Août 312013
 

Il s ‘agit un peu bien sûr de protocole, de politesse de fausse humilité et de vanité possible. Mais ce qui est plutôt frappant c’est l’insistance de Jésus à parler d’invités et d’invitation (10 fois) comme si c’était le message de cet Evangile. Comme pour nous dire que le « salut », « être sauvé » est lié au fait d’être invité et d’être capable d’inviter. « Lorsque quelqu’un t’invite » dit Jésus. Et ce « Quelqu’un » c’est Dieu qui nous invite « aux noces de son Fils ». Comme pour nous dire que nous n’existons, que nous ne sommes nés que pour être invités par Dieu à cause de l’amour de son Fils Bien Aimé.

Pourquoi Dieu a-t-il envie de nous inviter ? Sans doute pas pour remplir la salle de noces. Mais il a besoin mystérieusement de nous voir arriver librement, par une décision libre à cette invitation, un « oui j’arrive », une décision d’amour. Il veut son Fils entouré d’amour. Peu importe la première place que l’on trouve. Surtout quand on se sent pauvre et sans le costume de noces. Jésus dit que Dieu les fait monter à la place qu’il veut, la première place même.

Et puis Jésus renverse les rôles. Nous ne sommes plus les invités. Nous devenons ceux qui à leur tour doivent inviter. Comme si nous devions ressembler à Dieu lui même dans notre vie. Pour nous ceux qui arrivent et prennent la dernière place, ce sont peut être ceux qui arrivent à l’improviste, ceux auxquels on ne s’attendait pas. Et qui risquent de tout déranger dans notre agenda. Il faut leur donner une place dans notre vie. Et pas un placard où nous pourrions les mettre de côté. Et encore moins nous servir d’eux.

La Révélation se présente souvent dans la Bible en terme d’arrivée inattendue, d’hospitalité gratuite et offerte avec joie. L’hospitalité est l’un des « lieux » de la rencontre avec Dieu. Il y a quelque chose de sacramentel dans l’hospitalité. Est-ce que le premier geste n’est pas d’être « salué ». De recevoir un « salut ». D’être considéré comme une personne et encore comme un ami. Est-ce que nous n’avons pas besoin d’être « sauvés » de cette manière là ? Comme des gens à qui on donne une place dans la fête ?

On parle beaucoup aujourd’hui de l’accueil et de l’intégration des étrangers. Mais nous avons toujours à réinventer cette hospitalité là. Nos maisons peuvent être ouvertes ou obstinément fermées. Elles montrent ainsi notre cœur et notre véritable foi. Il y a dans nos sociétés des dernières places réservées à certains qui ne monteront jamais plus haut. Il y a des murs mais ils ne protègent pas notre identité. Notre identité s’enrichit au contraire dans la rencontre.

 

Nous sommes ces étrangers à qui Dieu ouvre les noces de son Fils et qui tout étonnés prennent la toute dernière place libre. Et Dieu nous fait monter aussitôt à une meilleure place.

Abbé Georges Périé

Lectures dominicales du 1er septembre