Mar 042011
 

Maintenant tu nous as quittés

Et nous ne verrons plus ton visage

Ton visage était cette porte

Par où nous entrions en paroisse

Tu nous étais donné

Pour nous rassembler

Pour nous présenter

Comme le seul peuple de Dieu

Ta parole et ton chant

Ton sourire ou ta sévérité

Nous tiraient vers le Seigneur

Mais ton visage devant nous

Est devenu peu à peu

Un visage de silence et de pauvreté

Quand la maladie t’a touché

Tu es entré dans cette marche

Dans cet exode douloureux

Dans cette jungle de la souffrance

Cherchant obstinément en aveugle

Un peu d’espoir

Et sans relâche nous te donnions

Notre amitié

Et ton visage devenait le visage

De ceux qui souffrent autour de nous

Jamais tu ne fus si proche de nous

Que dans ces derniers mois

Maintenant Père Rechain

Tu as échappé au filet de l’oiseleur

Et tu as trouvé le havre

Où plus rien ne nous fait peur

Ce rivage où quelqu’un nous attend

Ta vie Père Rechain bien au-delà

De tous les titres et les fonctions

Qui t’ont honoré

Maintenant ta vie a trouvé

Sa véritable beauté

Et tu restes dans l’invisible

Notre curé

Que Dieu soit béni pour cette vie

Pour cette mort qui furent tiennes

Ton visage peut maintenant nous quitter

Ton cœur ne nous a pas quittés.

Père Georges Perié

Mar 022011
 

Chers Paroissiens,

Quelques-uns d’entre nous apprendront encore ce dimanche, au retour des vacances, le décès de notre curé. Je voudrais donc revenir brièvement sur les évènements que nous avons vécus avant de donner quelques indications pour les semaines et les mois qui viennent.

Alors que la veille au soir il avait encore dîné avec des amis, nous avons trouvé Mgr Rechain dans le coma au matin du mardi 15 février. Notre curé a finalement quitté sa paroisse en fin de matinée, « survolant » dans la nacelle des pompiers les échafaudages qui commençaient à s’ériger le long du presbytère. Il avait retrouvé sa conscience à ce moment là.

Les médecins du service de réanimation ont compris après quelques tentatives qu’ils ne pouvaient pas continuer à lutter et Mgr Rechain est parti paisiblement à 16h30. Le soir même, nous avons célébré une première messe à son intention avec les paroissiens qui avaient été alertés par le bouche-à-oreille ou par le son du glas.

Le vendredi 18 au soir, le corps de notre curé a été déposé dans la crypte de Sainte-Odile où paroissiens et amis sont venus le veiller silencieusement. Le lendemain matin, notre archevêque, le Cardinal André Vingt-Trois, est venu célébrer les obsèques, entouré de nombreux prêtres et de plus de huit cents fidèles. Vous trouverez ci-joint la belle et riche homélie du Cardinal.

Le mardi 22 février, j’ai célébré la messe dans le village de Laruns, dans les Pyrénées Atlantiques. Mgr Rechain a été inhumé dans le cimetière du village, il repose désormais avec ses parents, au milieu de « ses montagnes ».

Ce samedi 26 février à 18h30,  une messe est célébrée par Mgr Jean-Yves Nahmias, évêque auxiliaire de Paris à la cathédrale Notre-Dame dont  Mgr Rechain était chanoine honoraire en même temps qu’ancien archiprêtre. Deux messes de Requiem vont être célébrées prochainement à Sainte-Odile.

*

Notre archevêque m’a demandé de devenir administrateur de la Paroisse Sainte-Odile. Je ne suis pas le successeur de Mgr Rechain. Je dispose de tous les pouvoirs du curé jusqu’au 31 août. Le 1er septembre, vraisemblablement, je rede viendrai vicaire, au service de la Paroisse et de son nouveau curé. Dans les mois qui viennent, je vois trois tâches prioritaires :

– Poursuivre et pour une part achever ce que Mgr Rechain a entrepris.

– Garder la mémoire du chemin spirituel qu’il a fait au milieu de nous et que nous avons fait avec lui, du témoignage de foi, de force et finalement de remise de soi qu’il nous a donné ces derniers mois. Nous ne pouvons pas oublier que notre curé a voulu de toutes ses forces rester au milieu de son peuple jusqu’à son dernier jour. Il ne s’agit pas d’entrer dans la nostalgie, mais de permettre à ce grain tombé en terre de porter ses fruits. Nous ne pouvons pas les prévoir ni les connaître tous, mais nous pouvons déjà deviner qu’ils sont et qu’ils seront  grands si nous sommes fidèles.

– Préparer la venue d’un nouveau curé que nous ne connaissons pas, mais pour qui nous prions déjà. La meilleure façon de préparer sa venue est de nous disposer à le recevoir tel qu’il sera et de prier pour lui.

