Déc 112015
 

Saint Jean Baptiste est l’exemple parfait de ce que doit être ceux qui accompagnent les jeunes âmes à rencontrer leur Sauveur; qu’ils soient prêtres, religieux, religieuse ou parents. Leur seul travail consiste à former et à préparer les cœurs en vue de leur rencontre avec le Christ Seigneur. Ils ne sont que les précurseurs, les acteurs, les serviteurs et aussi les témoins de cette relation amoureuse d’une personne avec son Dieu ; les initiateurs de leur premier dialogue, rien d’autre. Mais telle est leur joie, toute leur joie, leur unique joie. Et la plénitude de cette joie, c’est lorsqu’ils peuvent enfin s’effacer pour laisser toute la place au seul Seigneur ; quand, ayant accompli leur tâche, ils peuvent enfin rentrer dans l’ombre et même disparaître ; joie spécifique du travail accompli.

Joie de voir leurs fils et filles grandir dans l’Esprit Saint et même parfois les dépasser en grâce et en sainteté, vivre des choses apparemment plus fortes, ou recevoir des charismes plus spectaculaires que les leurs. Loin d’être envieux ou jaloux il leur faut alors déborder d’action de grâce. C’est à ce moment là que les éducateurs, quels qu’ils soient, ressentent le bonheur de voir ceux qu’ils ont préparés prendre maintenant leur essor. Ils deviennent des adultes dans la foi. C’est assurément ce que doivent ou devraient ressentir tous parents à l’égard de leurs enfants. Car ils sont, dans la tâche confiée à eux par le Souverain Créateur, comme des Jean-Baptiste à l’égard de tous chrétiens. En plus de les engendrer à la vie humaine, il leur faut les engendrer à la vie spirituelle. Et tout parent, qu’il ait eu ou non un rôle spirituel au sens le plus fort du terme doit un jour ou l’autre s’effacer devant ses enfants devenus adultes.

Après ces longues années à les former, à les éduquer, à prêcher dans le désert, à les élever au prix parfois d’infinies souffrances, d’innombrables sacrifices, voici venue l’heure où ils doivent vivre un second engendrement là aussi dans la douleur. L’heure de les voir quitter la maison, s’élancer dans la vie, construire leur propre vie. Cette heure douloureuse, se prépare longtemps à l’avance, en renonçant dès l’enfance à les posséder, pour simplement les élever, c’est à dire les faire grandir jusqu’à la stature du Christ. Tous, doivent ainsi prendre pour modèle Jean-Baptiste, préparateur et précurseur. C’est le même effacement simple confiant et joyeux qui est demandé à tout pasteur dans l’Eglise. Savoir s’effacer pour que l’âme qu’il a préparée et formée une fois sa mission accomplie, prenne sa stature d’adulte.

Abbé Alexis de MONTS

Lectures dominicales du 13 Décembre