Mar 312017
 

Deux réactions étonnantes de Jésus.
La première : Il refuse de se rendre auprès de son ami Lazare, gravement malade.
Est-ce que Jésus préfère le voir mort plutôt que guéri ? Pourquoi Dieu a-t-il souvent l’air
de ne pas entendre nos supplications ? Dieu peut nous guérir. Peut-être veut-il pour
nous beaucoup plus qu’une guérison ? Dieu ne nous sauve pas en recollant les morceaux
de notre santé.
Seconde réaction : Lazare, revenu à la vie, Jésus dit : « Déliez le… laissez-le aller ».
On se serait plutôt attendu à une parole amicale : « Enfin te voilà vivant… comment te
sens-tu ? Que vas-tu faire ? ». Mais Jésus ne parle que de liberté, d’enlever toutes les
entraves qui empêchent de vivre et d’avancer. Et si Jésus voulait nous dire que la mort
est le don d’une liberté nouvelle. Dieu nous délivre de toutes ces chaines qui nous
empêchent d’aimer et d’être aimés de Dieu.
La promesse de la résurrection illumine tout cet Évangile c’est la seule profession de
foi que demande Jésus à Marthe ce jour là. Elle va retrouver son frère comme avant mais
ce n’est pas encore la gloire de Dieu. Pour cela il faudra que Jésus prenne sur lui-même
notre mort, et dans les pires conditions, sur une croix. On va l’ensevelir dans un
tombeau bien fermé. Le matin de Pâques le tombeau était vide et soigneusement rangé.
Personne n’était là, personne n’a rien vu. C’est un acte de Dieu qui nous échappe. Mais il
y a eu ensuite de nombreux témoignages de ceux qui pleuraient et qui avaient aimé
Jésus.
Pour Lazare ce fut tout à fait différent. Même débarrassé de son linceul il n’est pas
ressuscité, il a seulement retrouvé la vie et il rend grâce. Il veut témoigner par ce repas
de fête qu’il a peut être décidé avec Jésus. Alors qu’il sait que Jésus est déjà condamné à
mort sera-t-il avec ses soeurs devant le tombeau le matin de Pâques ? Nous voyons leur
foi en la résurrection se construire peu à peu. C’est comme un sacrement, un événement
que nous vivons ensemble mais qui porte déjà la réalité de ce qui viendra.
Nous sommes un peuple destiné à vivre dans la « gloire de Dieu, c’est à dire dans le
mystère trinitaire de Dieu. Nous ne pouvons pas le comprendre si ce n’est en
commençant un peu à exister les uns pour les autres. C’est l’Esprit-saint qui le dit et qui
le fait en nous. Cela Lazare le croit et nous le croyons en Eglise. Je crois que Dieu veut
notre résurrection en Jésus. Et notre terre y participera avec nos pauvres corps terrestres.
Cela je l’espère et je le pense. Dieu fera qu’il en soit ainsi. Béni soit-il.

Abbé Georges PÉRIÉ

Lectures dominicales du 2 avril