Juin 182016
 

Quand ils voient Jésus prier le Père, ils savent que Jésus n’est pas comme Jean Baptiste ou un prophète aussi prestigieux qu’Elie. Mais ils sont remplis de l’histoire d’Israël. Il faut que Dieu vienne sauver son peuple. Jésus les déconcerte. Et il veut leur faire dire ce qu’ils pensent. Pierre répond que Jésus n’est pas le Messie comme les autre, il est le Messie « de Dieu ». Le « génitif » suppose un lien total entre les deux termes. Pierre a cette intuition que Jésus est Dieu. Il est à la fois Messie et Dieu. C’est pourquoi Jésus explique « Ce n’est pas la chair et le sang mais le Père qui t’a fait dire cela » (Matthieu 16-17).

Jésus ne dit jamais qu’il est le Messie attendu. Parce que la nouveauté radicale et incroyable va être qu’il sera le Messie crucifié avec la pancarte « Jésus de Nazareth roi des juifs » les première prédications n’utilisent jamais le mot Messie pour le crucifié. Les juifs ne l’auraient pas supporté. Une seule annonce « Il est ressuscité celui que vous avez crucifié » Pierre a donc l’intuition de la divinité de Jésus mais pas de la Croix de Jésus. Et de l’humanité profonde de Jésus. Alors Jésus va appuyer sur l’Incarnation : il est le « Fils de l’homme » le seul aspect de Dieu qui nous sera donné de comprendre un peu c’est l’humanité mortelle de Jésus. Dieu se donne à nous et se révèle dans le cœur humain de Jésus. Un cœur qui sera blessé. Mais qui ouvre une porte sur le mystère de Dieu.

Jésus demande à chacun de nous « Qui suis-je pour toi ? » Il a besoin de notre réponse personnelle. Mais il ne suffit pas d’affirmer que Jésus est « descendu du ciel – et né de la Vierge Marie ». Il faut entrer dans la vie de Jésus est marcher derrière lui pas seulement dans la prière et l’adoration mais dans l’effort contre le mal. Cette croix qu’il faut affronter et porter. Elle est souvent un fardeau insupportable mais elle est aussi un étendard qui nous fait lever les yeux. Il faut apprendre ce courage là. Et tout dans notre vie, même la misère et la pauvreté, même l’échec et la douleur peuvent devenir une force.

Jésus n’a pas laissé une « école » pour apprendre les recettes religieuses. Il nous met en marche pour marcher sur sa route. Et cette route est une route de rencontres, de partage, d’accueil et d’échange, d’affrontement et de pardon, de communion et de paix et de compassion. Avec de la peine et de la douleur. Et Jésus porte tout cela avec nous. Pierre aurait pu répondre « Tu est celui qui nous a appelés et nous te suivrons » rien d’autre n’est plus important.

Et moi, qu’est ce que je répondrais à Jésus aujourd’hui ?

Abbé Georges PÉRIÉ

Lectures dominicales du 19 juin