Mar 212015
 

Le printemps est toujours propice aux discussions champêtres spécialement pour ceux qui se régalent de jardinage. C’est le temps de la résurgence de toutes les plantes qui s’étaient assoupies lors de l’hiver et qui, l’allongement des journées et l’augmentation de la température aidant, sortent peu à peu de leur torpeur. Mais vous aurez remarqué que c’est aussi le temps de la grande fête de Pâques. C’est que, coïncidant avec le renouveau de la nature, le Seigneur veut ainsi montrer qu’il est le renouveau de toute vie humaine. Et, à l’instar de ces hirondelles manifestant l’arrivée du printemps, la venue de ces grecs d’origine païenne sonne le départ d’un temps nouveau. Il est désormais l’heure de faire éclore une nouvelle récolte pour Dieu, plus glorieuse que la première parce que ne se limitant plus aux frontières d’un petit pays perdu au fin fond de la méditerranée mais s’étendant jusqu’aux frontières de la terre. C’est toute l’humanité qui va venir auprès de l’arbre de la croix pour voir fleurir de la mort de son hôte les fleurs prometteuses d’une récolte insoupçonnée. C’est d’un rameau mort que va repartir la vigne du Seigneur sur laquelle vont être entés ces vignes sauvages qui ne donnaient jusqu’alors que du mauvais vin. C’est d’un grain de blé enfoui dans le sol et enseveli dans la mort que l’épi va pouvoir surgir.

Tout ceci nous apporte un double enseignement. La gloire du Christ est de communiquer aux hommes la Lumière et la Vie qui sont en Lui. Mais ce n’est qu’en prenant sur lui toute l’obscurité et toute l’infirmité de leur nature qu’il peut accomplir cette communication pour laquelle il est venu. S’il ne meurt pas, il reste seul. Et cela est vrai aussi de ceux auxquels il offre le don de Dieu. La vie qui se manifeste en Lui comme l’amour qui se donne ne peut se manifester autrement en eux. Pour les serviteurs, comme pour le Seigneur, ce n’est qu’en se donnant jusqu’à se perdre que l’on se sauve. Par là où est passé le maitre, les serviteurs doivent passer également. Ainsi, celui qui le suivra, le Père l’honorera.

Abbé Alexis de Monts

Lectures dominicales du 22 Mars