Mai 172013
 

Voir Jésus ressuscité n’avait pas suffi à rassurer les apôtres. Jésus leur avait dit « Il est bon pour vous que je parte. Je vous enverrai quelqu’un qui vous aidera ». Ainsi Dieu avait prévu de se manifester d’une troisième manière. Que Dieu soit créateur, on pouvait un peu le comprendre (pourquoi quelque chose existe plutôt que rien ?). Que Dieu soit un Père, c’est plus difficile à comprendre à cause du mal. Mais qu’il vienne se donner comme l’un d’entre nous et que nous le fassions mourir, c’est presque inacceptable. Même si Jésus s’est montré ressuscité à quelques uns.

La Pentecôte allait ouvrir une nouvelle époque. Avec des images populaires qui montrent un nouveau visage de Dieu : le vent, le feu et la parole. Trois forces considérables sans lesquelles nous ne pouvons pas vivre, invisibles. Le vent nous ne le voyons que par le mouvement des nuages. La lumière ne se voit que dans les objets éclairés. La parole est un bruit dont nous devons défricher le sens. Ce n’est que d’une manière indirecte que nous essayons de comprendre Dieu. Dieu est au delà de tout ce que nous pouvons voir ou entendre. Mais il est bien là et laisse des traces. Il est comme une « respiration » à l’intérieur de l’existence.

Les disciples ont vécu la Pentecôte comme une expérience vivante de Dieu et de son projet : l’unité de l’humanité dans sa diversité, la possibilité d’une communion entre les peuples et les cultures autour de la vie et de la résurrection de Jésus. Sortir sans crainte de son petit territoire. Vouloir la liberté et la dignité de chacun. C’était le projet du Père, qu’il voulait réaliser par la vie humaine de son Fils. Cela nous ne le comprenons pas et nous ne pouvons pas l’accepter et le vouloir. C’est notre péché. Il fallait une autre force divine : l’Esprit Saint. Qui agisse non plus à l’extérieur de nous même, par la création qui nous entoure, par les paroles de Jésus. Même la mort et la résurrection de Jésus nous restaient extérieures.

Il fallait que Dieu soit à l’intérieur du plus profond de nous mêmes, à un niveau où l’inconscient, l’atavisme et le péché originel nous tiennent. Mais ce niveau remonte en nous d’une certaine façon quand nous sommes capables de confiance de gratuité, de pauvreté et quelquefois dans la providence et cette miséricorde au dessus de nous. C’est la pédagogie invisible de Dieu plus qu’un enseignement clair. Une autre manière de Dieu de nous créer. Une autre Personne de Dieu pour nous parler, cette fois dans le silence d’une présence à l’intérieur de notre personne, l’Esprit Saint.

Il est le doigt de Dieu, la main de Dieu, l’action de Dieu quand il crée le monde, quand il préside à l’Incarnation et c’est lui que Jésus nous envoie dans son dernier souffle. Désormais la Pentecôte ne s’arrêtera plus jamais. L’Esprit Saint ouvrira toujours la route au Père et au Fils. Non pas pour décider à notre place. Quand nous déciderons quelque chose de mauvais, il est le pardon et le relèvement. Quand nous sommes dans le projet de Dieu, l’Esprit Saint confirme ce que nous avons fait comme l’œuvre de Dieu.

Sans l’Esprit Saint l’Eglise tomberait dans le péché de toutes les sociétés humaines et on l’aurait oubliée depuis longtemps. Et nos prières et nos sacrements ne seraient bien sûr qu’une illusion. Mais Dieu ne cesse d’être avec nous comme trois Personnes ensemble qui nous accompagnent et la troisième de ces Personnes nous permet de leur répondre et de leur parler un peu comme la respiration, notre souffle rend possible notre parole et la communication entre nous.

 Abbé Georges Périé

Lectures dominicales du 19 mai