Fév 132016
 

Nous ne pouvons pas nous empêcher de remarquer combien l’évangile de ce premier dimanche de carême possède un goût de déjà vu. La scène qui s’y déroule semble être à quelques différences près, une reprise d’une autre beaucoup plus ancienne datant de la naissance du septième art. Toutefois, il apparaît que la production ait voulu garder un acteur de l’ancienne version, sans ses grimages d’antan inadaptés et quelque peu « has been », comme diraient les jeunes. Il a seulement été décidé qu’on lui enlèverait son déguisement de serpent et qu’il jouerait tel qu’il est, en simple ange tentateur tandis que l’on garderait en stock un accoutrement de dragon pour une troisième version plus décalée dont la date de tournage est remise à un temps encore indéfini. Pour l’autre personnage le casting a été totalement renouvelé, un homme nouveau a été embauché, une star en devenir sans doute, en espérant qu’il ne se brûle pas les ailes comme cela est arrivé à l’ancien, grisé par un succès qui lui est monté à la tête et à moitié détruit par la dépendance chronique à une substance illicite que la théologie appelle péché. Après de nombreux contrôles positifs de la part des forces de l’ordre et sans qu’aucune solution pour l’arracher à cette addiction n’ait été trouvée, il est mort d’une overdose perdu dans un coin à mille lieux de son lieu de naissance « Hollygarden ».

Bref, vous l’aurez compris, point besoin de continuer plus longtemps à vous rappeler le livre de la Genèse pour vous signifier la ressemblance avec le séjour du Seigneur au désert dans la péricope de saint Luc d’aujourd’hui. Point besoin non plus de vous signifier que les tentations du Seigneur, pas plus que toutes celles auxquelles nous sommes quotidiennement confrontées ne sont le fruit de l’imagination d’un scénariste déjanté. La vie chrétienne est effectivement un combat de chaque instant et les ruses du démon ne sont pas des histoires légendaires. Le temps du carême dans lequel nous sommes entrés depuis le mercredi des cendres nous oblige à nous battre d’abord contre nous-mêmes puis contre l’adversaire. Mais nous ne sommes pas seuls et Dieu après avoir vaincu le diable continue de lutter pour nous.

Alors, les yeux fixés sur Jésus-Christ, entrons dans le combat de Dieu.

Abbé Alexis de MONTS

Lectures dominicales du 14 Février