Déc 092016
 

L’Espérance chrétienne propre à ce temps de l’Avent n’est pas l’expression d’une adhésion à une mode passagère ni celle d’un enthousiasme évanescent pour une idée ou une utopie. Les chrétiens ne sont pas de ceux qui se donnent à des chimères, à des girouettes ou, comme le déclare notre Seigneur, à « un roseau agité par le vent ». Toutes les fois où des chrétiens ont échangé la certitude du royaume des cieux contre les promesses d’un messianisme terrestre, ils ont en fait échangé le trésor de la vie divine contre un peu de terre ou un peu de cendre. Mais il est vrai que l’attente de l’homme ne correspond pas souvent à celle de Dieu. Et la dissemblance entre les deux est parfois si profonde que l’on peine à croire que l’homme soit encore l’image de son créateur. De là nait le scandale qu’entraine le dévoilement de la vérité à la fois sur l’homme et sur Dieu que le Christ apporte.

En ce jour où nous célébrons notre fête paroissiale, il est heureux d’avoir en sainte Odile un tel guide pour nous mener des ténèbres à la lumière, de l’éphémère à l’éternel, ou comme le disait Dom Guéranger, « un guide qui nous mènera jusqu’au berceau de l’Agneau ». Elle, qui vint au monde privée de la lumière des yeux, fut confiée à un monastère pour échapper à la fureur d’un père qui désirait que le monde ne la regarde jamais. Sainte Odile devenait ainsi la pierre d’achoppement entre l’espoir d’un homme pour sa fille que sa cécité avait trahi et le dessein d’un Dieu pour qui rien n’est impossible.

En la privant de la vue corporelle qu’il devait lui rendre au baptême, le Seigneur voulait peut-être accoutumer l’œil de son âme à ne s’attacher qu’aux seules beautés stables et immuables de la vérité divine. Et après avoir recouvré la vision, elle fit le choix de garder la meilleur part, celle qui ne lui sera jamais enlevée, et qu’elle s’appliqua à montrer et à enseigner à toutes celles qui vinrent vivre dans le monastère qu’elle fonda. Que Sainte Odile, que Saint Jean Baptiste, que la bienheureuse Vierge Marie, l’Immaculée Conception, qui sont autant de compagnons de route jusqu’à Noël, nous enseignent, au delà de la vision de ce monde, à contempler les choses célestes, à voir dans la pauvreté et l’humilité de l’Enfant de la crèche, le Royaume de Dieu qui se donne à nous.

Abbé Alexis de MONTS

Lectures dominicales du 11 décembre