Jan 102014
 

Samedi dernier notre église a été profanée par un individu de 25-30 ans. L’auteur présumé, SDF psychologiquement troublé, a été arrêté lundi par la Police qui l’a fait reconnaitre par les deux témoins de la scène. Il s’était attaqué avec une planche et sans dire un mot à l’autel renversant les candélabres, donnant un coup de poing au tabernacle. Les témoins l’ont fait fuir en criant et ont téléphoné à la Police, puis ils sont sortis pour appeler le presbytère. Pendant ce temps l’auteur est revenu au baptistère brisant la statue de Ste Thérèse en la faisant tomber, de même le cierge pascal, et ouvrant le baptistère il en a fracassé la vasque d’eau bénie sur le dallage de la nef. Puis il est sorti calmement au point que les deux témoins dehors qui n’ont qu’entendu la scène du baptistère ont pu le suivre un moment en marchant vers le boulevard Berthier. La Police arrivée a fait les constations, entendu les témoins, relevé les empreintes. Nous avons pu alors remettre l’église en état pendant que la messe du soir était célébrée dans la crypte. Le dimanche à 8h30 avec quelques fidèles et trois prêtre nous avons fait une prière de réparation avant les messes du matin.

Je vous rappelais simplement ces informations pour ceux qui n’ont pu être mis au courant avec les réseaux sociaux sur internet ou quelques médias comme Le Figaro, Métro, le Nouvel Observateur ou radio Notre Dame…

Nous avons été profondément choqués par ces événements condamnés aussitôt par madame le Maire et la municipalité du XVII° dont les représentants ainsi que d’autres personnalités sont venus à l’église dimanche pour manifester leur soutien. Les rabbins de l’arrondissement ont manifesté leur soutien et condamné ces agissements ainsi que le maire de Paris et son adjointe, d’autres élus.

Je tenais particulièrement à les remercier au nom des paroissiens ainsi que beaucoup d’autres personnes, notamment des jeunes qui ont spontanément prié pour le profanateur et la communauté éprouvée. Une prière de réparation ayant été faite le dimanche 5 janvier, les messes du 19 janvier de 9h30 dans la forme extraordinaire et 11h15  dans la forme ordinaire seront célébrées dans cette intention de réparation.

Au jour où nous célébrons le baptême du Christ qui par humilité a lavé son corps dans l’eau du Jourdain qu’il a sanctifiée, lui qui n’avait besoin d’aucune purification, nous pouvons penser à notre propre baptême qui fait de notre corps le temple de l’Esprit Saint. Notre baptême implique de suivre le Christ qui nous apprend dans la prière reçue de lui à pardonner les offenses et comme le dit St Paul à glorifier Dieu dans notre corps et à ne pas le profaner (cf 1Cor 6). Puissions-nous avoir conscience de cette dignité de tout homme que le Christ a révélé définitivement par son incarnation, la vivre et la défendre.

Pour terminer laissez-moi citer le cardinal Vingt-Trois dans son discours de clôture à l’assemblée des évêques en avril dernier :

La pointe du combat que nous avons à mener n’est pas une lutte idéologique ou politique. Elle est une conversion permanente pour que nos pratiques soient conformes à ce que nous disons : plus que de dénoncer, il s’agit de s’impliquer positivement dans les actions qui peuvent changer la situation à long terme. Il s’agit de nous laisser nous-mêmes évangéliser par la Bonne Nouvelle dont nous sommes les témoins. Alors, l’écart qui doit apparaître entre notre manière de vivre et les conformismes de la société ne pourra pas être perçu comme un jugement pharisien, mais comme un espace d’appel et comme une espérance. Nous pouvons nous souvenir de l’épître de Pierre que nous avons lue dernièrement à l’Office des Lectures : « Ayez une belle conduite parmi les païens, afin que, sur le point même où ils vous calomnient comme malfaiteurs, ils soient éclairés par vos bonnes œuvres et glorifient Dieu au jour de sa venue. » (I P. 2, 12).

Merci à tous de votre soutien et de votre prière.

Abbé Christian Malcor, curé

Lectures dominicales du 12 janvier