Le clocher de Sainte Odile

 

Notre église Sainte Odile a le privilège d’être dotée d’un carillon grâce à l’initiative de son bâtisseur, Monseigneur LOUTIL dit « Pierre l’Ermite ». C’est le seul carillon à poings manuel de Paris.

A la déclaration de guerre, en 1939, le clocher n’était pas encore construit. Il ne le fut que pendant l’occupation, au prix de difficultés inouïes. Pendant ce temps, Monseigneur Loutil commandait en 1939 à la fonderie PACCARD d’Annecy le Vieux, spécialisée dans ce domaine, un instrument composé de 23 cloches et complété d’une volée de 3 grosses cloches. Il fut réalisé en 1941 . Mais c’était pendant la guerre et, de crainte que les cloches ne soient saisies par l’ennemi pour être fondues en canons, on les cacha dans des tonneaux près de Chartres, pendant les quatre années de guerre.En 1946, l’église était achevée et ouverte au culte par Monseigneur SUHARD .Mais notre clocher était toujours vide et silencieux . Ce n’est que 3 ans plus tard, en 1949, que l’instrument fut installé.

On fit appel au célèbre Maître carillonneur de la cathédrale de Rouen, Maurice LENFANT, lequel inaugura dans sa carrière une bonne quinzaine de nos carillons français. Le nôtre reçut donc le baptême de ses mains en octobre 1949. Monseigneur Raymond GIROD de l’AIN, premier curé de la paroisse Sainte Odile, fut le promoteur des auditions des dimanches et fêtes. Restait à trouver un carillonneur attitré…

En 1950, sur recommandation du chanoine LENOBLE, recteur du Chapitre de Notre Dame de Paris, Mademoiselle Jacqueline GOGUET prenait ses fonctions. Elles devaient durer jusqu’en 1998. L’auteur de cet article (Patrice BOTTEAU, décédé en Janvier 2012) arriva dans les années 1970 et devint titulaire. Aujourdh’ui Mathilde BARGIBANT assure la fonction de titulaire depuis 2012.

Mais le temps fit son œuvre sur l’état mécanique de l’instrument qui n’allait pas en s’arrangeant. Après une période de silence de plusieurs années, l’instrument reprit vie en 1977 grâce aux premiers soins dus à Monsieur Stéphane DIETERLIN, ancien carillonneur de la Collégiale de Saint Gaudens, immigré en région parisienne et décédé en 1991.

En 1983, ce fut au tour de Monsieur Robert DELARUE, ancien carillonneur de la Basilique Sainte Thérèse de Lisieux, de nous rejoindre. Grâce au concours de ces deux habiles techniciens, le carillon put se suffire, dans l’immédiat, des soins qu’ils apportèrent à l’état de l’instrument. Robert DELARUE nous a quitté en 1997. C’est en grande partie grâce à son action qu’une indispensable restauration mécanique put intervenir en 1993. Celle-ci, précédée d’un rapport d’inventaire dressé par Monsieur Régis SINGER , membre de la société française de campagnologie, fut confiée aux établissements Luc MICHIEL de Malines (Belgique) et donna entière satisfaction.

Nous eûmes le plaisir d’accueillir à notre clavier un certain nombre de nos congrès français et étrangers . Le carillon fut à l’honneur également en certaines circonstances exceptionnelles :

  • Messe dans l’église illuminée pour la TV en 1983
  • Jubilé de 1985
  • Journées mondiales de la Jeunesse en 1997

Sans oublier son rôle régulier lors de la fête de la musique, chaque année, au soir du 21 Juin

Le signataire de ces lignes ayant été adjoint et suppléant des nombreuses années, a été, depuis le décès de Jacqueline GOGUET en 1999 nommé titulaire de cet excellent ensemble et exerce régulièrement à 12H30 à la fin de chaque grand’messe

 

Description

L’église possède un haut clocher de 72 mètres. C’est une tour décagonale construite en brique rose. Au niveau du beffroi, les abat-sons (en fibrociment) s’ouvrent sur les 10 faces de la tour.Au rez de chaussée du beffroi se situe la console du carillon.

En montant on trouve :

  • La cloche 1 de volée. Elle se nomme Thérèse, Luce, Odile, pèse 2100 kg et donne le do 3
  • Au dessus, la cloche 2 de volée .Elle se nomme Christiane, Gabrielle, Marguerite, Yvonne, pèse 900 kg et donne le fa 3. Elle a été offerte par le mari de la célèbre cantatrice Yvonne BROTHIER.
  • A coté, la cloche 3 de volée. Elle se nomme Monique, Solange, Christiane ,Pascale ,Anne, pèse 450 kg et donne le la 3 Elle a été offerte par Monsieur Charles MELLERIO et porte le nom de ses cinq filles

A l’étage supérieur, prend place le carillon. Un escalier en colimaçon permet d’accéder aux parties hautes de la tour. Le beffroi du carillon est rectangulaire et métallique. Ses 23 cloches sont accrochées sur quatre étages. Les poutres de suspension des cloches sont en bois excepté pour les cloches 2 et 5 pour lesquelles la poutre est métallique.

Composition de l’ensemble

DO 4 282 Kg DO 5 83 Kg
RE 4 192 Kg DO dièse 5 69 Kg
MI 4 143 Kg RE 5 51 K
FA 4 130 Kg RE dièse 5 55 k
FA dièse 4 113 Kg FA 5 45 k
SOL 4 100 Kg FA dièse 5 43 K
SOL dièse 4 113 Kg SOL 5 31 K
LA 4 98 Kg SOL dièse 5 30 K
LA dièse 4 81 Kg LA 5 30 K
SI 4 84.5 Kg LA dièse 5 26 K
SI 5 24 K
DO 6 22 K

 D’après le document rédigé par Mr. Patrice BOTTEAU, Carillonneur titulaire de 1970 à 2012

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