Avr 052013
 

Ce deuxième dimanche de Pâques nous fait toucher du doigt avec saint Thomas ce qui est sans doute l’objet le plus fondamental de notre vie chrétienne, la foi en la résurrection du Seigneur.

Ainsi faut-il remercier la sainte providence et la bonté céleste pour l’absence de l’Apôtre saint Thomas lors de la première manifestation de Jésus ressuscité à ses disciples. Elle aura ainsi permis que d’une manière admirable, ce disciple, sous l’empire du doute, comme le dit saint Grégoire le grand, touche en son maître les blessures de la chair, et guérisse en nous les blessures de l’incrédulité. D’une certaine manière l’incrédulité de l’Apôtre a été plus utile pour notre foi que la foi des autres qui croyaient : quand Thomas est ramené à la foi en touchant les plaies de Jésus, notre esprit est délivré de tous ses doutes et se trouve conforté en sa foi. Ce faux pas de Thomas nous permet même de recevoir une béatitude qui nous concerne tout spécialement : heureux ceux qui croiront sans avoir vu. Mais ce qu’il permet surtout de mettre en avant c’est non seulement que ce Jésus mort sur la croix est bel et bien Seigneur et Dieu, mais qu’il a vraiment le pouvoir de supprimer la mort.

C’est pourquoi saint Thomas ne demande pas simplement de voir ou de toucher les plaies du Christ mais d’enfoncer ses mains dans les lieux même où la vie règne désormais à la place de la mort. La logique de Thomas lui permet d’aller encore plus loin dans la foi que les autres apôtres. Puisque Dieu seul par sa puissance infinie peut anéantir la mort, Jésus qui par lui-même a supprimé la mort en son corps est nécessairement Dieu. L’incrédulité qu’il manifeste dans cette page de l’évangile nous permet ainsi de bénéficier du témoignage suprême de la divinité de Jésus. Le Seigneur permit ainsi qu’un disciple doutât après sa résurrection sans pourtant l’abandonner dans son doute. Et ce disciple en doutant puis en touchant devint le témoin de la vérité de la Résurrection pour toute l’Eglise.

Rendons grâces pour cette grande miséricorde que le Seigneur nous a faite en guérissant les imperfections de notre foi au contact de ses blessures, capables de contenir toutes nos meurtrissures, de les soulager et de les nourrir de sa vie inépuisable de grâces.

Abbé Alexis de Monts

Lectures dominicales du 7 avril