Fév 062015
 

L’Evangile de ce dimanche nous offre une bonne et concise image de ce que pouvait constituer une journée du Seigneur alors qu’il cheminait sur les routes de Judée et de Galilée en compagnie de ses disciples. Il était à la fois tout à son Père par la prière et en même temps tout aux hommes par son enseignement et ses guérisons. C’est assurément l’exemple parfait de l’union de l’action et de la contemplation que nous devons, nous ses disciples, mettre en place dans chacune de nos vies. Car nous l’avons compris, la vie d’union à Dieu et l’activité d’apôtre sont indissociables. De même que l’amour de Dieu se révèle par la recherche de son intimité, ainsi faut-il que l’amour du prochain soit manifesté par une activité en sa faveur. Mais pour que nos activités apostoliques soient réellement fécondes encore faut-il qu’elles soient alimentées par la source de toutes grâces que constituent la contemplation et, bien entendu, la réception des sacrements.

Mais dans l’autre sens nous pourrions également dire que l’activité extérieure bien dirigée, notre devoir d’état bien accompli, qu’il soit travail professionnel ou vie familiale, doit être considéré comme une préparation à la contemplation. Celui qui aura une activité extérieure désordonnée trouvera, sans doute, autant de difficultés dans la prière que celui qui prie de manière aléatoire dans la sanctification de son travail. Saint Thomas d’Aquin disait ainsi : « il est clair que lorsque quelqu’un est arraché à la vie contemplative pour être appliqué à la vie active, il ne s’agit pas d’abandonner la contemplation mais d’y ajouter l’action ».

A l’exemple du Seigneur dans l’Evangile, il nous est impossible dans la vie courante de demeurer sans cesse dans la contemplation. Nous sommes ici-bas encore en chemin tandis que la contemplation éternelle ne sera possible que dans la patrie céleste. Dom Chautard dans son livre L’âme de tout apostolat reprend avec justesse l’image du cœur et des bras pour illustrer la relation de la contemplation avec l’action. Ainsi le cœur bat il sans cesse tandis que nous n’utilisons qu’épisodiquement nos bras. Mais si le cœur vient à s’arrêter ce sont tous nos membres qui cesseront aussi de se mouvoir. « Nous pouvons, disait-il, et nous devons donner quelques relâches à nos travaux extérieurs, mais notre intimité avec le Seigneur ne doit pas avoir de cesse ».

Abbé Alexis de Monts

Lectures dominicales du 8 Février