Avr 122013
 

« Je vais pêcher » dit Pierre « Nous allons avec toi » disent les autres. Ils ne se quitteront plus. Ils seront en équipe jusqu’à la fin du monde. Avec Thomas notre jumeau qui nous apprend le doute et surtout l’adoration de Jésus, des plaies de Jésus, du Cœur de Jésus. Jacques et Jean avec leur ambition. Et Nathanaël le mystique qui voit les anges monter et descendre. Il est de Cana : Il nous rappelle que Marie nous montre Jésus. Et ces deux disciples inconnus, peut être vous, peut être moi, comme tous les laïcs inséparables de leurs évêques. C’est l’Eglise de toujours qui est là autour de Pierre.

Ils travaillent dans la nuit. Sans résultat. Comme nous. Il faudra que le soleil se lève. Et le soleil est déjà là sur notre plage. Mais nous ne savons pas le voir. « Les enfants ! crie Jésus, avez-vous du poisson ? » Comme pour dire « avez-vous réussi ? De quoi avez-vous besoin ? Ils ont besoin que Jésus leur montre une direction, un sens à trouver. « C’est de ce côté là que vous devez aller » leur dit Jésus comme pour nous quand nous méditons l’Evangile.

Mais ils ne sont encore que des enfants. Ils n’ont pas encore compris. Jean est le plus vif : il a reconnu Jésus sur la plage. Mais c’est Pierre qui doit reconnaître Jésus au nom de tous. Et voilà que le filet est plein. Jésus a déjà préparé le repas avec son poisson à lui. Mais il a besoin aussi de notre poisson à nous. Notre vie qui rejoint le Sacrifice de Jésus. Les apôtres sont fascinés par ce feu et ces braises que Dieu lui même a allumés. Est-ce que Pierre se rappelle ce feu dans la nuit devant lequel trois fois il a renié Jésus ?

Personne n’ose parler. On se serait attendu à des exclamations, des cris de joie. C’est seulement à Pierre que Jésus veut parler. A Simon fils de Jean. Plus question de ce surnom un peu moqueur de « Pierre ». il s’agit d’une investiture officielle, solennelle. Pierre n’a pas toujours su comprendre et suivre Jésus. Jésus ne lui dit pas « moi je ne te renierai pas, je te garde et je te pardonne ».

Pierre gardera toujours ses fautes passées. Ce n’est pas cela qui est important. Ce qui compte c’est ce désir maladroit de suivre et d’aimer Jésus. Devant toute l’Eglise il devra avancer pas à pas dans un amour toujours plus grand de Jésus. Jésus lui montre les marches qu’il devra monter. Avec des verbes successifs qu’on pourrait traduire ainsi :

« As-tu confiance en moi ? Alors Pierre ne s’occupera que des agneaux : petite responsabilité. « As-tu une grande amitié pour moi ? » Alors Pierre s’occupera des brebis. La survie et la richesse du troupeau. « Est-ce que je suis l’amour unique de ta vie ? » Alors tu es la tête du peuple de Dieu. Jésus a changé chaque fois de verbe en grec. Intraduisible en français.

Ce que demande Jésus au premier Pape, ce n’est pas des compétences dans tous le domaines. Mais de donner envie d’aimer Jésus. Le pauvre Pierre ne sait que répondre. « C’est toi Seigneur qui sais à quel point je t’aime » C’est la première fois qu’il fait une profession de foi parfaite et belle et définitive. Et il faut la dire comme lui : Seigneur je ne sais pas t’aimer. C’est toi même qui mettra l’amour dans mon cœur.

Abbé Georges Périé

Lectures dominicales du 14 avril