Sep 112015
 

Si nous faisions le même sondage au sujet du Christ avec les « gens » qui nous entourent aujourd’hui sans doute obtiendrions nous autant de réponses que celles recensées par les apôtres en leur temps. Ainsi, Le Seigneur Jésus et saint Pierre nous rappellent, de manière abrupte, que la foi, notre foi chrétienne, n’est pas une opinion flottante aux grés de nos inspirations et de nos sensibilités. Elle n’est donc pas d’abord subjective ni ne procède d’une construction humaine plus ou moins élaborée. Elle n’est pas non plus comme les grands athées du XIXème siècle voulaient le laisser croire le fruit d’une névrose ou encore le stade primitif d’une humanité encore enfantine.

Non, confesser le nom du Christ Jésus c’est exprimer une vérité que nous ne pourrons jamais inventer par nous-mêmes mais que nous ne faisons que recevoir de celui qui est la Lumière et le fondement de toute connaissance. Ceci dit, cette vérité ne peut subsister uniquement comme une idée totalement déconnectée de la réalité. La foi au Christ est nécessairement un chemin de vie. Exprimé en terme biblique, cela revient à dire que pour connaître Jésus, il est indispensable de se mettre à sa suite. C’est pourquoi les disciples pouvaient donner une autre réponse que les « gens » à la question sur Jésus : ils partageaient sa vie.

Toute notre existence va devoir être ainsi dévolue à la connaissance véritable de ce Dieu sauveur que l’on ne peut atteindre qu’à travers un long chemin d’humilité et de renoncement. Car il s’agit de se détourner de ses idées purement humaines de Dieu afin de l’accueillir tel qu’il se révèle à nous. Il est aisé, voire même sécurisant, de se construire un Dieu, fut-il Jésus lui-même, qui convienne à nos attentes. C’est ce que nous faisons souvent d’ailleurs. Nous acceptons ce Jésus miséricordieux, ce Jésus gentil et délicat qui prend soin des pécheurs et vient au secours de la veuve et de l’orphelin. Mais nous rejetons celui qui nous parle de la croix et des sacrifices. A l’exemple de saint Pierre nous donnons même des conseils à Dieu pour lui dire comment régenter ce monde qu’il a créé semble-t-il si imparfaitement. Si nous savons que Jésus est le Christ, il faut cependant comprendre que c’est dans la pauvreté qu’il vient à nous, c’est dans l’humilité qu’il nous enseigne et c’est dans la souffrance qu’il nous sauve. Ainsi, point besoin d’université d’été pour élaborer le programme de Jésus : pour aller à sa suite, il faut se renier soi-même et prendre sa croix. Je ne sais pas si un tel programme récolterait beaucoup de voix aux élections, mais c’est pourtant celui de l’Eglise qui n’a jamais varié au fil du temps et c’est celui que tout chrétien, qu’il soit né en l’an 1000 ou en l’an 2000, est appelé à embrasser.

Abbé Alexis de Monts

Lectures dominicales du 13 septembre