Avr 092011
 

Jn 11-40

D

eux réactions étonnantes de Jésus. La première : il refuse de se rendre auprès de son ami Lazare, gravement malade. Est-ce que Jésus préfère le voir mort plutôt que guéri ? Pourquoi Dieu a-t-il souvent l’air de ne pas entendre nos supplications ? Dieu peut sans doute nous guérir. Peut-être veut-il pour nous beaucoup plus qu’une guérison ? Dieu ne nous sauve pas en recollant les morceaux de notre santé. Deuxième réaction : Lazare est revenu à la vie. Jésus dit : « déliez-le… laissez-le aller ». On se serait plutôt attendu à une parole amicale : « Enfin te voilà vivant… Comment te sens-tu  maintenant ? Que vas-tu faire ? ». Mais Jésus ne parle que de liberté, d’enlever toutes les entraves qui empêchent de vivre et d’avancer. Et si Jésus voulait nous dire que la mort est le don d’une liberté nouvelle. Dieu nous délivre de toutes ces chaînes qui nous empêchent d’aimer et d’être aimés de Dieu.

La promesse de la résurrection illumine tout cet évangile. La résurrection de Jésus ne sera pas une sorte de récompense ou la remise en place d’une vie perdue. Mais comme une nouvelle création de l’humanité à travers l’humanité de Jésus, en sorte que nous sommes entraînés vers la Gloire du Père. Marthe et Marie ont bien retrouvé leur frère. Mais elles savent bien qu’une autre fois, il mourra. Et elles aussi. Est-ce cela la Gloire de Dieu ? Mais si elles ont bien compris Jésus, elles sont déjà – maintenant – dans la résurrection de Jésus. Parce que Jésus le leur a dit. Nous autres, nous ne pouvons entrer dans cette foi qu’avec notre volonté et notre obéissance et dans l’Eucharistie. Nous n’entendons pas Jésus dire : « Je suis la Résurrection ». Mais c’est dans cette pauvreté de notre foi que Jésus nous parle aujourd’hui, bien mieux que si nous avions vécu il y a 2000 ans. Cela ne nous empêche pas de souffrir et de pleurer.

Pour Jésus, ce qui compte, c’est la Gloire de Dieu. Cette Gloire n’est pas un spectacle de résurrection à la fin des temps comme l’imaginait Marthe. Jésus parle de ce moment précis où nous vivons et en même temps de ce moment de la mort. « Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ». Quelque chose de réel de notre résurrection est déjà là. Voyons comment Marthe et Marie sont amenées peu à peu à cette foi : les événements s’emboîtent les uns aux autres ; Jésus semble indifférent au danger que court Lazare. Comme Dieu semble nous oublier. Mais Jésus se met en marche pour rejoindre Marthe et Marie. Il faut que la parole de Jésus transforme la foi de Marthe. Jésus ne lui dit pas : « Je vais le ressusciter », mais « Je suis la résurrection » (je suis sa résurrection).

On ouvre le tombeau mais Lazare n’est pas vivant tant que ses bandelettes ne sont pas enlevées. Et même délié, il n’est pas ressuscité. Mais il proclame publiquement son espérance dans ce repas d’action de grâce qu’il décide avec Jésus. Lazare et ses sœurs étaient-ils ainsi préparés à comprendre la résurrection ? Etaient-ils devant le tombeau vide le matin de Pâque ? Leur foi en la résurrection s’est-elle construite peu à peu en méditant cet enchaînement d’événements difficiles ? Ils ont retrouvé le courage de vivre. Lisons la méditation du Pape Benoît XVI sur la Passion et la Résurrection de Jésus dans son dernier livre.

Père Georges Périé

Lectures dominicales du 10 avril 2011