Mai 202011
 

Dimanche dernier, nous entendions que le Christ est la Porte de l’enclos en même temps que le vrai Pasteur du troupeau que nous formons. Ce dimanche, nous entendons qu’il est encore le Chemin. Il n’est pas un chemin qui conduit vers autre chose que lui-même, il est à la fois le Chemin et son terme puisqu’il est la Vérité et la Vie. Pourtant, il nous conduit au Père chez qui nous voulons demeurer et que nous voulons connaître : « Montre-nous le Père ; cela nous suffit».

Même ceux qui vivent depuis longtemps avec Jésus éprouvent de la peine à le connaître vraiment : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe! » Nous sommes toujours tentés de voir le Père et le Fils comme deux Personnes extérieures l’une à l’autre. Il faudrait alors trouver un au-delà du Fils où nous verrions enfin le Père. Connaître Jésus ne serait alors que le moyen de connaître vraiment Dieu et d’aller à lui.

Il y a donc plus à comprendre : connaître Jésus, c’est connaître le Père. « Qui m’a vu a vu le Père », non parce que le Fils est une parfaite représentation du Père, mais parce que : « Je suis dans le Père et le Père est en moi ». Pour connaître Dieu, nous avons donc à regarder Jésus, à écouter ses paroles, qu’il ne dit pas de lui-même, à regarder ses oeuvres, qui sont les oeuvres du Père en lui.

Mais connaître Dieu, ce n’est pas seulement le regarder, l’observer, comme un objet extérieur à nous-mêmes. C’est nous laisser saisir par lui, devenir uni à lui comme le Fils est uni au Père. « Celui qui croit en moi accomplira les mêmes oeuvres que moi ».  Connaître vraiment, ce n’est pas seulement parvenir à des définitions vraies, c’est entrer dans une communion intime. Nous accomplirons les mêmes oeuvres que Jésus non par une impossible imitation extérieure, mais parce qu’il vivra en nous et nous en lui.

Et nous accomplirons des oeuvres plus grandes. Cela ne veut pas dire que nous sommes plus grands que Jésus ni que nous surpasserons par des prodiges ses miracles. Mais parce que Jésus part vers le Père, il sera présent et agissant à tout moment et en chaque lieu, en nous et par nous. Nous ne devenons pas pour autant des marionnettes sans personnalité. Pour que le Seigneur vive en nous et agisse par nous, nous avons à lui ouvrir notre porte, à nous désencombrer de nous-mêmes et à lui donner notre vie.

Abbé Armel d’Harcourt, administrateur

Lectures dominicales du 22 Mai 2011