Nov 282014
 

Nous sommes entrés aujourd’hui dans les quatre semaines préparatoires à la grande fête de Noël, dans ce temps de l’Avent si caractéristique qui inaugure la nouvelle année liturgique. Ce changement est signifié, vous l’avez bien remarqué par une modification dans les couleurs des ornements et des voiles d’ambon qui sont désormais violets. Cette couleur qui est également celle du carême symbolise un temps réservé au jeûne et à la pénitence. C’est donc une période qui, comme pour celle nous préparant à la Rédemption, nous invite en quelque sorte à une conversion, un temps de pieuse et de joyeuse attente. L’Eglise nous donne ainsi un cycle préparatoire spécifique afin de nous apprêter à fêter la venue du Seigneur dans la chair.

Même si aucune prescription particulière ne nous est proposée, comme un jeûne ou une abstinence, notre attitude se doit cependant d’y tendre dans les faits sinon du moins dans l’esprit. Le Seigneur dans l’Evangile de ce dimanche nous y engage explicitement : « Prenez garde, veillez : car vous ne savez pas quand viendra le moment ». Le chrétien ne doit jamais oublier qu’il est en marche vers celui qui vient, le Christ, et qu’il lui appartient de se préparer à la rencontre afin de pouvoir atteindre le ciel.

La réalité est donc simple, le Christ vient, il s’agit d’aller au-devant de lui. Saint Bernard de Clairvaux envisage ainsi cette course vers le Seigneur : « Il ne t’est pas nécessaire de traverser les mers, de pénétrer les nuages ou de franchir les montagnes ; ce n’est pas un chemin très long qui t’est proposé : il te suffit de rentrer en toi-même pour courir au devant de ton Dieu ». Courir au devant du Seigneur et ici, se mettre à l’attendre, faire la vigie en quelque sorte. Car nous, chrétiens, nous devons être ces sentinelles de l’invisible ces guetteurs qui veillons sur nous-mêmes et sur le monde afin de l’avertir de la venue imminente du Seigneur. Mais dans la perspective où nous sommes, celle de la fin des temps, le Seigneur nous met en garde, et invite chacun d’entre nous à se préparer à le rencontrer quelque soit le moment et d’y être prêt. Veillez car vous ne savez ni le jour ni l’heure : c’est être capable de se dire, qu’importe le temps, je suis prêt et disposé à répondre à l’appel du Seigneur. Voilà peut-être le scandale des installés qui se refusent à Lui parce qu’il est toujours celui qui dérange. Il n’a jamais fini d’avoir ses idées à Lui. On peut dire d’une certaine manière que l’on n’est jamais tranquille avec le Seigneur. Il peut venir le soir, à minuit, au chant du coq ou au matin. Alors il n’est qu’une conclusion à tirer : soyons prêts. A quoi me direz vous ? A tout, et probablement à ce que nous ne pensions pas et encore moins à ce que nous voulions.

Bonne et sainte nouvelle année liturgique.

Abbé Alexis de Monts

Lectures dominicales du 30 Novembre