Mai 202020
 

« Il y a un double aspect dans le mystère Pascal. Le Christ, par sa mort il nous libère du péché, par sa Résurrection il nous ouvre l’accès à une nouvelle vie. C’est un mystère dans lequel est accompli l’adoption filiale car les hommes deviennent frères du Christ, comme Jésus lui-même appelle ses disciples après sa Résurrection :  » Allez annoncer à mes frères  » (Mt 28, 10 ; Jn 20, 17). Frères non par nature, mais par don de la grâce, parce que cette filiation adoptive procure une participation réelle à la vie du Fils unique, qui s’est pleinement révélée dans sa Résurrection .» (Catéchisme de l’Église Catholique n. 654.)
« La Résurrection du Christ – et le Christ ressuscité lui-même – est principe et source de notre résurrection future. Dans l’attente de cet accomplissement, le Christ ressuscité vit dans le cœur de ses fidèles. En Lui les chrétiens  » goûtent aux forces du monde à venir  » (He 6, 5) et leur vie est entraînée par le Christ au sein de la vie divine (cf. Col 3, 13)  » afin qu’ils ne vivent plus pour eux-mêmes mais pour Celui qui est mort et ressuscité pour eux  » (2Co 515). » (Catéchisme de l’Église Catholique n. 655.)

Chers paroissiens, après ces longues citations du catéchisme de l’Église catholique, permettez-moi de continuer notre méditation sur le mystère pascal, mais en nous focalisant sur l’Ascension, une fête qui fait partie de ce grand mystère, et que nous allons célébrer jeudi prochain. En effet, en passant trois jours dans le tombeau, le Christ nous a montré combien est court le chemin qui conduit à la Vie. Il est court parce que les jours des hommes qui suivent ce chemin sont comptés. Il est court parce que nous avons été créées pour l’Éternité, pour le jour lumineux de la lumière, pour la rencontre du Père, et ce chemin qui nous conduit à la patrie n’est qu’un chemin, un voyage à travers l’exil qui nous conduit inéluctablement aux frontières de l’au-delà.

Dans ce sens, grâce à la résurrection du Christ, un chemin s’est gravé en nos esprits. Au terme de ce chemin nous serons appelés à franchir une frontière : un Abîme insondable, d’une si grande profondeur. Celui qui tombe dans cet Abîme y tombe pour toujours ; il ne pourra jamais en sortir, parce que la profondeur de son sein est insondable, et que même sa force d’attraction est irrésistible. « Et en plus de tout cela, un grand abîme a été établi entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient passer vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous » Lc 16,26

Comment franchir cet abime ? Le ressuscité nous en a donné le secret, lui qui apparaissait à ses disciples tandis que les portes étaient closes ! Il ne peut pas ne pas nous rendre capable de dominer et franchir cet abime ! En fait pour le franchir il faut avoir des ailes, de grandes ailes, des ailes fortes, des ailes d’aigle, faites pour voler très haut et pour franchir d’immenses abîmes et de grands dangers, car on ne peut pas posséder Dieu si l’on n’est pas muni d’ailes d’aigle qui, nous élevant jusqu’à Lui, nous rendent capables de vivre par participation de sa propre vie, en étant ses enfants, héritiers de sa gloire. Tous ceux qui ont accueilli le ressuscité dans leur cœur, il leur a équipé de ce genre d’ailes. Dans notre langage le plus courant ils sont traduits par l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance (Ga 5,22).

Comment ceux-là, dépourvus d’ailes, pourraient-ils passer ? Qui leur donnerait des ailes d’aigle pour voler ? Peut-être les Sacrements, un acte d’amour pur, un rayon de lumière qui les transformerait, comme le bon larron, les faisant réagir devant la dramatique réalité de leur situation, de sorte qu’ils puissent franchir l’Abîme.

Même si la plupart d’entre eux, même après avoir traversé l’Abîme, devront se purifier afin de pouvoir enfin posséder Dieu. Puisque, après avoir suivi leur parcours à travers la bourbe de cette vie, leur tunique n’est pas complètement lavée et purifiée dans le Sang de l’Agneau, par lequel « si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront aussi blanc que neige. S’ils sont rouges comme le vermillon, ils deviendront comme de la laine » (Is1,18). C’est pourquoi avent d’entrer dans la Vie, une purification est toujours nécessaire, car nous devons devenir semblables à Dieu pour participer de Lui.

Âme bien-aimée, fais croître en toi des ailes d’aigle, élargis les horizons de ton cœur, marche sur le chemin de l’amour, de la foi, de l’espérance, ouvre tes yeux à la vérité, afin de pouvoir déployer tes ailes et t’introduire dans la bienheureuse félicitée de la joie de Dieu !

Bonne fête de l’Ascension à tous

Père Dieudoné Maniraguha