Enfin, je souhaite insister sur un point. Deux messes de Requiem seront célébrées à Sainte-Odile, samedi 5 mars selon le Missel de Paul VI et jeudi 17 mars selon le Missel de saint Pie V. Cela ne veut pas dire que deux parties de la Paroisse vont prier successivement pour Mgr Rechain. Toute la Paroisse accompagne jusqu’au bout son curé qui l’a accompagnée jusqu’à la fin, selon les deux formes liturgiques en vigueur ici. C’est pourquoi je propose à chacun, quelles que soient ses habitudes liturgiques, de participer aux deux messes. Dans ces circonstances particulières, les servants de messe qui le souhaitent pourront participer au service des deux messes. Les chorales pourront continuer de se soutenir l’une l’autre autant que ce sera utile.

Nous continuons à prier pour Mgr Rechain, nous prions pour notre prochain curé et pour nous-mêmes. Il n’y a pas de mot pour remercier tous ceux qui ont tant fait pendant des mois et qui continuent à tant faire.

Unis dans la peine, l’espérance et l’action de grâce,

Abbé Armel d’Harcourt, administrateur

PRIERE POUR MONSEIGNEUR RECHAIN

* Samedi 5 mars à 18h00 : Messe de Requiem célébrée par Mgr Jean-Yves NAHMIAS, évêque auxiliaire de Paris, selon le Missel de Paul VI.

* Jeudi 17 mars à 20h00 : Messe de Requiem célébrée par Mgr François FLEISCHMANN, chancelier du diocèse et doyen de Chapitre, ancien vicaire de Sainte-Odile, selon le Missel de saint Pie V.

Tous les paroissiens qui le peuvent sont invités à participer à ces deux messes.

Merci à tous ceux qui ont des photos, documents, témoignages de Monseigneur Rechain de les envoyer sur site@sainteodile.fr

Ci dessous, l’annonce publiée par notre archevêque.

Monseigneur André VINGT-TROIS
Cardinal archevêque de Paris,
Le Conseil épiscopal,
Les prêtres et diacres de Paris,
La paroisse Sainte-Odile,
Sa famille

ont la tristesse de vous faire part du décès
de Monseigneur Claude Rechain
prélat d’honneur,
chanoine honoraire du chapitre de la cathédrale Notre-Dame de Paris,
commandeur de l’ordre du Saint-Sépulcre,
chevalier de la Légion d’honneur

survenu dans sa 73ème année, la 37ème année de son sacerdoce.

La célébration des funérailles sera présidée par le cardinal André Vingt-Trois :

Le samedi 19 février à 10h
A Sainte-Odile – Paris 17e

Une messe sera présidée par Mgr Jean-Yves Nahmias, évêque auxiliaire de Paris,
le samedi 26 février à 18h30
à la cathédrale Notre-Dame.

 

Fév 252011
 

Rm 6, 3-9 ; Ps 33 ; Jn 12, 24-28

Frères et sœurs,

Claude Rechain a été serviteur et disciple de Jésus pendant toute sa vie de baptisé et en particulier durant les trente sept années où il a exercé le ministère sacerdotal, dans lequel il avait été consacré à l’appel de Dieu.

Serviteur et disciple du Christ, il a donné sa vie à travers de nombreuses activités que nous avons évoquées tout à l’heure, dans de grandes réalisations et de vastes projets. Mais comment ne pas reconnaître qu’il a donné sa vie d’une manière toute particulière au cours de cette dernière année, durant laquelle il a porté avec confiance et espérance la souffrance que provoquait sa maladie, les inconvénients bien connus des traitements qu’il devait subir, et l’incertitude sur son avenir.

Par son ministère sacerdotal, il a été à de nombreuses reprises dans la situation (où je me trouve aujourd’hui) d’annoncer la foi en la résurrection à des familles, des amis ou des paroissiens endeuillés par le départ d’un proche. Nous le faisons toujours avec beaucoup de gravité, de sincérité et d’espérance. Mais nous savons que l’authenticité de notre parole, si elle n’est pas mise en doute, n’en est pas moins mise à l’épreuve quand la réalité rejoint la prédication. Vient une heure où il ne s’agit plus seulement d’annoncer la résurrection aux autres pour les autres, mais d’y croire totalement pour soi-même. Vient le moment où il ne s’agit plus seulement d’accompagner la mort de quelqu’un, mais de prendre conscience peu à peu de sa propre mort, au moins comme une éventualité prochaine.

Ces quelques mois au cours desquels cette éventualité s’est progressivement précisée dans la vie de Claude Rechain, ont été le temps où le grain de blé tombé en terre est conduit à porter la plénitude de son fruit. Les paroissiens qui l’ont entouré avec tant d’amitié et de fidélité, ont pu prendre conscience qu’à travers l’amenuisement progressif de ses capacités d’action, une fécondité nouvelle était en train de germer, dont nous recevrons les fruits de toutes sortes de manière, qu’il ne nous appartient pas de connaître.

