

Le pèlerinage terrestre dans lequel nous sommes engagés nous destine à entrer dans cette demeure divine où tous les pleurs cesseront et où, comme le rapporte saint Jean dans l’Apocalypse, la mer n’existera plus, pas plus que la nuit, car il n’y aura plus de mort et le Christ sera notre lumière éternelle. Ce sera alors la béatitude à laquelle nous aspirons. Ce sera le temps ou plutôt l’éternité de la joie parfaite. Cette joie indicible, inexprimable et pourtant si réelle dont notre existence présente se rapproche sans cesse, sans jamais pouvoir l’atteindre vraiment. Car cette parole du maître si profonde, si réconfortante aussi, ne peut toucher que l’âme de ceux qui ne sont pas déjà rassasiés du bonheur futile et éphémère que la terre peut seulement donner.

Non la joie céleste ne sera jamais propriété de ceux que le plaisir sensible étouffe. Elle ne sera pas non plus partagée par ceux que la crainte a figé, telle la femme de Lot quand elle s’est retournée vers Sodome, tel ce serviteur de la parabole qui n’a pas eu confiance en Dieu et qui a enseveli son talent dans la terre morte de son oisiveté. La vraie joie celle promise à nous par le maître est celle de la paix que l’on ne trouve qu’en Dieu. Celle que l’on obtient en cultivant la foi l’espérance et la charité ; qui se partage et dont le surnom peut être communion, qui est présente même lorsque tout semble aller de travers et qui s’appelle alors persévérance ou longanimité ; qui se vit enfin déjà sur terre et dont tant de saints nous ont montré l’exemple et qui est alors synonyme d’abandon en la sainte Providence. Une fois que l’on a trouvé cet talent là on ne peut que le multiplier et dire avec Jean-Sébastien Bach, « Jésus que ma joie demeure ».

Abbé Alexis de MONTS