Mar 192011
 

Nous pourrions être tentés de ne pas croire à ce récit évangélique. Pourtant, il ne s’agit pas d’un mythe, ni d’une légende. Les apôtres n’ont rien inventé ! Ils n’ont pas été le jouet d’une sorte d’hallucination collective. Ils ont fait tout simplement une expérience singulière. Caractère étrange de ce qui s’est passé ! Les mots semblent incapables de rendre compte de ce spectacle, ils restent toujours inférieurs à la réalité. Une conversation avec Moïse et Elie dont l’évangile parle comme si c’était banal ! Comment ces deux hommes morts depuis plusieurs siècles étaient-ils là ?

Le temps n’existe plus, ni pour Jésus ni pour les trois apôtres. C’est un présent constant, inimaginable que ces hommes ont vécu. Ce qui paraît le plus incroyable, pensant qu’ils étaient dans un autre monde, c’est que les apôtres ont gardé leurs réactions humaines. C’est d’abord un bonheur indescriptible, suivi d’une épouvantable frayeur, ayant compris qu’ils étaient conviés à une expérience tellement déterminante concernant leurs congénères, que Jésus doit leur défendre d’en parler comme s’Il sentait que l’envie les en démangeait.

Qu’est-ce que cela signifie ? La réponse est donnée dans la seconde lettre de Saint Pierre : Il s’agit de connaître Jésus-Christ, la vie éternelle c’est cela. Nous sommes chrétiens pour le connaître. Jésus n’est pas une figure de l’histoire comme les autres. Il est la Face unique et éblouissante du Dieu inconnu. L’ancien testament, le peuple élu, ont pour objet de nous aider à savoir qui est Jésus-Christ et le sens profond du monde dans lequel nous sommes plongés.

En reprenant le chemin de la vie quotidienne, les trois apôtres ont compris qu’il n’y a qu’un seul mystère, qu’un seul message du Christ à la terre. Ce n’est pas le passage par la souffrance pour avoir accès à la gloire, c’est l’identité des deux. La gloire est présente au milieu de la souffrance et l’homme est transfiguré par elle. Conflit, souffrance et mort ne font pas contraste avec la gloire, ils en font partie.

Pour nous dire une réalité profonde des choses, pour nous aider à traverser le monde des souffrances, le Seigneur nous en révèle aujourd’hui l’origine et l’aboutissement.

La Transfiguration est l’éclair lumineux dans la nuit de la Foi et aujourd’hui, nous entendons cette parole merveilleuse : « Celui-ci est mon fils bien-aimé, en Qui j’ai mis tout mon amour ». Ecoutons Le, ne nous fermons surtout pas à la parole de Dieu, c’est la parole de Vérité qui est en nous et qui portera beaucoup de fruits.

Père Denys Thouard

lectures du dimanche 20 mars 2011