Prêtre du Christ, Claude Rechain l’a été dans toutes les formes du ministère sacerdotal. Animateur de groupes de jeunes, éducateur de la foi, prédicateur de l’Evangile, il a exercé la fonction de l’enseignement, que le Concile assigne à ceux qui exercent le ministère. Il a assumé la fonction de sanctification en célébrant avec soin, mais surtout avec conviction et implication personnelle, la liturgie de l’Église, en apportant son talent et son savoir-faire à la qualité et à la beauté de ces célébrations. Envoyé pour gouverner le peuple de Dieu, il a été un pasteur de l’unité et a permis que se poursuive dans cette paroisse, non seulement la coexistence des deux formes liturgiques du rite latin, mais surtout le développement des relations humaines et chrétiennes dans l’unité entre les assemblées, selon la mission qui lui avait été confiée par son archevêque. Il ne s’agissait pas pour lui de faire des démonstrations de qualité liturgique comparée, mais de construire une communauté paroissiale unique dans laquelle deux formes du rite latin étaient célébrées. Cette mission confiée par le cardinal Lustiger à la paroisse Sainte-Odile, je l’ai maintenue et je la maintiens en espérant que l’exemple que nous a donné Mgr Rechain fera progresser dans le cœur de tous, la prise de conscience que l’eucharistie célébrée, quelque soit la forme du rite, est d’abord une source de charité pour construire l’Église et pour servir le monde.

Nous devons rendre grâce à Dieu pour ce long ministère d’éducateur, de prêtre, de leader – car il était aussi un leader actif et déterminé. Nous rendons grâce à Dieu pour ce témoignage qu’il a rendu parmi nous. Il nous a montré en acte comment la Résurrection du Christ inaugure pour nous une vie nouvelle qui ne finit pas. Le chemin par lequel Claude Rechain a progressivement approché de la fin de sa vie terrestre fut pour tous un chemin catéchétique. Par la manière dont il a vécu ces derniers mois, il nous invitait, avec la discrétion et la modestie qui était l’une de ses marques particulières, à reconnaître le chemin que le Christ trace à travers nos existences. « Le grain de blé qui tombe en terre et qui meurt porte beaucoup de fruit, s’aimer soi-même c’est se perdre, se détacher de soi-même c’est se garder pour la vie éternelle » (Jn 12, 24-25 ».

Frères et sœurs, demandons au Seigneur que le témoignage de la vie et la mort de Claude Rechain nous aide à grandir dans cette conviction que notre véritable vie, c’est le Christ, que notre avenir est dans le Christ, que notre présent est dans la communion du Christ, et que notre participation à la vie de l’Église est fondée sur l’amour et le service de nos frères. Amen.

Fév 172011
 

Claude Rechain, est né le 3 octobre 1938 à Albert, dans la Somme.

Il est ordonné en 1974 à Paris. En 1975, il est nommé vicaire à Saint-Pierre de Chaillot (16e).

En 1977, il devient sous-directeur du Monde scolaire et universitaire, chargé notamment de la pastorale. En 1980, il devient sous-directeur de l’école Stanislas, puis directeur en 1982, postes qui le passionnent. Il participe à la défense de l’Ecole libre en 1984. Ce n’est qu’en 1995 qu’il quitte Stanislas, lorsqu’il est nommé  doyen du Marais. La même année, il succède à Mgr Guyard comme recteur de Notre-Dame, fonction dans le cadre de laquelle il reçoit en 1997 la visite du Pape Jean-Paul II, à l’occasion des JMJ et de la béatification de Frédéric Ozanam. Cette béatification lui était d’autant plus chère, que ce dernier avait été professeur de lettres à Stanislas. En 1996, Monseigneur Rechain devient membre de l’ordre du Saint Sépulcre. Il était très actif au sein de cet ordre, en tant que commandeur et que prieur de la province d’île-de-France-Paris. Il était également animateur de groupes spirituels de l’ordre et partait régulièrement en Terre sainte. Passionné d’archéologie, marqué par la personnalité de Monseigneur Charles et par les pèlerinages en Terre sainte, il lisait l’histoire à travers les pierres. Il donna également de nombreuses conférences à Saint-Leu-Saint-Gilles (1er), l’église capitulaire de l’ordre en France. Monseigneur Rechain est nommé chanoine honoraire en 1997. Pendant sa mission à Notre-Dame de Paris, il œuvre en lien avec l’ordre du Saint Sépulcre pour la vénération de la sainte couronne d’épine. En 1998, il est prorogé doyen du Marais et modérateur d’Aïn Karem. Il est nommé prélat d’honneur.

En 2001, il devient curé de la paroisse Sainte-Odile (17e), et est nommé doyen des Ternes. Il termine sa mission en 2004 pour le Collège des Consulteurs. Homme de conviction, Monseigneur Claude Rechain était connu pour sa forte personnalité mais aussi pour sa bienveillance, sa présence et sa charité. Il accordait beaucoup d’attention au scoutisme de sa paroisse, à la qualité de la liturgie et à la restauration de l’église.

Monseigneur Claude Rechain était malade depuis un an, mais il a continué sa mission de curé à la paroisse Sainte-Odile curé jusqu’au bout, grâce à sa volonté et sa fidélité à Dieu, mais aussi avec l’aide de ses paroissiens qui l’ont soutenu durant toute cette année. Il n’a quitté son église que quelques heures avant sa mort.

Le mardi 15 février 2011, il rejoint la Maison du Père le jour de la fête de son saint patron, saint Claude, sur lequel il aimait se reposer.

Que Dieu l’accueille dans sa paix.