Avr 142011
 
Nous venons de lire « la Passion du Christ » selon St Mathieu et l’on peut se demander pourquoi la liturgie reprend inlassablement ce récit chaque année ?

Il n’y a qu’une réponse, toujours la même : c’est une question d’amour. Quand on aime, on a besoin de revoir le visage de celui qu’on aime et l’Eglise n’a qu’un souci : revoir le visage de son Seigneur.

En ce jour des Rameaux, Jésus entre à Jérusalem comme un Roi, un triomphateur au milieu de l’agitation et de l’enthousiasme de la foule… mais ce triomphateur deviendra le Roi du Vendredi Saint ! Il triomphera de la force, quelque soit Sa force, par la faiblesse ; le seul hommage qui l’intéresse, c’est celui de la liberté et du cœur.  Il ne veut avoir besoin que de notre amour et n’a jamais porté qu’un seul commandement : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de toute ton âme, de tout ton cœur, de toutes tes forces, de tout ton esprit… », et après cela, Il prend le parti de désarmer pour que nous consentions à l’aimer.

Merveille que cet amour du Christ : l’Amour de Dieu passant par un cœur d’homme pour devenir une tendresse humaine.

Un amour qui connaît nos émotions et nos sentiments, mais qui n’a pas nos insuffisances.

Un amour délicat et clairvoyant qui crée l’intimité sans qu’il soit besoin de confidences.

Un amour tout puissant quand il faut relever et guérir.

Un amour qui ne paye pas de mots, entièrement donné, qui va jusqu’au sacrifice total.

Ce qui intéresse Notre Seigneur, ce ne sont pas les acclamations, les protestations verbales, si peu coûteuses et dont nous sommes prodigues. Il serait insuffisant de venir à l’église pour en emporter un rameau bénit. Il serait insuffisant de venir à l’église pour baiser le Crucifix du Vendredi Saint. Il serait insuffisant même de faire une communion pascale qui ne fût pas le point de départ d’une vie plus sérieusement chrétienne…

C’est par toute notre vie que nous devons dire au Christ, comme l’apôtre St Thomas le disait après avoir vu ses plaies : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

Père Thouard

 

Lectures dominicales