Oct 032017
 

Quoi de plus normal que de parler de vendanges en automne ! C’est ainsi que la liturgie nous engage, ce dimanche et encore le suivant, à nous plonger dans ces histoires qui, à travers l’exemple de la vigne, nous disent toutes quelque chose de Dieu. Et dans cette parabole des deux fils, nous apprenons que ces deux hommes aux réactions opposées sont tous deux les enfants d’un même Père. Que tous deux sont appelés à travailler à la vigne qui, si elle appartient originellement au Père, leur est désormais confiée. C’est évidemment la figure du Père divin qui affleure tandis que nous est également révélée celle, si bien connue, de l’humanité. Dieu appelle ainsi chacun des deux fils, sans qu’il ne les force en aucune manière, à entrer dans son dessein d’amour : continuer son œuvre en venant prendre soin de sa vigne.

Mais cette pauvre humanité, forte d’une liberté qui en avait fait pourtant l’image et la ressemblance de Dieu, va alors l’utiliser à mauvais escient. Le premier fils oppose un refus immédiat, comme s’il considérait que cette vigne ne lui était pas dévolue. Le second est, quant à lui, parfaitement conscient de ses devoirs puisqu’il répond aussitôt par l’affirmative à l’invitation du Père mais ne le fait que par obligation. Ainsi l’un comme l’autre se méprend sur la nature du lien de leur filiation. Le premier ne se considère pas comme faisant partie de la famille et use de sa liberté pour s’éloigner du Père en refusant son amour ; le second ne se voit que comme un employé de maison et ne pourra y rester bien longtemps puisque son obéissance est le fait du devoir et non de l’amour.

L’un comme l’autre n’a pas compris que cette invitation au travail était en fait une invitation à vivre la charité ; que travailler à la vigne c’est prendre conscience de sa dignité de fils, en étant héritier de l’amour du Père et que la cultiver consiste à faire grandir en soi la grâce que seul Dieu peut donner. Seul celui qui se convertit, c’est à dire celui qui ne percevra plus Dieu comme un étranger ou un employeur mais comme un Père saura faire de cette vigne le lieu de participation au vin de la Nouvelle Alliance. Mais pour cela, encore faut-il croire en la miséricorde inépuisable d’un Dieu qui d’un publicain ou d’une prostituée peut faire jaillir un enfant véritable, telle la vigne renaissant au printemps après un hiver de mort.

Abbé Alexis de Monts, vicaire

Lectures dominicales du 1er octobre