Mar 012020
 

Il y a des gens qui aiment faire leurs bagages pour partir en vacances. Il y en a d’autres, comme moi, qui habituellement, préfèrent rentrer chez eux, défaire leurs bagages, et reprendre leur vie quotidienne. Dans ces deux manières d’être, partir et rentrer, se dit un désir plus grand, celui de Dieu.

D’une part, celui qui quitte tout vise Dieu. Ultimement, il cherche celui qui est l’unique désirable. Cette attitude de ceux qui partent est celle de nombreux personnages de la Bible. Il y a par exemple Abraham, à qui Dieu demande : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, et va vers le pays que je te montrerai » (Genèse 12,1). Et pareillement, le peuple des hébreux doit quitter l’Égypte pour échapper à l’esclavage, porté par la promesse d’un pays ruisselant de lait et de miel (Exode 3,17). Cette réalité d’un pays merveilleux est celle du Père qui nous attends.

D’autre part, celui qui rentre chez lui retrouve enfin la présence de ses proches, le caractère familier de sa maison. Après un voyage, des découvertes et des rencontres, il revient dire les merveilles qu’il a vues. Spirituellement, son désir de rentrer est aussi un désir de Dieu. Mais il s’agit de Dieu qui se manifeste comme celui qui est présent depuis le début. Il est le Dieu de l’origine, de notre origine. Rentrer chez soi, c’est retrouver, au plus intime de nos vies, le Père qui nous voit et nous aime, là, dans le secret.

Bien entendu, ces deux attitudes sont bonnes. Elles appartiennent toutes deux au Christ. Il dit en effet : « Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père. » (Jean 16, 18).

Tout le mystère de Jésus est dans la raison qui l’a fait sortir du Père ? Lui qui avait le ciel pour demeure, qu’est-il allé faire dans l’hostilité du désert ? Cette question est importante pour nous, car elle doit éclairer notre propre attitude pour bien commencer notre carême. Si Abraham se lance dans l’inconnu, si les hébreux entrent dans le désert, si nous entamons un temps d’ascèse, c’est dans l’espérance d’un ailleurs meilleur ! Mais pour Jésus, quel est cet ailleurs ? L’ailleurs de Jésus, ce lieu qu’il désire et qui le fait venir dans le monde, c’est le cœur de l’Église. À travers toute l’histoire du Christ, et particulièrement dans sa vie publique et sa Passion, apparait son amour infini pour l’assemblée des baptisés, au milieu de laquelle il désire vivre et donner la paix, et qu’il veut emmener avec lui auprès du Père.

Jésus nous désigne ainsi deux manières d’entrer en carême : soit sortir de chez soi, sortir de la routine et du confort pour nous mettre en marche dans le désert, aller à la rencontre et nous laisser guider par Dieu, soit revenir en soi-même, retrouver la vérité de Sa présence en nos cœurs dans le silence et la paix. Que Dieu nous donne la grâce de choisir une œuvre qui lui plaise, pour la lui présenter dans 40 jours !

Père Louis Corpechot, vicaire

Lectures dominicales du 1er Mars