Mar 102017
 

En ce deuxième dimanche de carême, nous sommes invités à quitter le plat
désert pour monter à la suite du Christ sur le mont Thabor afin d’être les témoins
avec Pierre Jacques et Jean de sa transfiguration. Et c’est en effet un peu la rencontre
du club biblique d’alpiniste qui s’effectue ce jour là dans la montagne. Le premier de
cordée se trouve être Moïse, pionnier dans l’ascension de l’Horeb du moins celui
qui a ouvert la voie, puis vient en deuxième position le prophète Elie, qui comme
son prédécesseur marcha dans le désert quarante jours durant, avant de rencontrer
Dieu dans le silence d’une brise légère et ce à nouveau à l’Horeb.
C’est donc au tour de Jésus de gagner ses galons de guide de haute
montagne en emmenant avec lui trois de ses disciples afin de les former à leur tour.
Car s’ils sont présents à ce moment, c’est qu’ils devront être là aussi lors de la
montée du Calvaire, ou plutôt avant son ascension à l’agonie au jardin des oliviers.
C’est parce qu’ils auront été témoins de la transfiguration du Christ sur la montagne
du Thabor que les apôtres pourront se relever après la débâcle du calvaire. La
montée du mont de la transfiguration constitue donc, dans cet esprit de carême le
chemin nécessaire qui conduit à la transfiguration finale de la croix sur le mont du
calvaire.
C’est ce que doivent comprendre ces pauvres apôtres apprentis alpinistes de
la foi afin d’emmener à leur tour les cohortes de fidèles par delà les glaciers des
neiges éternelles. Ils apprendront également à éviter prudemment tous les couloirs
d’avalanches propices aux chutes mortelles de l’hérésie et du schisme, ainsi que les
orages tout aussi violents que subit que le monde déchaînera tant et tant contre ces
frêles cordées qui ne semblent que vouloir tomber sous l’assaut répété des éclairs et
du vent. Car à nous qui n’avons pas nos diplômes de guide de haute montagne il
nous faut aujourd’hui suivre ceux qui ont trouvé la voie menant vers les sommets
de la rencontre avec Dieu. Mais contrairement aux apôtres, il nous faut d’abord
atteindre le sommet du calvaire avant de rejoindre celui de la transfiguration. Il faut
passer par les voies difficiles de l’humilité et de la mort à soi-même afin de mériter
d’atteindre le ciel où le Seigneur nous montrera sa livrée resplendissante qui
annoncera la nôtre une fois que nos corps de chair auront été transfigurés dans un
corps incorruptible.

Abbé Alexis de MONTS

Lectures dominicales du 12 mars