Mai 242014
 

En ce sixième dimanche de Pâques, des jeunes de notre paroisse sont invités à professer leur foi. Ils sont invités par saint Pierre, comme nous l’entendons dans la deuxième lecture à « être prêts à s’expliquer devant tous ceux qui leur demandent de rendre compte de l’espérance qui est en eux ».

C’est donc à nous aussi de nous inspirer de leur exemple afin de continuer sans crainte « dans la douceur et le respect » à témoigner dans l’Esprit Saint de ce que le monde est incapable de voir et de recevoir. L’Evangile de ce dimanche nous avertit que Dieu n’est pas à la mesure humaine, ou plutôt qu’il ne l’est qu’à la hauteur de notre foi. Seuls ceux qui sont habités par la grâce sont en mesure d’accueillir le doux hôte de nos âmes, l’Esprit Saint. Seuls ceux qui sont renés dans le baptême peuvent discerner la présence du Christ ressuscité et vivant pour toujours dans le saint sacrement de l’autel.

Par leur présence ici-bas, le Seigneur a donné aux chrétiens une mission, celle d’être en quelque sorte l’âme de ce monde, de devenir les sentinelles de l’invisible ainsi que les hérauts de la foi. Et cette mission est si noble qu’il ne leur est pas possible de déserter comme le déclare l’auteur antique de la lettre à Diognète.

Notre tâche est alors d’orienter les esprits et les cœurs vers ce qui n’apparait pas encore mais qui pourtant est déjà présent car le monde doit savoir par quel amour il a été racheté et de quel amour les chrétiens s’aiment. L’expression de cette charité ainsi que son vécu quotidien seront alors en mesure de manifester pleinement les personnes divines. Le Christ, en effet, se rend présent à nous lorsque nous sommes en prière, il se montre quand la messe est célébrée tandis que l’Esprit Saint s’immisce dans chaque recoin de nos âmes pour nous porter vers les Thabors de l’union mystique.

Voir et témoigner de ce que le monde invisible est sans doute plus magnifique encore que ce que nos yeux de chair peuvent contempler dans celui que nous connaissons est assurément une bonne nouvelle pour ceux qui n’attendent plus rien de la vie. Rendre compte de la grâce immense que procure l’inhabitation de la sainte Trinité en chaque âme en état de grâce est sans doute le mystère le plus insondable qui soit. Mais c’est la foi qui nous fait découvrir cette vérité, cette foi que des jeunes aujourd’hui n’hésitent pas à professer comme le signe le plus manifeste d’un Royaume de Dieu en marche vers sa consommation.

Abbé Alexis de Monts

Lectures dominicales du 25 mai